Catégorie: la nature

Fleurs et pommes de terre

Mes rangs de patates ressemblent à un champ de fleurs

C’est comme ça, la permaculture ?
Ne pas s’enquiquiner à retirer toutes les (mauvaises ?) herbes ?
Distraire les insectes avec des fleurs; et pleins d’autres choses à manger. Pour le plaisir des abeilles aussi…
Par contre il est assez difficile pour les grenouilles de se cacher dans le champ. Je vais ajouter quelques grosses pierres pour leur servir d’abri. Les grenouilles pourraient se nourrir de ces insectes indésirables qui dévorent nos brocolis ?
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Les Ours

Dans le kairan, les messages que l’ont se passe de maison en maison dans le village, un pamphlet nous avertit du danger des ours, qui s’éveillent de leur période d’hibernation et risquent de s’haventurer sur les chemins de montagne à proximité du village, voire dans le village même.

Le pamphlet prodigue quelques conseils en cas de rencontre impromptue avec l’animal, ainsi que des précautions à prendre, comme éviter de laisser des restes de pique nique en montagne etc..

Il décrit aussi l’animal et explique lesquels de ses sens sont les plus développés etc … c’est vraiment bien fait.

A propos, le sac à dos de notre fils est équipé d’une grosse clochette, histoire d’avertir les ours de sa présence sur les chemins de l’école.

Pour ce qui concerne l’espèce d’ours en question, il s’agit du Tsukinowaguma, soit Ursus thibetanus, ou Ours Noir d’Asie, l’une des deux espèces d’ours qui vivent au Japon.

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La couleuvre

Je travaille dans le champ à côté quand j’aperçois une silhouette serpentine se faufiler sous la porte grand ouverte du garage. panique ! j’appelle ma femme et alerte tous les voisins du hameau c’est sûr.

L’ombre du serpent est longue et fine, ce qui laisse à penser qu’il ne s’agit pas d’une vipère mais d’une espèce plus sympathique, une couleuvre.
Ma femme arrivée en renfort, nous nous aventurons dans le garage pour trouver là où se cache l’intrus, ça n’est pas facile dans un tel capharnaum. On la trouve qui progresse sous l’etabli, vers le fond de la pièce. J’ai pris un baton assez long et je propose à ma femme de l’écraser sur l’animal, mais elle explique que les couleuvres sont des mamorigami, soit un dieu protecteur qui protège les maisons. ah dans ce cas … touche pas à mon dieu … en tout cas un examen plus précis de la bête nous confirme qu’il s’agit bien d’une couleuvre.
Elle se cache derriere des étagères. nous nous armons de filets à papillons dans l’espoir de l’attraper et de la sortir dehors.
Dissimulée, elle sort à peine sa tete de derriere un meuble. Silences.
On vide et déplace le meuble en vitesse et hourrah ! la couleuvre reprend le chemin de dehors. Pour la convaincre de fuir je tappe avec le baton derrière elle; elle finit par sortir du garage.
Elle n’est pas aggressive. Elle ne nous « cherche » pas. Elle cherche plutot des grenouilles ….
Elle continue son chemin jusque sous le engawa du hanare, j’essaie de l’en dissuader avec mon baton, mais elle n’écoute pas mon baton; elle finit par s’infiltrer dans les fondations en terre battue et disparait donc sous le hanare …. eh bien nous lui souhaitons bon appétit !
Quelques jours plus tard nous racontons l’événement à une voisine qui nous explique que lorsqu’elle avait fait démolir un ancien grenier à riz il y a une vingtaine d’années pour y construire sa maison, on y avait découvert une couleuvre qui s’y était établie. La couleuvre était le dieu protecteur du grenier à riz, le mamorigami. Et la voisine va au fond de la logique en continuant que celle qui a visité notre garage est sans doute sa descendence.
couleuvre

la couleuvre dans le garage

 

 

la couleuvre se faufile sous le hanare

 

 

 

