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Minou retrouve la montagne

Dimanche. Mon épouse est à la maison avec Minou le chat pendant que je suis dans la montagne à planter quatre noyers.

quatre noyers à planter

quatre noyers à planter

Elle dit alors à Minou: On va faire un tour dans la montagne ? 山に行く?Minou miaule de façon décidée et se met sur ses quatre pattes, racontera-t-elle plus tard. Lorsqu’elle sort de la maison, Minou court en avant et il est clair que Minou a parfaitement compris !

Et voila donc Minou qui retrouve la montagne. On prend ces quelques photos. Elle a l’air très heureuse de retrouver sa montagne !

minou est heureuse

minou est heureuse

Je suis en train d’essayer d’arracher une vieille souche de cryptomère pour planter un noyer à la place. Les vielles racines sont enfoncées dans la terre et la roche. Je dois suer un litre d’eau dans l’effort.

Surprise par la tiédeur du jour, une grosse sangsue  se promène sur la lame de ma hache, je la tranche en deux sans hésitation. Du trou sous la souche; surgit un énorme scolopendre, je l’admire courir ainsi de ses mille pattes synchrones.

Minou et les oiseaux qui se mettent soudainement à chanter. La beauté glorieuse de la nature. Les promesses de ces arbres que nous plantons. La paix.

minou retrouve la montagne

minou retrouve la montagne

Vocabulaire

Hiru 蛭 ひる        Sangsue

Mukadé 蜈蚣 むかで Scolopendre

Kurumi no ki クルミの木   Noyer

Minu ミヌ Minou

Planter des arbres ! !

[note: cet article a été écrit et publié avant les événements de Paris du 13 11 2015]

Après lire les horreurs des nouvelles du monde, on se dit qu’une des meilleures choses à faire, avec se saouler à la bière, ou épuiser ses nuits sur la playstation, c’est planter des arbres.

Ça tombe bien, nous avons un bout de la montagne en face de chez nous. L’année dernière nous y avions planté un marronnier, un figuier, un pommier, un cerisier, un grenadier et un cannelier.

Cette année il faut passer à la vitesse supérieure ! Car telle est désormais notre mission.

Nous allons planter vingt arbres cet hiver. Petits chiffres ! Faudrait faire dans la centaine ! dans le millier !

On va commencer par quatre noyers.

Resteront seize. Que planter ensuite ?

L’année dernière j’avais fait des cages métalliques pour garder les arbres de l’appétit des herbivores gourmands.

Problème, c’est onéreux, et très lourd à porter, jusqu’en tout en haut. Et les bouts de fer manquent toujours de nous blesser lorsqu’on les transbahute sur les faces glissantes de la montagne.

Cette année donc nous innovons et avons commandé au bureau des forestiers du village une vingtaine de filets plastiques biodégradables réservés à cet effet de plantation d’arbres dans les montagnes où les gourmands chevreuils pullulent. En plus ils sont légers. Ces filets ne sont pas en vente dans les grandes surfaces style Monsieur Bricolage, il faut donc les commander auprès des pros.

Je crois que, pour parfaire le tout, nous emporterons aussi un peu de musique dans la montagne, lorsque nous irons planter, comme les petits morceaux d’orgue de Bach, par exemple Herr Christ, der ein’ge Gottessohn, BWV601: les arbres seront heureux.

Voila !

filets pour planter les arbres

filets pour planter les arbres

Retrouver la montagne

Quelle incroyable joie que de retourner dans notre petite montagne ce week end, et de pouvoir y travailler de nouveau. J’ai vraiment merdé je l’avoue lorsqu’en mars après une courte visite qui s’est soldée par dix sangsues dans chacune de mes bottes  j’avais décidé de ne retourner dans la montagne qu’en automne !

D’ailleurs il y a des produits chimiques qui repulsent les sangsues et la vieille recette qui consiste à enfiler autour des bottes des tissus imbibés de sel. Si je peux contrôler le problème des sangsues, il ne restera que celui des frelons … ca doit être gérable ! Franchement !

En tout cas maintenant que nous sommes en novembre c’est reparti pour un grand tour.

