Catégorie: le bonheur
Aujourd’hui
Je me souviens, Bernard Pivot disait qu’aujourd’hui est le mot qu’il préfère car il contient une apostrophe.
Cette année mes petits projets de jardinage ont assez bien marché. Non pas que je produise plus et mieux que les voisins mais l’output cette année est bien supérieur aux années précédentes. Je crois que je m’applique un peu mieux et que surtout je passe plus de temps dans le jardin.
J’ai fait une petite récolte de patates douces. Un grand plaisir à chercher dans la terre ces grosses pépites roses. Ensuite je vais les laver dans la rivière en bas, voila encore quelque chose de bien agréable à faire. On peut tirer tant de satisfaction de ces gestes simples qui nous connectent aux éléments de la nature …

Plus tôt dans la journée après six heures passées de suite au téléphone pour le job, je suis allé faire un tour en vélo. Vraiment une belle journée, et une très belle lumière.


Et pour finir vu sur la route; ce petit camion keitora avec cet autocollant énigmatique … SLACK LIFE … comment traduire … une vie négligente ?

Lundi matin (vélo)
Comme tous les lundis matins j’ai vraiment la tête dans le cul et il est très pénible de se mettre au travail. Je commence donc par aller faire un grand tour en vélo.
Je descends vers le bas de la vallée puis la remonte dans son intégralité jusqu’aux pieds des montagnes.
La lumière et les couleurs sont magnifiques. Tout est beau et m’emplit d’espoir. 35 km, ça fait du bien.
L’homme n’a pas été fait pour passer des journées entières sur un clavier d’ordinateur c’est sûr.

L’entrée de la vallée. A l’horizon les montagnes: tout espoir est possible.

Comme le village se fond avec le paysage. Quelle harmonie.

Une de mes vues préférées.

Un peu plus loin un barrage. La route va monter sec.


Et cette petite route sauvage, où il n’y a plus âme qui vive … on y est très bien.
Régulièrement je fais sonner la poire klaxon du vélo, histoire de faire fuir les ours … pas envie de rencontrer de plantigrade ce matin.

Les montagnes à perte de vue …
Dans les coins les plus reculés, des idiots jettent des ordures … des idiots il y en a décidément partout. Frigos et machines à laver. Je vois des employés de la ville les récupérer avec des cordes pour ensuite les dégager et les emporter vers les usines de recyclage. Good job …..


Gingembre !
Cette année j’ai planté du gingembre dans le jardin, c’était la première fois.
Cela semble avoir bien marché.

De son côté, Minou va très bien et était super détendue hier soir:

Encore de la récupe et un banc pour le village
Samedi je suis encore allé récupérer du bois de palettes. C’est agréable de retirer des clous avec un gros marteau. Il faisait un peu moins chaud le matin, mais j’étais vraiment crevé à la fin.

Ça fera trois camionnées de bois. Ce bois de palettes est sale et ne fait pas envie mais après un petit coup de rabot il retrouve sa fraîcheur … Sa beauté intérieure … faut pas se fier aux zaparences. Pareil pour les gens.

Mais il faut bien retirer tous les clous sinon la lame du rabot s’y casserait les dents.
Je fais un petit banc avec du bois ainsi récupéré.

Dans le village depuis la fermeture de la supérette il y a deux ans il n’y a plus d’endroit pour se retrouver entre potes et boire un café. Je vais poser le banc à côté d’un distributeur de boissons au bord de la route histoire que les gens y fassent une pause et pourquoi pas entament la discute tranquillement.
J’avais bien remarqué le prêtre bouddhiste du village trimballer des tabourets dans sa voiture, qu’il déploie parfois le matin pour boire un café avec ses amis. Ce sera mieux d’avoir un banc, là, permanent et disponible à tous.

