Montagne – suite et fin pour 2014

J’ai fini de passer la débroussailleuse sur toute la terrasse située au pied de la montagne. On peut désormais avancer sur la terrasse dans toute sa longueur.

Il reste encore une bonne dizaine d’arbres effondrés, qu’il faudra tronçonner et dégager. Donc encore beaucoup de travail, et chaque fois que je redescends de la montagne, il y a plus de travail à réaliser, que lorsque j’y suis monté !

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Point culminant des efforts de ces trois derniers mois, j’ai planté ce matin le premier arbre. Un figuier.

Planter des arbres. Quand on voit l’actualité et tous ces événements inspirés par l’obscurantisme et la bêtise … l’homme ferait mieux de se taire et de planter des arbres…

Sur ce sujet, il y a le magnifique dessin animé de Frédéric Bach. Inspiré du récit de Jean Giono.

L’homme qui plantait des arbres. Youtube.

 

Dans la montagne et le village on ne peut ignorer la présence et l’appétit des chevreuils. Et d’autres animaux.

Si l’on veut que le figuier pousse et éviter que les chevreuils n’en dévorent l’écorce et les feuilles il faut le protéger. Je n’y vais pas par quatre chemins et protège l’arbre avec des treillis d’acier. Avec quatre je fais une grande cage, haute de 1.8 mètre. Le tout est fixé au sol avec des barres de fer.

Normalement celà devrait même décourager d’hypothétiques girafes mais il ne fait pas sous-estimer les animaux de la montagne.

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Mochi tsuki et alcool vipèrine

Comme l’année dernière des voisins nous invitent à faire le mochitsuki avec eux.

On cuit à la vapeur du riz gluant, puis on le malaxe et on le frappe dans un mortier. C’est une coutume répandue dans tout le pays (as far as I know).

On en avait parlé l’année dernière dans cet article.

Aujourd’hui il fait beau, et notre voisin nous fait déguster entre chaque mochi, des sakés  qui sont faits dans le village.

Nous passons un bien bon moment. L’excitation et les rires culminent lorsque, de derrière les fagots, surgisse une bouteille d’alcool dans laquelle macère une vipère depuis 7 ans.

On goûte, sans oublier de faire le rapprochement avec le fameux épisode des Bronzés font du ski.

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Nature morte à la tronçonneuse

Il pleut aujourd’hui, et hier on n’avait pas la pèche. Donc repos.

On en profite pour nettoyer la tronçonneuse, et en changer la chaine. J’avais aussi mis de côté des glands et des marrons, glanés le long des chemins, je vais tenter de les faire germer.

Pour, plus tard, les planter dans notre petite montagne.

De ces quelques instants paisibles on obtient cette nature morte à la tronçonneuse.

On voudrait, à la façon des grands maîtres hollandais.

 

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Cryptomère de Noël

Voilà encore un bon moment.

S. notre ami est charpentier et il se prépare à construire une maison pour un de ses clients. Il lui manque quelques pièces de bois et part dans les forêts à la sortie du village, pour y couper des cryptomères.

Je demande à l’accompagner.

Arrivés sur place on commence par prendre un bon café. Il ne fait pas très froid. La forêt est silencieuse. Quelques oiseaux.

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Toute cette montagne a été plantée de cryptomères il y a 40 ans. A l’époque on comptait, au bout de 20 ans, les revendre pour la production de poteaux électriques.

Aujourd’hui au Japon tous les poteaux sont réalisés en béton.

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Dans le camion keitora, tout est prêt. Deux tronçonneuses, une masse, deux coins, une petite hache, et de l’huile et de l’essence.

Noter, derrière la cabine du conducteur, les serpes et hachettes, rangées entre la vitre et les barres métalliques. C’est à ceci que l’on reconnait les vrais campagnards ici.

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Cryptomère, un arbre qui pousse vite et droit !

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Je regarde l’ami au travail.

 

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On prend son temps. Une pause entre chaque arbre.

Il n’y a pas beaucoup de charpentiers qui comme S. savent couper les arbres et les descendre de la montagne.

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D’un des arbres abattus, je récupère la cime. Il décorera l’entrée de la maison pour les fêtes de fin d’année.

 

Eponges végétales

Le mois dernier notre fils est rentré de l’école avec un grand sac chargé d’éponges végétales.

Les enfants avaient fabriqué des éponges, avec des courges héchima, pendant un cours de travaux pratiques.

Héchima 糸瓜 Luffa cylindrica

Wikipédia traduit héchima: courge éponge. Cette plante existe-t-elle en France ?

J’ignorais que l’on pouvait faire des éponges à partir de ces cucurbitacées. Interrogé à ce sujet un habitant du village me raconte qu’autrefois; les gens fabriquaient les éponges ainsi et s’en servaient toute l’année.