A ma surprise la nature n’a pas recouvert toute la terrasse de la montagne d’un épais réseau de bambous. Tout est bloqué par la végétation certes … mais bon c’est pas du bambou. Plutôt une bonne nouvelle donc.

Les cages en métal que j’avais arrangées pour les 6 arbres plantes l’année dernière tiennent encore debout. Le métal est recouvert de rouille.

Dans les cages, les arbres ont bien poussé je pense. Le grenadier, particulièrement, ce qui est une vraie surprise. La végétation à l’intérieur des cages a énormement poussé, ce qui a pu gêner éventuellement le développement des arbres. Il faudra que je recouvre le sol de carton pour limiter cela. On voit que les chevreuils ont mangé de ce qui a poussé en dehors des cages … Merci les chevreuils.

Cette année je vais nettoyer plus en profondeur. Il reste des dizaines troncs d’arbres écroulés il y a dix ans. Je vais dégager tout cela. Trop lourds si trop longs, il faut les découper en morceaux de un à deux mètres avant de pouvoir les tirer avec le tobi et les porter et les ranger en jolis tas.

Il faut veiller à protéger la chaine de la tronçonneuse qui ne résiste pas au sable ou aux petits cailloux qui se retrouveraient sur les troncs d’arbres tombés à terre.

D’ailleurs c’est très bien de couper les troncs à la hache, plutôt qu’à la tronço, un merveilleux exercice que j’apprécie beaucoup. La tronçonneuse …  Si on pouvait, on ferait tout a la hache !

montagne nov 2015 2

montagne nov 2015 1

Minou dans la montagne (3)

Un crâne de chevreuil et rêveries

Ce matin je vais faire un petit tour, histoire de faire une pause dans mon travail sur ordinateur. Je marche au pied de notre petite montagne … aperçois une forme blanche.

crane chevreuil 1

Après vérification en effet c’est bel et bien le crâne d’un chevreuil. C’est juste au bord de la route, mais dissimulé dans la végétation.

Il est très beau et serait un magnifique ajout au pare-choc de notre camion.

crane chevreuil 11

Quelques réflexions s’invitent. Attention, ça va délirer sec.

Ces os blanchis par la pluie et le temps sont l’empreinte minéralisée des animaux sauvages. Ils vivent autour de nous dans le même espace, mais pas dans les mêmes zones horaires. Je suis diurne. mais les chevreuils sont plutot actifs la nuit. C’est au crépuscule qu’ils s’approchent du village et pénètrent les potagers, alors que tout le village est devant sa TV, son ordinateur ou sa playstation. On peut donc penser à des mondes parallèles qui se superposent, et rarement se croisent.

Les ossements sont une sorte d’empreinte permanente qui est indépendante du temps. C’est comme si l’animal, une fois mort, devenait visible dans notre monde à nous (dans notre zone horarire).

Une autre réflexion, c’est que je ne trouve presque jamais de squelettes entiers. Par quels phénomenes les os disparaissent et se séparent les uns des autres. Il y a-t-il une force magique en action ?

Troisième réflexion, c’est que si j’avais une tonne de temps, si j’étais au chômage, je prendrais la peine de ramasser tous les cadavres d’animaux que nous trouvons souvent aux bords des routes pour leur offrir une sépulture chrétienne digne de ce nom dans la montagne. Je sais que la religion chrétienne est homo-centrique et qu’elle ne s’interesse que très peu à la chose animale. C’est là une grave lacune et j’y remédierais ainsi à ma facon.

Ces sujets sont -au moins pour moi- tout à fait passionnants et si j’en ai la force je les développerai dans un futur projet de bande dessinée. Intitulée Histoires Naturelles.

Un crâne de chevreuil et rêveries

Un crâne de chevreuil et rêveries

Minou dans la montagne (2)

Minou dans la montagne

Cela a commencé il y a quelques semaines, Minou le chat s’est mise à suivre ma femme A., lorsqu’elle sortait de la maison. Minou la suivait jusqu’à de plus en plus loin dans le village, et Minou et ma femme ont pris ainsi l’habitude de se promener ensemble. Je dis bien ensemble car je ne saurais dire si c’est ma femme qui promène Minou ou si c’est Minou qui promène ma femme.