Faire son thé en 2017
Cette année aussi nous faisons notre thé. Feuilles de thés glanées dans les montagnes avoisinantes.
Faire ces petites choses comme autrefois, ces petites choses que les gens aujourd’hui délaissent il faut le dire, c’est très important. Surtout, si c’est pour le thé, qui est, comme le vin, un vecteur de civilisation.





Photo du jour
J’aime beaucoup la silhouette de cette ancienne ferme dans le village. Elle n’est plus habitée que par une dame très âgée crois-je comprendre …. je ne suis pas certain a 100%. Dans tous les cas la plus jolie ferme du village.
Il est 6:20 du mat quand je prends la photo avec mon petit ipod, et un gars cache dans les feuilles des légumes de son jardin m’interpelle, alors tu as pris une bonne photo ? いいもの撮れましたか。

Cérémonie de fin d’études à l’école primaire
Je vis au Japon depuis plus de quinze ans et je continue à être étonné, surpris par ce que je vois.
Aujourd’hui c’était la cérémonie de fin d’études de notre fils de douze ans à l’école primaire du village.
Voici comment cela s’est passé.
Nous sommes avec les autres parents d’élèves dans le gymnase de l’école. Le drapeau japonais et le drapeau de la ville de Himeji.
Sur l’estrade un superbe bureau en bois orné du logo de l’école. Un grand bouquet de fleurs.
Sur le côté gauche du gymnase les enseignants sont réunis. Les parents sont assis dans les rangées au fond. Le premier rang; les sept élèves de sixième année à qui la cérémonie est dédiée. Derrière eux les quarante autres élèves. Sur le côté droit sont assis une trentaine de notables du village.
Tout le monde se lève. Salut au drapeau et chant de l’hymne national.
Le Directeur monte sur l’estrade et commence un long discours. Le discours est très bien ficelé. Il cite un poème de Goethe. HeidenRöslein. Il en chante une strophe.
Puis il appelle les élèves de sixième année un à un; qui monte à l’estrade et à lui il remet un très joli diplôme. Chaque diplôme est numéroté. Notre fils est le 1694è élève sorti de cette école primaire.
Chaque enfant retourne à sa place.
Le délégué de la ville de Himeji lit un discours.
Puis chaque notable, appelé, se lève et adresse un message de facilitation et d’encouragement aux enfants. Les notables: le directeur de la banque agricole du village; le directeur de la Poste, les représentants des divers hameaux de la vallée; l’association des femmes, le policier de fonction, les associations de troisième âge, l’association des agriculteurs, le Directeur du collège etc …
Ensuite les enfants de l’école jusqu’à la 5è année s’adressent un à un aux élèves de 6è année.
Puis tous les enfants entament une chanson. Certains enfants pleurent. Des mamans pleurent. Des papas aussi.
Clôture de la cérémonie, tous les enfants s’équipent d’instruments de musique et jouent ce n’est qu’un au revoir pour les enfants de 6è année qui un à un quittent le gymnase. Ils retournent à leur salle de classe où ils retrouvent leur maîtresse.
La, la maitresse lit une lettre à chaque élève de qui elle doit se séparer. C’est un nouvel instant d’émotion.
Les enfants ensuite reçoivent quelques souvenirs, un bouquet de fleur, un livre retraçant tous les moments clef de cette dernière année, deux beaux portemines offerts par la banque du village et gravés du nom de l’enfant.
Les enfants emportent aussi la liste imprimée de tous les livres qu’ils ont empruntés dans la bibliothèque de l’école pendant les 6 années.
Ainsi qu’un registre de santé qui indique leur croissance.
A noter que la longueur du ruban rouge qui lie la liste des livres de la bibliothèque correspond aux centimètres que chaque enfant a gagnés pendant sa scolarité dans l’école.
Les enfants quittent l’école. Lâché de ballons.
Tous les autres enfants leur font une haie d’honneur avec des fleurs.



