Catégorie: journal
La fête de l’école
Samedi c’était la fête de l’école primaire du village. Notre fils y est, en CM2.
Vocabulaire; Fête de l’école – 運動会- undoukai
La fête de l’école dure toute la journée et c’est comme une grande fête du village entier. Car les parents mais aussi le club 3e age, la brigade de pompiers volontaires et tous les habitants intéressés s’y rendent.
Les enfants ont l’occasion de montrer à tous leurs progrès et les développements de leurs capacités dans les domaines de la course à pied, de la gymnastique, de la danse et de la musique.
Il y a aussi des jeux auxquels les clubs des mères de famille et les clubs des ainés participent. C’est donc ouvert à toute la communauté.
C’est un mélange de sérieux, de rire et de burlesque qui dure toute la journée et permet à la communauté du village de se retrouver et d’admirer la puissance et les promesses de sa jeunesse.
Ce spectacle est d’autant plus précieux que le nombre d’enfants dans la vallée a été divisé par trois en 50 ans. Effet conjugué de l’éxode rural et de la chute de la natalité.
Chacun dans l’assistance fait un peu comme il veut. Certains s’asseyent ensemble et boivent de l’alcool. 🙂 je dissimule les visages mais n’en pensez pas pour autant que les messieurs sur la photo ne sont pas respectables !
D’autres se retrouvent et discutent. D’autres encore se reposent et dorment.
Un tour qui me fait à chaque fois manquer de mourir de rire, c’est le tour burlesque de la brigade de pompiers volontaires. Déguisés en cochon, en canard ou encore en grenouille.
On fait assoir un pompier sur un fauteuil de bureau que l’on fait tourner rapidement. Puis le pompier doit pouvoir marcher sans tomber le long d’une poutre de gymnastique. Ensuite on lui plonge le visage dans de la farine et on lui fait avaler un infect jus de salade etc …
Cet épisode de blagues potaches style bizutage devant tout le village rappelle qu’il est bon de ne pas se prendre au sérieux !
En tout cas, on voit encore ici comment les Japonais savent vivre ensemble et en communauté. C’est vraiment remarquable.
Cabane dans l’atelier, suite et fin
Dans la série de la cabane dans l’atelier, suite et fin, avec quelques améliorations récentes.
Ajout d’étagères pour y ranger des books. Essentiellement des BD et des livres sur le jardinage. Cette fois j’utilise ce bois contreplaqué dont une face est recouverte d’un enduit orange. On l’utilise pour couler du béton. Ce matériau est très bon marché et la couleur orange complète le blanc de la pièce.
Une condition, c’était de faire le moins d’ombres possible et de laisser le plancher découvert et lumineux, car il n’y a pas électricité dans cette petite pièce et je veux éviter les rencontres surprises avec d’éventuelles grosses bébêtes.
Un autre ajout, cette énorme poignée de porte, typiquement dans le style « poignée de porte d’un magicien mystérieux ».
Et puis pour finir, un tabouret surélevé. Qui transforme cette petite pièce simple et modeste un en lieu extrêmement confortable; excellent pour se déconnecter, admirer la forêt, fumer une cigarette roulée et bouquiner tranquillement loin du bruit du monde. Et aussi travailler sur le scénario de ma prochaine BD…
A propos j’avais beaucoup aimé la magnifique BD sur François Villon par Luigi Critone.
Les Moomins et Philémon sont aussi des sources d’inspiration.
Les rizières et les épouvantails
Faire les choses soi-même et les T-shirts de Wakame Tamago
Passer à l’orange et accidents de chasse
Cette année j’ai arrêté de porter des treillis militaires pour les travaux du jardin et dans la montagne.
Changement radical de style: Je suis passé à l’orange, et porte désormais des salopettes de cette couleur.
Le but, c’est de repérer facilement les sangsues et éviter que, indétectables sur les motifs de camouflage, elles arrivent à se promener dans mon slip !
