Catégorie: le bonheur
Au jardin en mi juillet
On commence à récolter le maïs. Tous les deux jours je remplis une boite de tomates, concombres, carottes. Les courgettes ne donnent pas grand chose.
Les piments sont prometteurs.


Cette année le jardin est très bien protégé des chevreuils et des anagumas. C’est l’année dernière je crois que j’ai tout barricadé avec des filets en nylon et des grilles métalliques. No pasaran.

Un jardinier qui passe de l’insecticide partout doit bien s’ennuyer. Les insectes offrent un spectacle dont je ne sais me lasser.

Finalement les pieds de tomates plantés en pleine jungle, dans un espace étroit et occupé par les pousses de myoga marchent très bien. Les tomates sont un peu difficiles d’accès mais par contre les autres plantes les protègent des oiseaux.



La saison des pluies est tardive cette année, donc pas eu beaucoup à arroser. En général, en fait, je n’arrose pas, car j’essaie de recouvrir la terre du jardin avec des brindilles, de la paille, des feuilles mortes ou encore du crottin de cheval. Un sol recouvert n’a pas vraiment besoin d’être arrosé.








Sans doute le développement de l’intellect et de la cervelle est le résultat d’une erreur dans le processus évolutif, qui aboutira à l’autodestruction de notre espèce.
Le vrai problème n’est pas l’autodestruction de notre espèce mais que une quantité phénoménale d’autres espèces se verra disparaitre au cours du processus destructif, et par notre faute.


J’ai du caca dans les yeux ou cette araignée a perdu des pattes ? Que lui est il arrivé ?


En bonne compagnie
C’était un week end récent, on a passé beaucoup de temps avec les gens du village et c’était formidable.
Samedi le matin rendez vous au fond de la vallée dans un petit hameau, où ne vivent plus qu’une dizaine de personnes …

Il s’agit de la préparation d’une future fête aux flambeaux. Ça a lieu chaque année, en juillet. et ce samedi on se retrouve pour préparer les flambeaux.
D’ailleurs à écrire cet article je me rends compte que le mois dernier on s’était retrouvés pour aller en montagne chercher des troncs de pin.
On commence par affûter les haches courtes; ‘yoki’.

D’autres s’affairent autour d’un fendeur de bûches.

Il faut emplir les flambeaux de faisceaux de bois (du pin car celà brûle très bien).

D’autres fendent du bois.

Les habitants de ce hameau sont âgés. Le plus jeune a 70 ans. Mais ils ont tous une bonne pêche.
Entre ces montagnes de sagesse je barbote comme un petit poisson rouge.
Ils sont bien contents qu’avec quelques autres du village en bas nous venions donner un coup de main.
La préparation des flambeaux est super rapide, et bouclée en une petite heure. Commence ensuite un gros barbecul, avec de la viande de sanglier et de chevreuil, chassés récemment, et les légumes des potagers.
Le hameau est formé par un petit groupe de maisons; la plupart sont vides, malheureusement. Mais c’est vraiment un endroit magnifique, sur 360 degrés des montagnes couvertes de forêt nous surplombent.


On passe un excellent moment.
On s’installe dans un petit hangar; là où ils gardent du bois et dépècent les chevreuils.



Les blagues et les bons propos fusent de toute part. Les gens ont de la répartie. Quelle bonne humeur. Depuis pas mal de bière a coulé sous les ponts et je ne me souviens plus beaucoup des sujets de conversation….