Un Cerisier pour célébrer
Notre fils a douze ans. Il finit sa dernière année à l’école primaire (qui compte six ans au Japon). En avril il entrera au collège.
C’est quelque chose. Les cycles de douze ans ont un sens.
Pour féliciter notre fils et marquer le coup, un voisin nous a offert un cerisier. Quelle merveilleuse attention ! Nous recevons ainsi souvent des leçons de savoir vivre.
Cerisier, que nous plantons dans le jardin aujourd’hui.

Mon resto préféré à Tokyo
Mon restaurant préféré à Tokyo: Y’s café. 03-3394-1557
Cinq ans que nous avons quitté Tokyo et si il y a une chose qui me manque c’est Y’ café (avec les amis aussi bien sur)
Dans le quartier de Nishiogiokubo. 西荻窪 Suginami ku. Gare Nishiogikubo sur la ligne JR Chuo. A quinze minutes de Shinjuku. Il faut sortir de la gare; s’engouffrer dans une petite rue direction nord et 8 minutes plus tard prendre la droite. Une grosse harley davidson bleue est toujours garée devant le resto donc difficile de le manquer.
L’ambiance est style îles des mers du Sud / Okinawa. Des poissons, des tortues sur les murs. L’ambiance est très relax.
La cuisine servie à Y’s Cafe est variée. Le curry japonais ou kare- raisu カレーライス y est excellent et c’est le meilleur que j’y mange au Japon (essayer le porc, ポークカレー).
Et noter le dry kare ドライカレー, un pur bonheur d’arômes et d’épices. Franchement j’en mangerais volontiers tous les jours.

Le menu est énorme, la seiche à la tomate イカ飯, les salades et les pickles sont tous des numbers one.
… Tout n’est pas seulement dans la bouffe. Il y le contact aussi. Les propriétaires sont si sympathiques. A force de manger chez eux, nous sommes devenus des amis.
Le patron peut intimider, avec un air de loubard surfeur, mais détrompez vous il est très timide. Et c’est toujours chouette quand son grand rire résonne de derrière les fourneaux.
Et son épouse, toujours un mot gentil et tant d’attention aux détails. Une belle équipe.

Ce sont de vrais pros et régulièrement ils inventent de nouveaux plats.
J’ai fait quelques dessins humoristiques représentant leur restaurant et très aimablement ils les ont accrochés aux murs.
Comme j’étais à Tokyo ce dimanche. j’en ai profité pour y faire encore un tour….
Si vous êtes à Tokyo, n’hésitez pas …


Travailler à domicile et rester zen
75% du temps je travaille à la maison. On appelle ça du télétravail c’est ça ? Je passe donc la plupart de mon temps visse à mon PC, soit en conférence calls avec skype soit à rédiger des documents ou faire des calculs sur Excel.
J’adore vraiment travailler à la maison. C’est mon cote solitaire sans doute.
Quand on travaille à la maison, il faut maintenir une productivité élevée malgré les diverses tentations éventuelles comme aller faire un tour dehors, jardiner ou bricoler ou encore se perdre sur youtube ou se plonger dans une lecture plus passionnante que le boulot.
Mais on est aussi isolé du point de vue du travail, les collègues sont loin (les miens sont aux US, donc à 9000 kilomètres) et la plupart des interactions avec eux se fait au téléphone, sur skype.
Avec tout ça il est bon de pouvoir se divertir et se rafraîchir les idées sans avoir à quitter le poste de travail.
Ce que j’ai trouvé récement c’est de tirer avec un pistolet a air comprimé sur des cibles dans le jardin, face à la fenêtre de mon bureau. Ainsi je peux me changer un peu les idées tout étant au téléphone ou à l’ordinateur.

pistolet à air comprimé, réplique du P228 de SIG. Au Japon ce modèle est interdit aux moins de 18 ans. (Ceci est un jouet).

Le modèle est assez puissant pour envoyer ses petits projectiles dans le jardin à une dizaine de mètres, et un peu plus si affinités.

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