Question treillis militaire nous aimions bien les camouflages à base de points Flecktarn de la Bundeswehr (allemagne fédérale), avec ce motif qui évoque les forêts de la lointaine Europe. Et aussi la variante désert qui convient très bien à la chaleur de l’été Japonais … mais bon …. par contre essayez de repérer une sangsue se promènant la-dessus …. C’est purement impossible.
Le pratique l’emporte sur l’esthétique.
Un autre soucis c’était d’éviter des accidents lorsque je travaille dans la montagne en période de chasse. Un mouvement, et hop on pourrait être pris pour du gibier et se prendre des plombs. J’avais donc posé la question à un bucheron qui travaille dans la région. Je lui avais demande s’il recommandait d’éviter de porter des camouflages militaires et s’il valait mieux opter pour des couleurs très voyantes. Sa réponse avait plus fait que m’étonner.
Le raisonnement du bucheron: ‘en fait la plupart des chasseurs sont des gens agés. Ils ont une mauvaise vue. Ils tirent plutôt a l’oreille, dans la direction des bruits que ferait un animal dans la montagne. Plutôt qu’un pantalon orange, mieux vaut emporter avec soi une radio, et mettre la musique à fond. C’est le meilleur moyen pour éviter les accidents de chasse (et aussi éviter les ours).’
Etonnant non ?
De retour de France
Nous avons passé une dizaine de jours en France et je note ici quelques impressions. Tout ce qui suit est confus et écrit très maladroitement.
Lorsque l’on vit au Japon on est toujours surpris un peu par ce que l’on peut voir en France. Car certaines choses de la vie de tous les jours sont très différentes d’un pays l’autre. Rien de bien spécial mais en voici une liste.
La diversité et la démographie: En France j’apprécie la très grande diversité des gens et la mixité des cultures. C’est source de richesse. C’est très différent du Japon où la population est homogène et est constituée de Japonais à 97-98%. On note aussi les nombreux enfants et les nombreux bébés en France, alors qu’au Japon les enfants sont rares et la population vieille; un quart de la population a plus de 65 ans.
Un peu partout j’ai vu les villages en France s’agrandir avec de nouveaux lotissements et des pavillons en construction. Tous semblent être conçus selon les mêmes modèles. C’est moche et sans caractère. Rassurez-vous, c’est pareil ici au Japon. Globalement le monde s’enlaidit-il ? Partout aussi des supermarchés et des grandes surfacent bloquent la vue et enlaidissent le paysage. beurk ! ! !
Si je me promène dans un bois ou un jardin en France, je suis étonné par le peu de chant d’oiseaux, et d’insectes. De même je n’arrive pas à sentir la puissance de la nature, alors qu’au Japon la nature nous submerge de son énergie. Les climats ne sont pas les mêmes et c’est sans doute l’explication à cela.
La beauté des cathédrales. Après une visite à Carrefour on voit bien que le monde est vide et que la bêtise heureuse l’emplit. Mais une visite à la cathédrale de Chartres nous rappelle ce que l’homme a pu construire 800 ans avant nous. Je suis catholique non pratiquant et je me demande ce que cela peut bien signifier. Dans un sens, notre vie à la campagne est une fuite de la ville et de la société de consommation. Dans le village, la nature emplit tout de son énergie. C’est presque religieux. Je ne trouve pas cette énergie dans la campagne française, mais la cathédrale de Chartres m’indique qu’il y a un autre chemin vers la vérité et l’amour, et qu’il peut être suivi via la religion.
La civilisation du loisir, le nombre de gens en vélo ou qui se baladent dans les campagnes est phénoménal en France. D’autant que j’y étais en aout. On a l’impression trompeuse que tout le monde est en vacances et a du bon temps. Le Japon par contre fourmille sans interruption, à part pour « O-bon » et le nouvel an. On a l’impression de deux conceptions qui s’opposent, ceux qui vivent et travaillent pour s’éclater pendant les vacances et ceux qui vivent et travaillent tout simplement.
Nous avions laissé dans le jardin de la maison familiale un petit jeu de badminton. Constitué de deux tuyaux métalliques et d’un filet. Le tout d’assez mauvaise qualité, produit Décathlon. Un truc à 20 Euros maximum. Eh bien un passant s’est servi et l’a emporté avec lui.