Comment on prépare le chevreuil est évoqué…. On parle aussi de la dépopulation… Et des initiatives en cours pour mieux faire connaitre le village et, éventuellement, attirer de nouveaux habitants. J’ai pas mal oublié.
Un voisin qui ne boit pas nous ramène gentiment chez nous plus tard.
Le jardin!
Samedi, après une semaine de travail bien chargée, avec beaucoup d’emmerdes; mais aussi faut pas oublier: de grands moments de bonheur, du bonheur bien profond et dense comme on peut le sentir avec les doigts, tout ça j’en parlerai plus tard, dans un autre article ….
Samedi donc c’est le repos des braves (et des salariés) et l’occasion d’aller s’occuper du potager.
La saison des pluies (tsuyu) a démarré. Presque deux semaines en retard par rapport à la date habituelle.
Il y a eu un gros apport d’eau, il y eu beaucoup de lumière, de la chaleur.
Le potager s’est presque transformé en jungle! Tout pousse.
Je suis bien content d’avoir aménagé les allées du jardin avec du gravier plus tôt au printemps; car sinon, ce serait tout à fait impraticable, et décourageant.











Le jardin … c’est mon petit paradis … je n’y utilise bien entendu aucun produit insecticide ou herbidicide … aucun cide … le jardin n’est pas un endroit où l’on tue, c’est un lieu où l’on recrée le paradis, et chacun y a sa place … aucun produit chimique non merci …
Si j’étais agriculteur c’est sûr qu’il y aurait une contrainte économique … faudrait produire … des produits … des légumes qui répondent à diffèrents critères de qualité et de beauté …
Ne pas être dans le business c’est être libre
Dans mon jardin tout le monde est le bienvenu. personne n’est nuisible. c’est une question d’amour.
Récolter des légumes certes mais pour moi en fait le jardin c’est plus une thérapie et une reconnexion à la terre, que quelques poignées de patates!
Le jardin c’est une expérience et pas forcément un endroit de production … je crois que, au jardin, je fais l’aumône.
Et les légumes ont toujours quelque chose à m’offrir.
Moi qui leur offre si peu.













Encore au jardin
Il a plu cette semaine et celà a apporté un boost remarquable aux plantes du jardin.
C’est comme si les plantes qui avaient très soif, car il n’avait pas plu assez longtemps, avaient patiement attendu, plusieurs jours immobiles sur leurs starting blocks.
Denis; fidèle lecteur du blog, résume la situation du jardinier avec la sagesse qui le caractérise:
Un jardin, lorsque l’on dispose suffisamment de place et de temps de libre pour s’en occuper, est un espace de ressourcement, de quiétude et de bien-être, et qui, de plus, nous permet de disposer de vrais bons légumes, au fil des saisons, et tout au long de l’année.
Il n’y pas besoin de se prendre la tête pour cela, car, on peut commencer « petit », pour débuter, puis augmenter, au fur et à mesure de ses capacités, et de son propre apprentissage et découvertes, et ainsi avoir en retour un réel ressenti en réconfort et petite fierté personnelle, bien légitime.













Photos du jardin
L’épisode précédent où on faisait un tour de notre petit potager c’était fin avril.

La planète irait mieux si tout le monde pouvait avoir un petit bout de terre pour, comme nous, jardiner.

Tournesol et maïs poussent. Je suis curieux de voir si ils vont bien s’entendre.
Les carottes poussent bien, mais je vois bien qu’un de mes gros problèmes c’est que je sème avec une trop grande densité, et après je peine à éclaircir. Les plantes veulent pousser mais finissent par se gêner.

Les tomates; j’ai toujours eu du mal à les ‘ranger’, et garder leur croissance sous contrôle … je préfère les laisser libres, mais après ça fait un tel fouillis ! Gros capharnaüm en effet, ici les tomates sont avec de la menthe, du myouga, des courgettes et des groseilles. C’est comme le métro le matin; plein de gens qui n’ont rien en commun et qui sont obligés de se supporter les uns les autres.

Ce sera bientôt la fin des haricots pour les petits pois mais nous en avons bien profité.

Le potager n’est pas immense mais j’y ai planté quelques arbres. Ici un sudachi, qui nous laisse espérer avoir quelques fruits cette année ??

On espère que les petits phallus des courgettes deviendront grands, comme celui de Rocco !


Le grenadier est en fleurs.


