BD Tout Ira Bien – Dernière page publiée !

Bonjour.

Cette semaine nous avons publié la dernière page de notre bande dessinée ‘Tout Ira Bien‘, inspirée des événements de Fukushima.

Voilà c’est l’aboutissement d’un grand projet qui nous a occupé les jours pluvieux et les nuits de ces 3 dernières années !

Et comme écrit dans la dernière case, nos pensées vont aux victimes; passées, présentes et futures, des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima.

 

 

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Minou dans le doma

Récolte de yuzus

La pensée du jour

Aujourd’hui, dans un mail, F. résume très justement la situation du monde actuel.

« Quand je vois l’état du monde je me dis il faudrait que toutes ces grosses boîtes aillent se faire foutre – ce système où une partie de l’humanité chercher à consommer le plus possible au plus bas coût possible ruine toute la sagesse acquise au cours de millénaires. »

F. a entièrement raison. Je le suis à fond.

Les grosses boites, aucun intérêt. Il faut se tourner vers le vivant, la nature, l’animal, le minéral, la culture.

Et les montagnes elles aussi nous disent la vérité. Et ma tronçonneuse aussi.

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

vue de la terrasse

vue de la terrasse

vue panoramique de la terrasse:

vue panoramique de la terrasse:

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

découpe des troncs effondrés et éclaircissement

 

Des nouvelles de la montagne

Le nettoyage de la montagne prend beaucoup de temps. J’essaye de m’y attaquer à raison d’une heure par jour de week end. Mon objectif pour le moment, c’est dégager la première terrasse de la jungle compacte qui la recouvre pour commencer à y planter des arbres cet hiver au mois de janvier – février.

Quelques photos suivent.

On voit qu’il y a énormément de travail. Il faudra aussi bruler tout ce que j’ai coupé et qui bloque le sol. Beaucoup de travail et des litres de sueur en perspective.

On est aussi un peu dans l’abstrait. Je n’attends pas de retour financier ni alimentaire de l’effort. Les arbres plantés, il faudra des années pour qu’ils donnent, et les insectes et les oiseaux et tout ce qui bouge auront sans doute mangé tous les fruits avant que je les récolte !

Ne comptez pas sur moi pour mettre des produits chimiques et des insecticides. Non…

Ce sera déjà un miracle si les arbres poussent et deviennent de beaux arbres. On espère vivre assez longtemps pour voir ça.

Sans retour sur investissement, ce projet de montagne va diverger vers une entreprise spirituelle, ou artistique, ou religieuse. Toutes les possibilités sont ouvertes !

 

montagne

montagne

L’accès à la montagne est désormais dégagé. Contre les chasseurs et les mauvais esprits, une pancarte KEEP OUT. Que les chasseurs ne sauront pas lire bien entendu.

montagne

montagne

Après avoir grimpé un peu on trouve ce qui fut autrefois une terrasse où poussaient des mûriers. On aperçoit un ancien mur de pierre. pas visible sur la photo.

Les arbres à terre sont des criptomères effondrés il y a une dizaine d’années. Je les tronçonne en petites sections pour pouvoir les déplacer.

montagne

montagne

montagne

montagne

Une fois le tout dégagé je planterai des arbres fruitiers. Pour le fun. Et la gloire.

On peut continuer à monter, et le paysage change radicalement: les criptomères plantés en rangs de sardines étaient la promesse future d’un bon revenu. Autrefois.

C’est la que nous ferons un cabane dans les arbres.

montagne

montagne

montagne

montagne

Alors se posera la grosse question; comment entretenir cette forêt. Pour l’instant je n’ai pas vraiment d’idée. On verra!

Le royaume des chats et autres divagations

En continuant plus au fond de la vallée où nous vivons, il y a les ruines d’un ancien élevage de poulets. Un belle horreur de ferraille et de plastique; qu’il faudrait bulldozer, mais l’argent et le cœur manquent aux anciens propriétaires pour cela.

C’est aussi ici que l’esprit commence à divaguer et à perdre pied.

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L’homme a quitté les lieux. A partir de cet endroit, la route devient un chemin forestier. Plus loin il y a un temple abandonné et une maison tombée en ruines. Le temple a brulé il y a plusieurs années. Court-circuit électrique. Le moine est parti.

 

Dans cette zone s’opère la lente transition entre le monde de la forêt et celui des hommes. L’homme est parti mais a marqué l’endroit, avec tous les détritus qu’il a laissés. Ces détritus sont la pour longtemps.

Comme les mines antipersonnel que laissent les guerres. La forêt tente de reprendre ce qui lui a appartenu. La forêt a tout son temps.

