Catégorie: photos
Minou et la couleuvre
Ce soir Minou débusque une couleuvre qui sommeillait sous les pierres dans le jardin. C’est là que l’on peut trouver plein de grenouilles et l’on comprend pourquoi la couleuvre a choisi cet endroit.
La couleuvre se sauve vers la rivière et Minou la suit.
S’ensuit une confrontation silencieuse entre les deux.
Pas de bagarre chez nous donc je descends dans la rivière pour séparer les deux protagonistes.
Visite de Kristophe Noel
Aujourd’hui Kristophe Noel nous a rendu visite au village. Kristophe vit en France et est photographe. Il travaille sur un projet d’exposition autour du lien entre l’homme et la terre. En fait, Kristophe nous avait contacté il y a quelques mois, après avoir pris connaissance de ce blog.
Vous pouvez consulter son site ici. Une description de son projet sur la terre.
Kristophe souhaitait rencontrer des habitants du village qui travaillent la terre ou ont un lien avec celle-ci.
Le projet de Kristophe nous intéresse beaucoup: La terre est la fondation de nos civilisations sédentaires, et c’est un point commun, universel entre la France et le Japon. Le sujet de la terre nous passionne: nous sommes conscients que l’agriculteur est le véhicule de notre civilisation; de ses fondamentaux, et cependant nos sociétés ont abandonné l’agriculteur, et s’en sont désintéressé. Il n’est plus au centre de nos préoccupations. D’ailleurs l’agriculteur lui-même pour la plupart a été transformé, mécanisé; vidé de sa signification; et désormais on le nomme exploitant agricole. Mais il faut aller à contre-courrant et s’intéresser à l’agriculteur. Car nous avons beaucoup à apprendre de lui.
Pour nous aussi c’est l’occasion de présenter des habitants du villages et peut-être; de les faire participer à une exposition photo. C’est aussi une façon de leur dire que nous les apprécions et que leur histoire vaut la peine d’être connue.
A son arrivée Kristophe nous montre le book des photos d’agriculteurs avec qui il a travaillé en France. Les photos sont superbes, authentiques et très touchantes.
Puis nous l’accompagnons et lui présentons quelques agriculteurs du village contactés à l’avance. Les gens que nous allons visiter nous accueillent chaleureusement. Ils sont aussi étonnés et surpris. Ca n’est pas tout les jours qu’un photographe français vient les voir, s’intéresse à leur vie et leur histoire, et leur pose questions sur questions. Kristophe parle Japonais, et la communication est très facile.
La journée passe très vite. Ce sont de beaux moments, rares.