Elles font le tour du hameau qui se repose le long de la rivière.
A. a peu à peu élargi le parcours de la promenade qui est devenue quotidienne, pour inclure la route qui revient vers la maison et passe entre la montagne et la rivière.
Un peu partout Minou s’attarde, elle renifle, inspecte, explore, découvre.
Minou traverse la rivière pour aller dans la montagne

Minou traverse la rivière pour aller dans la montagne

Arrivées sur la route qui longe la montagne… La montagne attire Minou. Les feuilles, la végétation, les odeurs. C’est un nouveau continent à explorer pour Minou. On voit sa curiosité, et son instinct la diriger vers la montagne, là où la nature se déploie dans toute sa splendeur et son fouillis, libre de  l’emprise de l’humain.
A chaque fois on voit Minou s’aventurer un peu plus dans la montagne, et la promenade dans le village est finalement devenue une promenade dans la montagne.
En début d’après-midi, minou vient vers nous, elle nous interroge de son regard intense. Elle miaule. On y va ? Hé je vous attends.
Dans l’intonation, nous comprenons qu’elle souhaite sortir avec nous. Alors nous, ma femme A., mon fils ou moi, nous sortons et allons, de l’autre côté de la route et la rivière, vers notre montagne. Minou nous suit, mais en empruntant ses chemins à elle, les chemins des chats, comme un étroit espace entre la maison de la voisine et un mur atenant, ou encore une canalisation souterraine qui longe la route.
Minou dans la montagne devient tigre de Sibérie

Minou dans la montagne devient tigre de Sibérie

Minou nous rejoint au pied de la montagne. Puis nous montons, par nos chemins a nous. Il y a trois chemins pour arriver à la première terrasse. Minou emprunte ses chemins à elle, ses chemins de chat. On se retrouve en haut sur la terrasse qui est maintenant en grande partie dégagée et d’où l’on a une vue magnifique sur le village et les montagnes, et le ciel.
Minou dans la montagne

Minou dans la montagne

De la, Minou explore, se balade, ou bien trouve un bon endroit pour s’asseoir d’où elle a une vue bien dégagée, et aprécie le paysage. Ou alors elle grimpe aux arbres, et fait ses griffes un peu partout.
minou fait ses griffes dans la montagne

minou fait ses griffes dans la montagne

Pendant ce temps là, nous on fait des trous et on plante des arbres, on dégage de vielles souches. Ou alors on se promène et on regarde les choses autour de nous, tout simplement.
Minou dans la montagne

Minou dans la montagne

minou dans la montagne

minou dans la montagne

Après, on monte plus haut, là où poussent les criptomères, des lieux plus sauvages, dans la forêt sombre, on fait un grand tour. Minou suit les kemonomichi.
獣道 けものみち kemonomichi = les chemins des animaux. ou passages que les chevreuils et les sangliers et autres animaux ont ouvert dans la forêt.
On progresse lentement, et Minou nous suit, dans cette petite jungle où elle est si à l’aise, et l’on dirait comme un petit tigre gris et blanc.
Nous sommes bien reconnaissants à Minou de tout cela, car grâce à elle, nous aprécions tous la montagne et nous nous y rendons quotidiennement. Nous aprécions aussi d’etre avec Minou, nous nous sentons plus proches les uns des autres. Il faut dire aussi que c’est grâce à Minou que ma femme va si souvent dans la montagne et qu’elle apprend à l’apprécier. Sinon …. elle resterait à la maison plongée dans ses books ou son vin rouge.
Une question se pose cependant, jusqu’a quand pourrons nous le faire quotidiennement. Dès le printemps, il y aura de nouveau les sangsues et moultes insectes, et moultes serpents, et je crois que nos visites seront alors beaucoup plus rares.
minou dans la montagne, KEEP OUT !!

minou dans la montagne, KEEP OUT !!

Montagne – suite et fin pour 2014

J’ai fini de passer la débroussailleuse sur toute la terrasse située au pied de la montagne. On peut désormais avancer sur la terrasse dans toute sa longueur.

Il reste encore une bonne dizaine d’arbres effondrés, qu’il faudra tronçonner et dégager. Donc encore beaucoup de travail, et chaque fois que je redescends de la montagne, il y a plus de travail à réaliser, que lorsque j’y suis monté !