Choc aussi bien pour nous que pour la famille en France car c’est une violation de la propriété privée. Pour nous du japon ça nous rafraichit la mémoire sur le chapardage permanent qui sévit en France. Au Japon il y a peu de délinquance, le crime en général est organisé et se focalise sur le gros business. A la maison je laisse voiture et camionnette portes ouvertes et l’entrée de mon atelier où il y a facilement pour 4 mille euros d’outils est sans serrure.
Par contre, si la délinquance est présente partout en France nous au village nous subissons les razzias quotidiennes des chevreuils
Typhon numéro 11
Ah donc ce serait le onzième typhon cette année ? Celui-ci passe dans la région, traverse le Japon dans un axe sud nord, à hauteur de Shikoku.
De fait il pleut énormément. Toute la nuit.

Au matin la rivière qui traverse le hameau et longe notre jardin est déchainée. D’habitude un si calme cours d’eau que Minou traverse pour aller se promener en forêt. Et transformé en torrent d’eau et de terre. C’est très impressionnant. La force des éléments !
Heureusement dans le village pas de dégât.
4:30 du matin
Les photos datent d’un mois déjà. De juin.
Avant les premières chaleurs de juillet. Oui les photos et cette promenade c’était le 10 juin. Je m’étais réveillé très tôt, par hasard, à 4 heures trente, au moment du lever du jour.
Une belle promenade donc. En marchant de la maison vers le fond de la vallée. C’est l’une de mes promenades préférées ici. On monte jusqu’à un très joli hameau. Il y a de belles maisons, dispersées le long de la rivière. Des maisons sont plus anciennes que d’autres, mais elles se fondent admirablement avec le paysage des montagnes et des forêts.
On voit qu’à une certaine époque on vivait pleinement en harmonie avec la nature. Certaines maisons se fondent dans la forêt et ne font qu’un.
Plus loin en continuant de suivre la route qui monte on remarque des élevages de poulets désaffectés et détruits. Il y a un temps les oeufs des poules étaient d’or. L’affaire devait marcher et rapporter des sous. Le rapport avec la nature évoluait, avec l’établissement d’une économie d’extraction … des oeufs de poule. Tout cela a périclité.
Plus loin encore les ombres des dernières maisons. Sans doute les charbonniers ou les bûcherons y vivaient encore il y a 40 ou 50 ans ! L’homme s’est retranché plus bas dans le village, laissant derrière lui toutes ces vieilles épaves et des tas d’ordures.
La nature elle est toujours là. Ici deux cryptomères, plantés de main d’homme pour faire des poteaux électriques, sont encore debout.
Leurs congénères autour d’eux se sont effondrés ou brisés, et l’on voit la forêt se régénérer dans ce qui apparait un fouillis et qui en réalité est un message d’espoir.
Visite en ville (Kobé)
On est allés passer le week end dernier à Kobé. Un million et demi d’habitants. La ville est idéalement située entre la montagne et la mer, a une histoire riche et est assez cosmopolite. C’est une ville agréable, riche, on dirait vraiment Tokyo … en plus petit. Sans doute parmi les villes japonaises les plus agréables.
Si je résume, visiter une ville comme Kobé nous stimule, nous amuse, et nous vide.
La beauté et la laideur se côtoient. Il y a beaucoup de choses étonnantes et humoristiques. De très belles choses artistiques aussi … On n’a pas forcement tout ça dans nos montagnes.
Petite sélection des choses vues en moins de 24 heures….
The Best; une statue monumentale du robot Tetsujin numéro 28. La statue a été élevée pour marquer la reconstruction de la ville après le terrible séisme qui l’a dévastée en 1995.
On a vu aussi une superbe expo consacrée au sculpteur Katsura Funakoshi, au musée régional de Hyogo. A ne pas manquer. Le musée lui-même vaut le détour. Il a été conçu par Tadao Ando le célébrissime architecte.