Kristophe commence d’accord par présenter son projet. Ici, il montre à monsieur O. le book des photos qu’il a prises en travaillant avec des agriculteurs français.
Les gens nous parlent de leur vie. Ils nous montrent leurs champs et leur tracteurs.
Minou et le keitora
Minou a découvert une nouvelle cachette en le keitora (camion utilitaire de petite cylindrée que tout le monde utilise dans les campagnes ici au Japon).
De la plateforme du camion elle peut observer les environs en toute sécurité. Une super cachette donc…
Minou dans la montagne (3)
Un crâne de chevreuil et rêveries
Ce matin je vais faire un petit tour, histoire de faire une pause dans mon travail sur ordinateur. Je marche au pied de notre petite montagne … aperçois une forme blanche.
Après vérification en effet c’est bel et bien le crâne d’un chevreuil. C’est juste au bord de la route, mais dissimulé dans la végétation.
Il est très beau et serait un magnifique ajout au pare-choc de notre camion.
Quelques réflexions s’invitent. Attention, ça va délirer sec.
Ces os blanchis par la pluie et le temps sont l’empreinte minéralisée des animaux sauvages. Ils vivent autour de nous dans le même espace, mais pas dans les mêmes zones horaires. Je suis diurne. mais les chevreuils sont plutot actifs la nuit. C’est au crépuscule qu’ils s’approchent du village et pénètrent les potagers, alors que tout le village est devant sa TV, son ordinateur ou sa playstation. On peut donc penser à des mondes parallèles qui se superposent, et rarement se croisent.
Les ossements sont une sorte d’empreinte permanente qui est indépendante du temps. C’est comme si l’animal, une fois mort, devenait visible dans notre monde à nous (dans notre zone horarire).
Une autre réflexion, c’est que je ne trouve presque jamais de squelettes entiers. Par quels phénomenes les os disparaissent et se séparent les uns des autres. Il y a-t-il une force magique en action ?
Troisième réflexion, c’est que si j’avais une tonne de temps, si j’étais au chômage, je prendrais la peine de ramasser tous les cadavres d’animaux que nous trouvons souvent aux bords des routes pour leur offrir une sépulture chrétienne digne de ce nom dans la montagne. Je sais que la religion chrétienne est homo-centrique et qu’elle ne s’interesse que très peu à la chose animale. C’est là une grave lacune et j’y remédierais ainsi à ma facon.
Ces sujets sont -au moins pour moi- tout à fait passionnants et si j’en ai la force je les développerai dans un futur projet de bande dessinée. Intitulée Histoires Naturelles.
Faire feu de tout bois
Aujourd’hui, je reviens d’un long business trip et l’heure passée cet après-midi dans la montagne me permet de me ressourcer et d’oublier la fatigue du long et pénible voyage en avion.
C’est incroyable, vraiment, cette énergie que nous donne la nature. Je descends du bois d’arbres coupés le mois dernier et le charge sur le petit camion keitora. C’est le transfert de fatigue. Le travail physique transforme la fatigue du voyage en une fatigue positive et je me sens très bien.
Notez cet arbre recouvert d’épines, karasuzansho.
カラスザンショウ(烏山椒)、Zanthoxylum ailanthoides.
En tout cas, si l’on veut espérer pouvoir s’en sortir, il faut savoir faire feu de tout bois.
Au sujet de bois, ma femme trouve dans la montagne le bois d’un chevreuil. Elle a le don de trouver des os et squelettes. L’année dernière elle avait découvert le crâne d’un chevreuil.
Minou dans la montagne (2)
Visite chez les charpentiers
S. et ses associés vont construire une maison pour un de leurs clients le mois prochain.
Ils construisent à l’ancienne. Ils vont même couper les arbres dans les montagnes pour se fournir en bois. J’étais allé accompagner S. le mois dernier le regarder couper des criptomères.
Je vais les voir. Pour admirer leur travail et prendre quelques photos. L’atelier est simplement un toit qui les protège des éléments. Il n’y a pas de porte et tout est ouvert sur la vallée et les montagnes … En France et ailleurs tous les outils et les machine-outils auraient été chapardés depuis longtemps !
Quel plaisir que de les regarder travailler. Ils sont la, après la pause déjeuner, debout devant un petit poêle qui les réchauffe. ça discute.
Le regard s’attarde sur les poutres en préparation, et les outils. Vous remarquerez, les traits d’encre de chine, sur les poutres, indiquant la où il faudra découper les mortaises et les tenons.
On trace des traits avec je crois comprendre l’équivalent du cordeau à tracer chez nous. Si le cordeau à tracer trace avec de la craie, la version japonaise utilise de l’encre de Chine. Cet outil s’appelle Sumitsubo
墨壺(すみつぼ) sumitsubo Cordeau à tracer. litérallement, le pot d’encre de chine
墨(すみ) sumi encre de Chine
壺(つぼ) tsubo pot
Remarquez, la beauté de cet outil, décoré d’une grue et d’une tortue. L’association de la grue et de la tortue est symbole de protection et de longévité.
On dit aussi d’ailleurs 「鶴は千年、亀は万年」 la grue 1000 ans, la tortue 10000 ans.
Charpentier; quel beau métier, et quelle belle façon de le faire !
Montagne – suite et fin pour 2014
J’ai fini de passer la débroussailleuse sur toute la terrasse située au pied de la montagne. On peut désormais avancer sur la terrasse dans toute sa longueur.
Il reste encore une bonne dizaine d’arbres effondrés, qu’il faudra tronçonner et dégager. Donc encore beaucoup de travail, et chaque fois que je redescends de la montagne, il y a plus de travail à réaliser, que lorsque j’y suis monté !

Point culminant des efforts de ces trois derniers mois, j’ai planté ce matin le premier arbre. Un figuier.
Planter des arbres. Quand on voit l’actualité et tous ces événements inspirés par l’obscurantisme et la bêtise … l’homme ferait mieux de se taire et de planter des arbres…
Sur ce sujet, il y a le magnifique dessin animé de Frédéric Bach. Inspiré du récit de Jean Giono.
L’homme qui plantait des arbres. Youtube.
Dans la montagne et le village on ne peut ignorer la présence et l’appétit des chevreuils. Et d’autres animaux.
Si l’on veut que le figuier pousse et éviter que les chevreuils n’en dévorent l’écorce et les feuilles il faut le protéger. Je n’y vais pas par quatre chemins et protège l’arbre avec des treillis d’acier. Avec quatre je fais une grande cage, haute de 1.8 mètre. Le tout est fixé au sol avec des barres de fer.
Normalement celà devrait même décourager d’hypothétiques girafes mais il ne fait pas sous-estimer les animaux de la montagne.
Mochi tsuki et alcool vipèrine
Comme l’année dernière des voisins nous invitent à faire le mochitsuki avec eux.
On cuit à la vapeur du riz gluant, puis on le malaxe et on le frappe dans un mortier. C’est une coutume répandue dans tout le pays (as far as I know).
On en avait parlé l’année dernière dans cet article.
Aujourd’hui il fait beau, et notre voisin nous fait déguster entre chaque mochi, des sakés qui sont faits dans le village.
Nous passons un bien bon moment. L’excitation et les rires culminent lorsque, de derrière les fagots, surgisse une bouteille d’alcool dans laquelle macère une vipère depuis 7 ans.
On goûte, sans oublier de faire le rapprochement avec le fameux épisode des Bronzés font du ski.































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