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Point culminant des efforts de ces trois derniers mois, j’ai planté ce matin le premier arbre. Un figuier.

Planter des arbres. Quand on voit l’actualité et tous ces événements inspirés par l’obscurantisme et la bêtise … l’homme ferait mieux de se taire et de planter des arbres…

Sur ce sujet, il y a le magnifique dessin animé de Frédéric Bach. Inspiré du récit de Jean Giono.

L’homme qui plantait des arbres. Youtube.

 

Dans la montagne et le village on ne peut ignorer la présence et l’appétit des chevreuils. Et d’autres animaux.

Si l’on veut que le figuier pousse et éviter que les chevreuils n’en dévorent l’écorce et les feuilles il faut le protéger. Je n’y vais pas par quatre chemins et protège l’arbre avec des treillis d’acier. Avec quatre je fais une grande cage, haute de 1.8 mètre. Le tout est fixé au sol avec des barres de fer.

Normalement celà devrait même décourager d’hypothétiques girafes mais il ne fait pas sous-estimer les animaux de la montagne.

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La pensée du jour

Aujourd’hui, dans un mail, F. résume très justement la situation du monde actuel.

« Quand je vois l’état du monde je me dis il faudrait que toutes ces grosses boîtes aillent se faire foutre – ce système où une partie de l’humanité chercher à consommer le plus possible au plus bas coût possible ruine toute la sagesse acquise au cours de millénaires. »

F. a entièrement raison. Je le suis à fond.

Les grosses boites, aucun intérêt. Il faut se tourner vers le vivant, la nature, l’animal, le minéral, la culture.

Et les montagnes elles aussi nous disent la vérité. Et ma tronçonneuse aussi.

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

vue de la terrasse

vue de la terrasse

vue panoramique de la terrasse:

vue panoramique de la terrasse:

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

 

Des nouvelles de la montagne

Le nettoyage de la montagne prend beaucoup de temps. J’essaye de m’y attaquer à raison d’une heure par jour de week end. Mon objectif pour le moment, c’est dégager la première terrasse de la jungle compacte qui la recouvre pour commencer à y planter des arbres cet hiver au mois de janvier – février.

Quelques photos suivent.

On voit qu’il y a énormément de travail. Il faudra aussi bruler tout ce que j’ai coupé et qui bloque le sol. Beaucoup de travail et des litres de sueur en perspective.

On est aussi un peu dans l’abstrait. Je n’attends pas de retour financier ni alimentaire de l’effort. Les arbres plantés, il faudra des années pour qu’ils donnent, et les insectes et les oiseaux et tout ce qui bouge auront sans doute mangé tous les fruits avant que je les récolte !

Ne comptez pas sur moi pour mettre des produits chimiques et des insecticides. Non…

Ce sera déjà un miracle si les arbres poussent et deviennent de beaux arbres. On espère vivre assez longtemps pour voir ça.

Sans retour sur investissement, ce projet de montagne va diverger vers une entreprise spirituelle, ou artistique, ou religieuse. Toutes les possibilités sont ouvertes !

 

montagne

montagne

L’accès à la montagne est désormais dégagé. Contre les chasseurs et les mauvais esprits, une pancarte KEEP OUT. Que les chasseurs ne sauront pas lire bien entendu.

montagne

montagne

Après avoir grimpé un peu on trouve ce qui fut autrefois une terrasse où poussaient des mûriers. On aperçoit un ancien mur de pierre. pas visible sur la photo.

Les arbres à terre sont des criptomères effondrés il y a une dizaine d’années. Je les tronçonne en petites sections pour pouvoir les déplacer.

montagne

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montagne

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Une fois le tout dégagé je planterai des arbres fruitiers. Pour le fun. Et la gloire.

On peut continuer à monter, et le paysage change radicalement: les criptomères plantés en rangs de sardines étaient la promesse future d’un bon revenu. Autrefois.

C’est la que nous ferons un cabane dans les arbres.

montagne

montagne

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Alors se posera la grosse question; comment entretenir cette forêt. Pour l’instant je n’ai pas vraiment d’idée. On verra!