Les framboises font leur boulot.


Les blueberry aussi !

Cette rangée marche bien. Petits pois et laitues. Par contre là aussi j’ai planté les laitues en trop grande densité. Il faut que je retienne cette leçon. Pour les petits pois cette année j’ai utilisé ces grilles métalliques qui servent à couler du béton. C’est plus facile à utiliser qu’un filet je trouve et ça fait moins fouillis.
Aussi dans les allées du jardin j’ai mis du gravier. Avec des tissus en plastique dessous. Dans l’espoir de stopper les mauvaise herbes; car sinon je finis pas passer mon temps à retirer les mauvaises herbes et je n’ai plus le temps pour m’occuper des légumes.

La coriandre et la roquette marchent du tonnerre.

Cette araignée tisse sa toile dans le ki-ichigo (rubus).


Des fraises aussi nous avons bien profité avec une belle poignée tous les matins. mais je ne les prends pas en photo.

Les insectes ont passé les feuilles de komatsuna à la mitraille. Je pense à la Syrie. Berceau de la civilisation. Qu’avons nous laisser faire à ce pays?

Les concombres, n’ont presque pas bougé d’un poil, la météo n’a pas été sensationnelle, mais bon, ils devraient pouvoir se refaire ….
Il y a un prunier, qui a crevé. A ses pieds, étendu les nattes de paille des tatamis de la maison de madame M … et Minou y fait la sieste !


Et comment pourrait on ne pas parler des tomates ?


Explorer la vallée
J’ai repris le vélo! J’avais arrêté un peu, trop de boulot. Mais j’y retourne, au vélo.
Aujourd’hui il a plu. La pluie a cessé mais des nuages sont toujours accrochés dans les cheveux des montagnes. Je pars faire un tour.

L’occasion d’explorer un coin de notre vallée où je ne m’étais jamais attardé.


C’est un petit hameau d’une vingtaine de maisons dans un endroit très encaissé, enfermé presque dans la montagne.

A peine cinq minutes à biclou, mais c’est vraiment magnifique.

Changer les pneus avec les poules
Le mois dernier je suis allé faire changer les pneus, pneus neige pour pneus pas neige.
On fait toujours ces changements avec un gros mois de retard, on fait mettre les pneus neige après les premières neiges, et les pneus pas neige quand le printemps est bien avancé.
Pour ce faire on va au garage de monsieur K, qui est un copain d’enfance de mon ami S. et donc on se connait un peu.
Son garage est bien arrangé et agréable comme endroit.

Je pourrais attendre dans la salle d’attente, il y a du café à volonté, des petits biscuits et un joli banc en cryptomère fait par le charpentier du coin, mais je préfère aller les regarder travailler et observer tous leurs outils.



On entend le coq chanter, car K. a un poulailler juste à côté du garage, il doit y avoir une vingtaine de volailles.

Je lance: Dis, il est en forme ton coq !
K: Ah oui ! tu veux un ou deux poulets ? je peux te les mettre dans le coffre et tu pourras les manger ce soir !
Qu’est ce que ça m’amuse qu’il dise ça. D’ailleurs chaque fois que je viens le voir il me propose de prendre un poulet avec moi … Ça me fait rire.
Ah les gens sont formidables.
Découvrir l’arbre à caramel
Nous sommes allés faire un tour au fond de la vallée, il pleuvait par intermittence, et finalement nous n’avions rien de mieux à faire.
Mais cette petite promenade impromptue se finira par une grande découverte et des émotions puissantes.
On laisse le camion là, dans une grande clairière au bord d’une rivière. Le dernier hameau est à deux kilomètres, après ce sont des chemins de montagne.

Ils ont bien tout dégagé: cet endroit l’été dernier était encombré de pierres et de troncs d’arbres.

Cet ouvrage, qui sert à bloquer les grosses caillasses et les troncs d’arbres, était plein à ras bord l’année dernière. On voit encore les marques laissées par les pelleteuses.


