Catégorie: le bonheur
Opération civet de chevreuil
Le mois dernier nous sommes allés visiter le bout de la vallée avec un jeune couple d’amis qui cherchent une maison.
Le hameau au fond de la vallée, plus de la moitié des maisons y sont abandonnées. Vingt personnes à peine y vivent encore.
C’est un bel endroit, entièrement couronné de montagnes. En fait c’est un coin magnifique.
Pour la visite nous sommes allés voir le chef du hameau; et avons fait les présentations. Puis nous sommes allés voir une maison genre Totoro, une très belle maison, une ancienne ferme, en assez bon état et tout le confort d’il y a un siècle à peine. A louer, pour une somme modique.
Bon finalement le jeune couple d’amis ça les a pas emballés mais c’est bien d’avoir quand même essayé me dis je.
A la fin de la visite le chef du hameau clopin clopant nous conduit à un petit hangar où trois frigos regorgent de viande de chevreuil.
Il prend les chevreuils dans des pièges, de grandes cages métalliques.
Une fois zigouillés, avec une lance, et tant qu’à faire il faut viser dans le cœur, pour bien les saigner, il les amène dans le hangar où il fait les découpes. En témoigne le sol écarlate. Et les crochets qui pendent du plafond. J’aurais dû prendre une photo. Deep Japan ou Deep France, c’est pareil ! Beaucoup de fondamentaux sont communs.
Il nous donne un énorme morceau de viande. 4 kilos.
Je l’ai mis à décongeler dimanche. Hier matin j’ai découpé le beau morceau. Toucher cette viande, cette viande vraie, réelle, pas comme celles prédécoupées et sous cellophane des super marchés ** était très agréable. On sentait encore la force et la puissance de l’animal.
Je vais faire un civet. Je vais laisser encore mariner un peu. J’irai en apporter un morceau au chef du hameau. En espérant ne pas me planter !

**A ce sujet regardez le film le gendarme à New York avec De Funès. Où ils se moquent des Américains avec leurs beef steaks sous cellophane.
Opération Charbon de bois
Dans sa base secrète (秘密基地), dissimulée des regards, dans une vallée inhabitée, mon ami S. s’est remis à faire du charbon de bois. Je ne sais pas si j’ai déjà fait un article sur cette base. Je crois pas. Ah si! Le voila. En 2013 peu après notre arrivée.
Il a construit deux fours à charbon de bois dans sa base. Il en parlait depuis 4 ans au moins, d’allumer les fours et d’y refaire du charbon de bois mais c’est finalement cet hiver qu’il s’est décidé à s’y remettre.
C’est vraiment pour le fun qu’il fait ça, S.
Il aime à continuer les gestes d’autrefois.
Autrefois: beaucoup dans la vallée étaient charbonniers.
Je suis allé prendre quelques photos.
Toute cette opération tient du domaine du magique. Il faut bien observer et avoir une intuition développée pour réussir à faire du charbon de bois.
vocabulaire
炭焼き sumiyaki charbon de bois
窯 kama four
Première étape, préparation du four en l’emplissant de bois. Cette fois S. utilise des branches de cryptomère.

Ensuite on commence à chauffer le four.


Cela prend plusieurs heures et des litres de bière.
Le four bien chauffé, on ferme la gueule du four.

S. a fait lui même ces fours à charbon de bois.
Des ouvertures au sommet permettent de réguler les entrants en oxygène.
De la on peut observer ce qui se passe à l’intérieur.

A l’intérieur on dirait un petit volcan.

Je ne me souviens plus exactement. On attend deux à trois jours. La gueule du four refermée.
Puis le moment venu, on ouvre et on retire le charbon de bois. On voit cette fois ci ça a un peu merdé, beaucoup de bois s’est entièrement consumé.

Il fait une chaleur d’enfer. On sort le charbon de bois incandescent du four.
On le recouvre ensuite de sable pour stopper la combustion.

Cet article a été lu et approuvé par Kiri chan le chaton.