L’ingéniosité des anciens ne cesse de m’étonner. Pour moi une éponge c’est une chose poreuse et synthétique, qui est jaune ou verte et qu’on achète au supermarché. On ne sait pas comment c’est fait et on préfère presque ne pas le savoir. Comme quoi il y a comme une régression; un rétrécissement de la connaissance et une dépendance accrue vis à vis des produits tout fait.

Mais en réalité on peut faire ses propres éponges; il faut pour celà récolter des héchima, les couper; les faire bouillir; leur chair va fondre et on obtient des éponges. Tout simple.

Intéressant, non ?

éponge faite avec une héchima

éponge faite avec une héchima

éponge faite avec une héchima

éponge faite avec une héchima

 

 

Minou et le sapin de Noël

Noël est proche. On fait ce qu’on peut, avec ce qu’on a: notre sapin de Noël est en plastique.

Une relique de notre vie citadine à Tokyo (où tout est en plastique).

C’est en tout cas l’occasion pour nous de vous souhaiter avec quelques jours d’avance d’excellentes fêtes de fin d’année et un Joyeux Noël !

chat et sapin de noel

chat et sapin de noel

 

 

 

Le cerisier éléphant

En explorant un chemin qui part dans la forêt je découvre une magnifique clairière, au bout de laquelle de vieilles tombes sommeillent. Ca n’est pas le cimetière principal du village. Il n’y a que quelques tombes.

C’est un lieu de paix. Le chant des oiseaux. Le calme humide de la forêt. On est totalement avec la nature. Les ancêtres qui reposent ici sont privilégiés. On les envierait presque.

Au pied des tombes s’étend dans un grand creux, une fosse: un ancien champ de théiers.

Là, un immense cerisier est effondré. Des ronces et la jungle un peu partout.

Plus tard je vais voir le chef du village. Et m’enquiers de cet arbre. Il est tombé, tout seul apparemment. Après vérifications je décide de récupérer le bois du cerisier dont Calcifer, notre poêle à bois, sera friand.

Voilà une entreprise un peu ardue pour mon niveau et mon expérience somme toute encore limités.

Il faut:

descendre dans la fosse,

dégager les criptomères effondrés et les ronces qui bloquent le passage,

atteindre le cerisier; tronçonner.

porter le bois jusqu’au chemin;

charger la brouette,

descendre la brouette sur cinquante mètres;

décharger tout;

et ensuite tout ranger dans le camion.

C’est beaucoup de travail, mais comme on voit à chaque nouveau projet, il suffit de chercher le meilleur angle d’attaque et d’y aller, tranquillement; et en faisant attention à ne pas se blesser. A partir de ce point là, il n’y a pas vraiment de risque. Il suffit d’y aller.

Le travail est intense et très agréable. Le cerisier est beaucoup plus grand que je ne l’avais imaginé. Et le bois, bien qu’un peu humide, est en excellent état.

A tronçonner cet arbre géant, j’observe et apprends sa structure. On peut imaginer comment il se dressait et emplissait la clairière de son énergie, avant qu’il ne tombe. Ses branches, énormes, font penser aux pattes d’un éléphant qui se serait échoué ici dans les bois. Je découpe les morceaux de bois avec respect et reconnaissance. A plusieurs reprises d’ailleurs je m’entends dire merci.

Je me dis que ce bois que je vais finir par brûler je le vole à la forêt car sans mon intervention il serait lentement retourné à la terre et aurait nourri des millions de petites bestioles et aurait embelli la forêt une nouvelle fois, de son énergie.

Il s’agit là d’un réel transfert d’énergie. L’énergie de l’arbre que le temps et les champignons et la terre auraient lentement absorbée; je la prends; la mets dans mon camion et Calcifer le poêle à bois nous la restituera sous forme de chaleur.

Les tronçons que je tronçonne. Je pense à ces images abominables des trafiquants d’ivoire (et le roi d’Espagne aussi)  qui massacrent les pachydermes.

Pourquoi l’arbre, éléphant de la forêt, est-il tombé ? Suis-je dans le cimetière des éléphants ?

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Là, deux des six jizos qui marquent l’entrée du cimetière. A leur pied, le cerisier éléphant.

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C’était un cerisier géant.

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que ma tronçonneuse démembre.

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et que je charge dans la brouette bleue.

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Le camion Keitora est plein, bien au delà de sa limite de 350kg.

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Et on range le bois, sous un abri provisoire. Le temps d’agrandir l’abri bois …

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BD Tout Ira Bien – Dernière page publiée !

Bonjour.

Cette semaine nous avons publié la dernière page de notre bande dessinée ‘Tout Ira Bien‘, inspirée des événements de Fukushima.

Voilà c’est l’aboutissement d’un grand projet qui nous a occupé les jours pluvieux et les nuits de ces 3 dernières années !

Et comme écrit dans la dernière case, nos pensées vont aux victimes; passées, présentes et futures, des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima.

 

 

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Minou dans le doma

Récolte de yuzus