 

Des colonies de chats ont envahi l’endroit. Ils sont un peu sauvages. Ils ont pris possession des lieux. Pour l’instant. Les ruines sont devenues le royaume des chats.

Au delà de ce poste frontière, c’est le monde de la montagne et des animaux sauvages. Chevreuils, sangliers et on peut imaginer les singes et les ours qu’on ne voit jamais. Les chats assurent la transition. Vérifient les papiers des voyageurs …

 

J’aperçois le camion d’un villageois, arrêté près de l’ancien élevage de poulets. C’est un habitué. Il vient voir les chats tous les jours. L’homme est très discret et ne veut pas que je le photographie. Les chats eux sont moins timides.

le camion et les chats

le camion et les chats

Ils sont bien mignons les chats.

chat

chat

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On peut continuer sur le chemin, vers le temple abandonné.

 

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Les chats observent le promeneur s’enfoncer dans la forêt.

 

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Celui là file dare dare vers l’ancien temple, parti dans un incendie, comme pour prévenir les dieux, ou les animaux. Ou alors les animaux sont les nouveaux dieux. Et vice versa.
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Voila la maison abandonnée, où vivait le responsable du temple. Les chats montent la garde.
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Ah; le camion aperçu tout a l’heure vient. Pour une caresse du conducteur, un petit chat se hisse sur la roue avant.

 

 

Postscriptum et dur retour à la réalité.

Lors de la saison de la chasse, me raconte une voisine, les chasseurs se précipitent en camions sur les chemins et écrasent sans honte tous les chatons qui s’y trouvent; ‘on s’en fout, il y a trop de chats‘ disent ils.

A croire que la c….. des chasseurs est universelle.

Premiers signes de l’hiver

Je suis rentré au village hier dans la nuit après une semaine aux US pour le job, et pour me ressourcer, recharger mes batteries vidées, ce matin, je vais faire un tour. On habite à la campagne mais grâce aux shinkansens japonais l’aéroport de Narita n’est pas si loin, et de là, le monde entier.

En marchant ce matin on s’intéresse aux changements des saisons. On observe le mûrissement de l’automne et les premiers signes de l’hiver.

Cette petite promenade d’une heure à peine va dégénérer lorsque arrivé au fond de la vallée je m’intéresserai aux colonies de chats qui y règnent en maîtres. (Les chats; ce sera pour un deuxième article).

Dès le début la beauté des légumes de monsieur T. me frappe.

Les légumes de monsieur T

Les légumes de monsieur T

 

Les légumes de monsieur T

Les légumes de monsieur T

 

 

 

la forêt et les lumières

la forêt et les lumières

A la sortie du hameau la lumière d’automne et les forets de criptomères.

un crabe sur la route

un crabe sur la route

Il a plu la veille et comme toujours dans ce cas il y a des petits crabes de rivière qui se promènent; un peu partout.

 

 

le kuntan

le kuntan

 

un voisin a mis du kuntan sur les futurs rangs de légumes de son potager. 薫炭=くんたん kuntan est produit par la combustion partielle de la glume des graines de riz.

 

pilule bleue ou rouge ?

pilule bleue ou rouge ?

Et comme dans matrix on se pose la question; prendre le pilule bleue ou la rouge ?

Le chauffage au bois en sept points

Se chauffer exclusivement au bois comme nous a des implications nombreuses et évidentes. Tentons de les décrire ici, en sept points.

1) Il faut un poêle à bois ou une cheminée. 🙂 Les cheminées en tant que telles sont des constructions illégales au Japon. (séisme) Au Japon faire installer un poêle a bois est onéreux. C’est donc un investissement conséquent. C’est un engagement financier, et aussi un engagement en temps et en travail.

2) Le chauffage au bois c’est opter pour un modèle économique alternatif.

3) Se chauffer au bois implique d’apprendre à allumer un feu. On peut toujours s’amuser avec cela. « Essayer d’allumer un feu avec une seule allumette ». Se chauffer au bois c’est en effet l’occasion d’apprendre beaucoup de choses differentes et de maitriser plusieurs skills.

4) Il faut également se procurer du bois. Et avoir un plan, pour stocker idéalement assez de bois pour deux années de chauffage.

Jusque là je me suis fourni en bois de multiples façons:

4.1) Récupération du bois de deux anciennes maisons détruites. La première fois la maison qu’un voisin du village a faite raser, la deuxième l’ancien hanare qui était dans notre jardin et qu’on a fait détruire. Dans ce cas le bois est très sec. Par contre il est plein de clous et d’autres objets métalliques. Il faut séparer les clous des cendres si l’on veut réutiliser les cendres dans le jardin. Et puis, il faut tronçonner et fendre le bois soi même. Un seul clou et hop, la chaine de la tronçonneuse est niquée, il faut donc être vigilant!