Ensuite c’est ce petit chemin qui nous guide. Tout est si beau, avec la lumière de fin d’après midi. Les jeunes feuilles déploient une palette de verts illimitée.
Et le calme. On admire un martin-pêcheur, perdu dans ses pensées, sur une branche d’arbre.

Regardez ce qui se passe à droite, et vous verrez ce cours d’eau à qui la pluie des trois derniers jours a donnée beaucoup de vigueur. Et puis ces belles roches qui attendent notre départ.
Après le chemin fait un virage, et se met à monter sec. On finit par se focaliser sur ce chemin qui monte qui monte, on en oublie de prendre des photos.

Chaque nouveau virage fait découvrir un paysage magnifique. Je crois que l’on continue comme cela assez longtemps. On sait qu’à un moment il y aura moins de lumière et qu’il sera alors plus sage de rentrer, mais tout est tellement beau que nous continuons à nous laisser guider.
Il y a une pancarte: 大桂 Cercidiphyllum japonicum ou (Grand) arbre à caramel.
Je connaissais ce terme katsura, qui désigne un arbre, mais j’ignorais la traduction française. Un arbre à caramel… Voilà quelque chose qui fait rêver. Et propulse dans l’enfance.

On monte alors un escalier de pierre. On quitte la route et le lien qui restait avec la civilisation. Immersion totale.


Il fait frais. Il n’y a pas de sangsue.
Au moment où nous commençons à douter, où est le grand katsura, se dessine une silhouette imposante.


Et puis voilà on peut le voir dans toute sa splendeur, le grand katsura, l’arbre à caramel!

Le voilà, le katsura.
Il n’est pas seul; il y en a un autre, un peu plus haut. Voilà un endroit magnifique. Ces arbres mystérieux, la rivière à leur pied. et notre solitude; car il n’y a personne.

On reviendra.
Un tour au jardin
Comme chaque année les montagnes cette semaine sont magnifiques avec les jeunes feuilles; il y a une palette extraordinaire de verts et de couleurs.

Fin avril début mai; c’est peut être le moment où les montagnes sont les plus belles ici dans le coin.

Et comme chaque année je me relance dans le jardinage avec beaucoup d’espoir et d’excitation. Les récoltes ne sont jamais vraiment à la hauteur des attentes mais même sans grand résultat, jardiner me procure toujours beaucoup de plaisir. Et aussi l’occasion d’observer tout ce qui se passe; avec les insectes, la terre… et bientôt on verra les grenouilles aussi.

Les premières feuilles du kaki

Les premières feuilles du grenadier

Les premières feuilles du figuier

Voici une vue du jardin. Tout est barricadé pour bloquer les chevreuils et les anagumas.


J’ai planté des choux

Des carottes. J’ai jamais réussi à faire pousser des carottes jusqu’à maintenant

Dans les petits pots diverses pousses, pleines de promesses. courgettes. tournesols. concombres

J’ai des genres de petits pois aussi; ils démarrent bien.

Dans les grands pots noirs j’ai des mûriers. Je les planterai dans la montagne cet hiver

J’ai planté du gingembre aussi, faut attendre pour qu’il démarre.
Les insectes eux aussi font leur business



Question jardinage le voisin monsieur O est un pro. Son jardin est toujours très bien entretenu. Une chose intéressante; c’est qu’il a transplanté dans son jardin des plantes de la montagne: du tara (angélique du Japon). On en mange les pousses en tenpura c’est un régal.

Et aussi des fougères, on en mange les pousses au printemps.
Franchement on dirait des petits bras qui sortent de la terre.




Il m’en offre une grosse poignée. Je lui demande comment ça se prépare, il répond ‘ta femme saura’ 奥さんに任して
Scotch et la brouette
L’eau de pluie dans la brouette, mélangée avec de la sciure de bois, c’est bon pour le moral,
me dit Scotch le chat !


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