Les premières grenouilles

Nous allons visiter un grand sanctuaire shintô, Iwajinja, à une quinzaine de kilomètres.
Le sanctuaire est situé au bord de la route 29 qui relie Himeji à Tottori. Il est entouré d’une belle forêt de cryptomères géants multicentenaires.
Pour accéder au sanctuaire, sur quelques centaines de mètres, on admire d’abord les arbres et c’est comme une première purification.
Les bâtiments du sanctuaires sont pas mal. Sous un préhaut de belles peintures gravées sur bois relatent des faits de guerre de jadis. Ca jette.
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Ceci dit, ce qui finit par nous intéresser le plus, c’est les premières grenouilles de l’année, que nous découvrons dans les sous bois du sanctuaire:

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Nihon Amagaeru

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Nihon Amagaeru

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Tonosamagaeru

Calcifer – portrait

Calcifer, c’est notre poêle à bois. Il nous a bien aidé pour passer l’hiver au chaud. Il nous a aussi donné beaucoup de travail, pour aller trouver le bois dont il est si friand. On peut parler de transfert d’énergie. Ma sueur pour aller chercher le bois; le couper; le ranger etc … et le travail des forêts et du soleil et de la pluie pour faire pousser les arbres … tout celà pour que nous n’ayons pas froid.

Aujourd’hui en ce début mai il fait frais; et nous réveillons Calcifer et lui offrons quelques bûches.

Sacré Calcifer ! Il fallait bien que je le dessine et que j’en fasse le portrait; pour vous le présenter.

dessin de calcifer

Le plan du jardin

Pour moi c’est une première fois et m’occuper du jardin me passionne.

L’été dernier nous n’avions guère le temps de chipoter car nous étions trop occupés par les travaux de la maison. Aussi avais-je planté quelques graines à peine, un trou dans la terre, on fait tomber une graine, on referme d’un coup de botte, sans aucune préparation du terrain.

Cette fois-ci j’ai pris la peine de labourer le champ au préalable. J’ai tracé des chemins et des zones de culture, ramenant la terre des chemins sur les zones de cultures afin d’avoir une couche d’humus plus épaisse.

Il faut dire que les conditions au départ sont défavorables. Le champ n’a pas été cultivé pendant X années. Et il s’agit d’une ancienne rizière: une couche de pierre a été installée par les ancètres à 30 ou 40 cm de profondeur afin de rendre le sol imperméable.

Si je m’applique à labourer et à faire des delimitations, j’évite l’usage de tout engrais. Une raison de ce refus et que cela comporte le risque d’amener des parties radioactives …; imaginez que l’engrais ait été produit dans une région fortement contaminée par la catastrophe de Fukushima ou bien encore qu’un des ingrédients de l’engrai provienne d’un tel endroit. Bien entendu la tracabilité des engrais est à démontrer.

Comme la vie et la nature ne sont pas droites j’évite de faire des rangs comme à l’armée. Je préfère former des petites îles; carrèes; rectangulaires; ou carrément rondes et d’y planter ce que bon me semble. En gros il n’y a aucun planning. Je mélange les fraises et les piments sur le même carré sans savoir si c’est bon ou mauvais pour la croissance des plantes. A la gràce de Dieu.

La maison est adjacente au jardin côté Sud. Je fais donc une zone demilitarisée ou je ne planterai rien:

cette zone est sous l’ombre de la maison, donc rien n’y pousserait bien.

je préfère ques les insectes soient un peu éloignées de la maison.

Par contre l’improvisation totale a un inconvénient. Il est plus difficile de se rappeller ce que j’ai planté et où. D’où la nécessité d’un plan comme celui-ci où je note les noms des légumes et des fleurs que j’ai plantés.

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Comme légumes japonais je fais des daikons et des haricots noirs.

Petite folie, j’essaie de faire pousser des artichauts, qui n’existent pas ici.