Kyoto !
Avant le nouvel an, nous sommes allés à Kyoto visiter mon grand ami F. et sa famille.
Toujours un stimulus important que d’être en ville, nous qui sommes tout le temps au village. Ça nous fait voir ce qui se passe au delà de notre petite vallée.
Notre amitié avec F. date de 1987. Nous étions alors lycéens et vierges.
Tous les deux encore lycéens nous avons développé un intérêt pour la chose Japonaise et dès les mid nineties nous commencions nos carrières professionnelles à Tokyo. (carrière: lieu où avec une pioche on tape dans la roche pour en retirer des ardoises).
En marchant dans les rues de Kyoto, pendant que les épouses et les enfants étaient chez F. au chaud avec du thé et des gâteaux, nous nous sommes dit, dans les rues étroites de cette ville qui respire comme la mousse: Oh, que c’est beau tout cela, et qu’est ce qu’on aime le Japon!

Pour changer, un peu de kawaii !

Et ici encore, du kawaii.

retour à la réalité



un marchand de riz.

Les gâteaux de riz mochi.


on sait qu’à Kyoto aussi, tout part en couille … en beauté.

trois bâtiments résistent avant la démolition inévitable.


les différentes strates géologiques. Mais remarquez; parce qu’elle est faite de matériaux naturels, du bois et de la terre, c’est la ruine du milieu qui vieillit le mieux.





Bon coup de crayon. Pour un restaurant de ramen je crois.





L’entrée des artistes


C’est Daihatsu je crois qui produisait ces petits véhicules.

une tiny house sur roulettes
Des endroits merveilleux
Des endroits merveilleux il y en a bien une bonne poignée, dans notre petit village où personne ne vient jamais.
D’ailleurs pour le faire visiter et mieux connaitre je devrais peut être acheter une vieille maison, la retapper et en faire une guest house ? Vous viendriez nous voir ?
Au fond de la vallée, il y a un petit hameau. Plus que vingt personnes y vivent. Il est à moitié déserté. Mais c’est un très bel endroit et ma bicyclette m’y conduit presque chaque jour. Avec le pilotage automatique.
A l’entrée de ce hameau que les montagnes couronnent, un sanctuaire shintô. (jinja).
C’est un endroit magnifique. Merveilleux. On monte un escalier de pierre, un écriteau informe de la présence des vipères.



Une fois en haut on arrive au pied d’un cryptomère gigantesque. C’est un géant, en effet. Il n’y en a pas beaucoup comme lui. Son écorce est molle, douce et chaude. On pense à la peau d’un éléphant ou encore d’un vénérable vieillard. C’est assez incroyable. On passerait des heures à observer et caresser l’écorce.



Et puis il y a le sanctuaire. C’est un miracle qu’il tienne encore debout. Dans dix ou vingt ans; faute de population pour l’entretenir ou le réparer ce sera sans doute une ruine.
Ce sanctuaire fait l’intersection entre l’homme et la nature, le profane et le sacré.

Chose peu courante pour un sanctuaire de si petit calibre, son entrée protégée par deux gardiens de bois silencieux.


C’est peut être aussi celà qui nous touche car les gens qui ont construit tout cela nous les connaissons presque à moins que ce ne fussent leurs parents ou leurs grand parents.



Bref. Un beau moment d’émotion.
Welcome to Deep Japan.
Et puis d’autres arbres .. certains, fatigués, se sont couchés.