Devant le musée, et sa face imposante, une statue gigantesque par Yanobé. Il semble que Yanobé ait changé de style. Auparavant il concevait des robots géants, des scaphandres, des sous marins, le tout équipé de masques à gaz. Il avait même visité Tchernobyl avec ses tenues caoutchouc jaunes apocalyptiques. Il y avait le thème récurrent du robot, de la catastrophe, de l’espace et de l’atome fou.
Depuis bien sûr, l’apocalypse s’est rapproché et est devenu une réalité palpable avec la catastrophe de Fukushima. Donc là cette sculpture monumentale est différente. Elle est d’ailleurs plutôt porteuse d’espoir. Et en plus on peut regarder sous sa jupe.
Un jardin d’enfant avec une girafe enchainée.
Des HLM municipaux annoncent la couleur avec la liste systématique des apparts.
Des containers à louer au mois pour entreposer des choses dont on n’a pas besoin.
Baseball, l’équipe Orix Buffaloes contre Softbank Hawks. Le stade est presque plein. On sent la ferveur populaire. C’est comme une grande fête.
Les supporters sont très bien organisés. Je crois que sous le soleil à gesticuler ils dépensent plus de calories que les joueurs.
Et Kumiko la vendeuse de bière.
Côté politique, une représentante du parti de la réalisation du bonheur. Sans doute le bonheur des dentistes ? Tout un programme en tout cas.
Et le représentant du parti politique dépendant de la secte bouddhiste Sôka, allié au parti libéral démocrate au pouvoir, lequel pousse pour le redémarrage des centrales nucléaires et la modification de la constitution pour permettre des opérations militaires extérieures. Allez comprendre ! Mais non il n’y a pas de morale en politique et comme l’a écrit Jules César dans la Guerre des Gaules; si c’est pour régner, tous les moyens sont bons. Sur la photo; le vénérable politique est entouré d’affiches pour des détectives privés; fugue, disparition, adultère, mise sur écoute discrète ou bien photographie en cachette, disparition d’animaux de compagnie etc …
Visite chez le président (et les samourais)
Lundi soir, 17:30, je débarque à l’improviste chez mon ami S. J’apporte un maxi pack de 24 canettes de bière.
– Pourquoi tu amènes toute cette bière ?
– Tu sais, quand on rend visite à un président ou à un roi, on apporte toujours un présent.
– Ah Ah (jeu de mots avec le terme 大統領 président, ou le premier caractère signifie grand.) moi je suis un petit 統領 !
– En l’occurrence, je rends visite au roi de la montagne !
(silence et première bière).
On parle de plein de petites choses. Ça faisait longtemps, trois semaines, qu’on s’était pas vus.
Je me souviens que S. avait expliqué que son ancêtre était venu de Okayama (100 km d’ici) et s’était installé dans le village pour être garde frontière. Il y a 200 ans de ça.
– Dis, devant ta maison, du cote de la route il y a une pierre qui marque une ancienne frontière. C’est donc ici que travaillait ton ancêtre ?
– Eh oui !
S’ensuit une conversation ou j’essaye de comprendre la frontière entre quoi et quoi … je comprends pas très bien. L’alcool n’aide pas. Mais en tout cas l’ancêtre vérifiait bien qui tentait d’entrer dans le territoire et s’il y avait tous les ausweis nécessaires pour laisser passer les visiteurs. C’était le Japon d’avant Schengen en quelque sorte…
– S. tu sais, le grand père de mon père portait encore le sabre !
– T’as pas des photos de ça ?
– Ah ben non ah ah ! D’ailleurs je crois qu’on avait encore son sabre. Je ne sais plus où il est. Quand j’étais petit, je me souviens que je jouais souvent avec sa lance.
Ce qui est intéressant de noter, c’est que le nom de famille de S., qui est très peu répandu est le même que le guerrier Miyamoto Musashi, célébrissime guerrier du 17e siècle, qui a inspiré moult romans, films, dessin animés ou bande dessinées.
Si vous êtes dans le manga, vous avez sans doute lu la série Vagabond, qui est Musashi:




























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