Salamandre

L’écosystème et l’escalier

Le mur derrière la maison. Un tas de bois datant de 10 ans au moins le protégeait du regard. L’hiver et le chauffage au bois aidant le tas de bois a diminué.

Le mur a l’âge de la maison. Il est en terre battue, apposée sur un treillis fait de bambou. De méchantes plantes de bois le protégeaient à moitié du tas de bois. Le tas de bois, mélange de branches de cyprès idéales pour commencer le feu, de vielles planches de bois, et des morceaux de pin qui avaient du servir à chauffer l’eau du bain jadis.

L’endroit coincé sous un préhaut est sombre; humide. Je n’étais jamais vraiment rassuré lorsque la nuit j’allais y chercher du bois pour alimenter Calcifer notre poêle à bois. J’avais l’impression à la fois d’être observé par des animaux et d’être à la frontière d’un monde parallèle (mais par nécessairement hostile).

Finalement nous dégageons tout le tas de bois pour faire réparer le mur. Il aurait fallu une autre année à Calcifer pour en venir à bout, et nous voulons fermer les autoroutes à scolopendres avant l’été.

Et nous avons quelques surprises.

1 une petite colonie de termites s’est installées entre des planches au milieu du tas de bois. Impressionnant de voir ces êtres redoutables, blancs, silencieux. La colonie heureusement est limitée à quelques planches. Je jette les termites à la rivière avant d’aller brûler le bois derrière les montagnes. Holocauste.
2 le reste du squelette du chat dont nous avons parlé plus tôt. On voit les deux omoplates et des vertèbres. Le chat est il mort ici silencieusement ou le renard l’a-t-il mangé ?
3 et puis, sur le mur de terre battue, enfin dégagé des planches, de délicates structures de terre construites par de petites guêpes.

Le mur en lui même n’est pas en si mauvais état. Saki chan le charpentier du village nous dit que les murs anciens en terre battue sont très solides.
Certes il y a des trous. Pas étonnant que des animaux se promènent sous le plancher de la cuisine. Mais je m’attendais à quelque chose de bien pire.

La nature nest pas naive. Il ne faut pas la sous-estimer. Cependant même si la nature est cruelle et dure, elle n’a pas la méchanceté ni la bêtise de l’homme.

En tout cas il s’en est passé des choses; dans notre tas de bois, derrière la maison.

Une dernière remarque. Chacune de notre expérience à la campagne est crescendo. Nous sommes partis de zéro. A mesure que nous nous accoutumons à ce nouvel environnement et que nous en profitons avec plus de profondeur, viennent des événements dont nous nous serions bien passés. (le scolopendre, les insectes, un animal sous la cuisine, et ces termites, et le squelette du chat). Ce sont comme les marches d’un escalier, que nous gravissons pas à pas, les étapes d’une initiation.

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Le mur derrière la maison. Une fois le tas de bois et les planches dégagés.

nid de guèpes

Les délicats nids de guèpes sur le mur même. Les guèpes ont sans doute utilisé la terre du mur pour les faire.

Les os du chat

Le reste du fameux squelette du chat. Qui était bien caché derrière les fagots.

termites

Les termites découvertes entre des planches. Je les ai balancées dans la rivière. Mais j’ai remarqué que, le lendemain, les poissons ne les avaient pas mangées.

Fleurs

Keichitsu. Le printemps.

5 Mars.

C’est le keichitsu. 啓蟄. Le moment dans l’année; où la longitude céleste du soleil est entre 345 et 360 degrés. Le terme désigne une période donnée dans le calendrier traditionel.

Keichitsu désigne aussi le moment où les insectes s’éveillent et entrent en activité.

Revoyons nos kanjis;

  • 蟄 (chitsu) insecte en hibernation,
  • 啓(kei) dans ce contexte signifie la libération

Et effectivement la nature ne trompe pas, puisqu’aujour’hui nous voyons notre premier cafard, en promenade dans la cuisine.. celà ne nous empèche pas de garder le moral.