4.2) Quand on a sa propre foret on peut aller se servir tout seul, récupérer du bois mort ou encore couper des arbres. C’est ce que je ferai avec ma montagne. Mais c’est un effort physique considérable, que de descendre du bois de la montagne,  sans utiliser d’engins mécaniques.

4.3) Acheter le bois. Au Japon le bois de chauffage est assez onéreux. Il faut avoir des connexions et des amis auprès desquels on peut acheter du bois à bon prix.

4.4) Il faut aussi être constamment à la recherche d’opportunités. Madame machin, 92 ans, veut se débarrasser de son marronnier dans son jardin ? Alors allons l’aider et coupons-le.

Cette activité de recherche du bois a une conséquence sociale et économique. On apporte du business aux amis, plutôt qu’a Kansai Electric Co. Voila un cercle vertueux. Je préfère donner mes sous à mon voisin qui a du bois plutôt qu’au EDF local.

Par contre on n’économise par forcement des sous. Le Japon n’est pas le Canada.

5) Tout cela, c’est BEAUCOUP de travail. Beaucoup de Travail = Beaucoup de temps.

Un travail physique, dont le résultat est visible et immédiat. Voir le tas de bois grossir et emplir l’abri bois, c’est gratifiant. Fendre les buches, d’un beau coup de hache qui fait mouche, c’est beau aussi. C’est un art. Cela implique la maitrise de la hache, et de certains gestes.

Dans tous les cas c’est un travail qui donne chaud, le bois nous réchauffe donc à plusieurs reprises. Lors de son transport, de sa préparation et de son stockage. Et finalement à la maison l’hiver le soir, devant le poêle à bois. Thoreau a déjà décrit celà.

6) Il faut pouvoir stocker le bois et le garder dans de bonnes conditions de séchage et d’aération. J’ai construit deux abris bois. Et suis sur le point de considérer la construction d’un troisième.

Abri bois principal

 

abri bois

abri bois

Deuxième abri bois. construit devant la maison de la voisine.

abri bois 2

Pour les bricolos néophytes comme moi construire des abris bois est une excellente expérience. Fort de cette expérience, je pourrai, plus tard, construire des cabanes, sans grand problème je pense. Les principes sont les mêmes.

 

J’ai récemment mis la main sur ce nouveau stock de bois, maintenant sous un abri provisoire. les deux autres abris sont pleins à l’heure actuelle.

 

abri bois 3

abri bois 3

7) En dehors de ces considérations pratiques, il y a une dimension  spirituelle qu’on ne peut oublier et qui dépasse même toutes les précédentes.

7.1) D’abord, ce contact permanent avec le bois. Cette matière qui est belle aussi bien morte que vivante. Le contact avec le bois est en toute occasion agréable et procure satisfaction.

7.2) Ensuite le travail physique qui est nécessaire. Ce travail, fondamental, primordial, me rattache a l’humanité, qui pendant des millénaires a effectué les mêmes gestes, et ce, jusqu’à l’apparition du chauffage au gaz ou au fioul. C’est enracinant, en quelque sorte. Le soucis d’avoir assez de bois pour chauffer la maison nous rappelle aussi à un autre mode de vie, où tout n’est pas disponible au bout d’une prise de courant ou d’un interrupteur.

7.3) Il y a finalement le feu. Le foyer. Allumé, le poêle à bois s’anime et devient comme une nouvelle présence a la maison. Comme un dieu protecteur et destructeur. On est moins seul.

Quick update on the webcomic Everything will be fine (English Version)

Just a FYI to our English speaking followers (thank you). We started to publish the English version of our webcomic !

The title in English is « Everything will be fine ».

The comic is an alegory inspired from the events that followed the nuclear crisis that hit Japan and Fukushima in March 2011. It happens in a fantastic world, a mix of medieval world with giant insects, pig, rats and humans. It is a fable more than anything else.

Though in a fantastic world, the events and the story line are all about what happens in the aftermath of a nuclear accident, like Fukushima or Tchernobyl.

Link to the English version : http://wakametamago.wordpress.com

Link to the French version: http://toutirabien.me

 

Thank you 🙂

everything will be fine title

everything will be fine title

Moissonneuse transformée en Gundam (2)

Encore un essai car le premier ne faisait pas vraiment gundam !

Cette fois ci avec une moissonneuse à riz ISEKI … et le nom du produit ? Frontier Fighter.

Si les gens du marketing de ISEKI n’avaient pas Gundam en tête quand ils ont choisi ce nom ….

Voila.

moissonneuse riz frontline fighter

moissonneuse riz frontline fighter

 

Et le tout transformé en Gundam !

 

moissonneuse Gundam

moissonneuse Gundam