Discussion avec le boulanger
Ce dimanche matin je vais faire quelques courses; je passe à la supérette de la ville voisine y acheter du pain. Il y a là un bon boulanger, un personnage sympathique.
On se dit toujours bonjour, il a étudié en France.
Il me pose alors la question: 世界はどうなるとおもいますか。Que va t il advenir du monde ?
Ma réponse est immédiate: さらに悪化する。Ça va aller de mal en pis. 特に環境の破壊 En particulier la destruction de l’environnement. Je pense aussi a la disparition annoncée du monde sauvage. Les éléphants. Les lions. Les hippopotames. Et les peuples natifs.
Il est très surpris de ma réponse….Il dit:
なにをすればいいですか。Qu’est ce qu’il faudrait faire ?
J’hésite .. Je réponds qu’il faut planter des arbres ...
Et la bourse alors ? 株はどうなる demande t il encore … Vendez tout ai je envie de répondre mais je me retiens !
Il glisse deux cannelés (cadeau) dans mon sac et on se dit au revoir …
Sur la route du retour ça me tarabuste … j’arrête la cassette des sonates de Haydn par Gould et je me dis que ma réponse de planter des arbres c’est bien, mais j’aurais dû aussi dire qu’il faut aimer. Donner de l’amour. Ce que le boulanger fait déjà, en faisant du bon pain et de bons desserts … Il est sur la voie, le boulanger … L’amour, c’est la seule chose que l’on a vraiment et que l’on peut donner. Everything is love.
De retour au village je vais voir S. Je récupère un énorme tronc de cryptomère pour bourrer le ventre de Calcifer notre poêle à bois. S. est affairé et débroussaille le versant de la montagne. Ici, de nombreux arbres se sont brisés ou effondrés suite au dernier typhon. Il y a beaucoup de bois à récupérer. La route pour accéder à cet endroit est très abrupte. La vue sur la vallée est magnifique.
On fait une pause. J’ai amené du bon café tout chaud.
Je raconte à S. la conversation avec le boulanger. Il est entièrement d’accord, le monde part en couille.
S. dit, en rejetant une bouffée de tabac, et zieutant nos camions arrêtés sur la pente qui descend: il faut faire marche arrière. バックせなあかんなぁ。
En contemplant la vue magnifique qui s’étale à nos pieds on se dit que nous tous qui vivons dans notre petite vallée, on a fait marche arrière et c’est pour ça qu’on y est très bien.
Ça nous fait bien rigoler.
Bon c’est pas tout mais il faut charger le petit camion !


Le pote à trois pattes
Affairé à l’ordinateur ce matin; je travaille sur un gros féchier Excel. La fenêtre est ouverte, le son de feuillages froissés parvient de la montagne.
Sans doute un chevreuil me dis je, je lève la tête et juste en face du bureau … mon pote à trois pattes.
Ce chevreuil a une patte avant sectionnée. Prise dans un piège ou un fil de fer. Il vient souvent chez nous dans notre jardin, on est devenu potes.

Encore une souris !
Voila, notre chat Scotch a encore amené une souris à la maison.
Il est toujours pratique d’avoir des gants à disposition. On appelle ces gants gunté. 軍手 Le mot est une abréviation de ‘gant militaire’.
Chaque fois qu’un chat rapporte un animal à la maison; que ce soit une grenouille un oiseau un gros insecte ou encore une souris on essaye de les attraper pour ensuite les relâcher dehors dans le jardin. Ces gants là sont bien pratiques!
Cette fois ci ma femme a repris la souris de l’emprise de Scotch. Elle l’a prise en photo avant de la relâcher dans le jardin.
La souris a l’air épouvantée … Quelle expression … on dirait une expression humaine vous ne trouvez pas ? On croirait une souris sortie d’un dessin animé !!! Le reflet de lumière sur son œil gauche accentue cette impression.

Grenouille dans les kakis et … sangliers !
Rencontres visuelles
On a été déjeuner à Hacienda; resto de la ville voisine. Délicieux curry Thaï; salade fraiche du jardin. Café succulent. Un cannelé pour le dessert.
Un grand potager est adjacent au resto. . Les arbres à kakis y sont chargés de fruits. C’est la saison.
Nous achetons aussi quelques kakis et voila cette toute petite grenouille si mignonne; perdue dans les fruits.



Plus tard on va faire des courses et sur le parking il y a un keitora, ces petits camions blancs que l’on trouve partout à la campagne ici au Japon, joliment décoré de sangliers.


Mais on a du fromage!
Un Lecteur (ou une lectrice?) sur le post précédant (la voisine formidable) a fait ce commentaire très juste:
Il y a du cho et du fro-mage, aussi ! il faut lui dire
Tout à fait. Je rajoute donc un phylactère. C’est beaucoup plus drôle ainsi. Merci !

Du heavy métal dans le village
Un groupe de heavy métal est venu tourner un clip vidéo dans le village. Je suppose que c’est du heavy métal. Ca fait du bruit en tout cas.
Le groupe s’appelle Devil’s Inlay. La vidéo a été mise en ligne sur youtube …
Le village apparaît à partir de 1’45… Marrant de voir tous mes potes dans ce clip …
Ca n’est pas la première fois … En 2013 il y avait eu un concert de rock punk dans le temple bouddhiste du village … je me demande si notre prêtre bouddhiste n’est pas derrière ce dernier clip … il aurait récidivé .

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