Catégorie: photos
Nature morte à la tronçonneuse
Il pleut aujourd’hui, et hier on n’avait pas la pèche. Donc repos.
On en profite pour nettoyer la tronçonneuse, et en changer la chaine. J’avais aussi mis de côté des glands et des marrons, glanés le long des chemins, je vais tenter de les faire germer.
Pour, plus tard, les planter dans notre petite montagne.
De ces quelques instants paisibles on obtient cette nature morte à la tronçonneuse.
On voudrait, à la façon des grands maîtres hollandais.
Cryptomère de Noël
Voilà encore un bon moment.
S. notre ami est charpentier et il se prépare à construire une maison pour un de ses clients. Il lui manque quelques pièces de bois et part dans les forêts à la sortie du village, pour y couper des cryptomères.
Je demande à l’accompagner.
Arrivés sur place on commence par prendre un bon café. Il ne fait pas très froid. La forêt est silencieuse. Quelques oiseaux.
Toute cette montagne a été plantée de cryptomères il y a 40 ans. A l’époque on comptait, au bout de 20 ans, les revendre pour la production de poteaux électriques.
Aujourd’hui au Japon tous les poteaux sont réalisés en béton.
Dans le camion keitora, tout est prêt. Deux tronçonneuses, une masse, deux coins, une petite hache, et de l’huile et de l’essence.
Noter, derrière la cabine du conducteur, les serpes et hachettes, rangées entre la vitre et les barres métalliques. C’est à ceci que l’on reconnait les vrais campagnards ici.
Cryptomère, un arbre qui pousse vite et droit !

Je regarde l’ami au travail.
On prend son temps. Une pause entre chaque arbre.
Il n’y a pas beaucoup de charpentiers qui comme S. savent couper les arbres et les descendre de la montagne.
D’un des arbres abattus, je récupère la cime. Il décorera l’entrée de la maison pour les fêtes de fin d’année.
Des nouvelles de la montagne
Le nettoyage de la montagne prend beaucoup de temps. J’essaye de m’y attaquer à raison d’une heure par jour de week end. Mon objectif pour le moment, c’est dégager la première terrasse de la jungle compacte qui la recouvre pour commencer à y planter des arbres cet hiver au mois de janvier – février.
Quelques photos suivent.
On voit qu’il y a énormément de travail. Il faudra aussi bruler tout ce que j’ai coupé et qui bloque le sol. Beaucoup de travail et des litres de sueur en perspective.
On est aussi un peu dans l’abstrait. Je n’attends pas de retour financier ni alimentaire de l’effort. Les arbres plantés, il faudra des années pour qu’ils donnent, et les insectes et les oiseaux et tout ce qui bouge auront sans doute mangé tous les fruits avant que je les récolte !
Ne comptez pas sur moi pour mettre des produits chimiques et des insecticides. Non…
Ce sera déjà un miracle si les arbres poussent et deviennent de beaux arbres. On espère vivre assez longtemps pour voir ça.
Sans retour sur investissement, ce projet de montagne va diverger vers une entreprise spirituelle, ou artistique, ou religieuse. Toutes les possibilités sont ouvertes !
L’accès à la montagne est désormais dégagé. Contre les chasseurs et les mauvais esprits, une pancarte KEEP OUT. Que les chasseurs ne sauront pas lire bien entendu.
Après avoir grimpé un peu on trouve ce qui fut autrefois une terrasse où poussaient des mûriers. On aperçoit un ancien mur de pierre. pas visible sur la photo.
Les arbres à terre sont des criptomères effondrés il y a une dizaine d’années. Je les tronçonne en petites sections pour pouvoir les déplacer.
Une fois le tout dégagé je planterai des arbres fruitiers. Pour le fun. Et la gloire.
On peut continuer à monter, et le paysage change radicalement: les criptomères plantés en rangs de sardines étaient la promesse future d’un bon revenu. Autrefois.
C’est la que nous ferons un cabane dans les arbres.
Alors se posera la grosse question; comment entretenir cette forêt. Pour l’instant je n’ai pas vraiment d’idée. On verra!
Le royaume des chats et autres divagations
En continuant plus au fond de la vallée où nous vivons, il y a les ruines d’un ancien élevage de poulets. Un belle horreur de ferraille et de plastique; qu’il faudrait bulldozer, mais l’argent et le cœur manquent aux anciens propriétaires pour cela.
C’est aussi ici que l’esprit commence à divaguer et à perdre pied.
L’homme a quitté les lieux. A partir de cet endroit, la route devient un chemin forestier. Plus loin il y a un temple abandonné et une maison tombée en ruines. Le temple a brulé il y a plusieurs années. Court-circuit électrique. Le moine est parti.
Dans cette zone s’opère la lente transition entre le monde de la forêt et celui des hommes. L’homme est parti mais a marqué l’endroit, avec tous les détritus qu’il a laissés. Ces détritus sont la pour longtemps.
Comme les mines antipersonnel que laissent les guerres. La forêt tente de reprendre ce qui lui a appartenu. La forêt a tout son temps.
Des colonies de chats ont envahi l’endroit. Ils sont un peu sauvages. Ils ont pris possession des lieux. Pour l’instant. Les ruines sont devenues le royaume des chats.
Au delà de ce poste frontière, c’est le monde de la montagne et des animaux sauvages. Chevreuils, sangliers et on peut imaginer les singes et les ours qu’on ne voit jamais. Les chats assurent la transition. Vérifient les papiers des voyageurs …
J’aperçois le camion d’un villageois, arrêté près de l’ancien élevage de poulets. C’est un habitué. Il vient voir les chats tous les jours. L’homme est très discret et ne veut pas que je le photographie. Les chats eux sont moins timides.
Ils sont bien mignons les chats.
On peut continuer sur le chemin, vers le temple abandonné.
Les chats observent le promeneur s’enfoncer dans la forêt.
Celui là file dare dare vers l’ancien temple, parti dans un incendie, comme pour prévenir les dieux, ou les animaux. Ou alors les animaux sont les nouveaux dieux. Et vice versa.

Voila la maison abandonnée, où vivait le responsable du temple. Les chats montent la garde.

Ah; le camion aperçu tout a l’heure vient. Pour une caresse du conducteur, un petit chat se hisse sur la roue avant.
Postscriptum et dur retour à la réalité.
Lors de la saison de la chasse, me raconte une voisine, les chasseurs se précipitent en camions sur les chemins et écrasent sans honte tous les chatons qui s’y trouvent; ‘on s’en fout, il y a trop de chats‘ disent ils.
A croire que la c….. des chasseurs est universelle.
Minou in a box (2)
Ooya, un village sauvé par l’art ? (2)
(Suite de l’article précédent)
Les surprises continuent. Une NPO ‘Ooya village d’art’ s’est installée dans une école primaire désaffectée.
Le bâtiment est ancien, tout en bois et ne devait plus répondre aux normes de constructions modernes. Une nouvelle école a été construite ailleurs dans le village.
L’ancien gymnase de l’ancienne école est désormais aménagé en galerie d’art. Belle initiative. D’autres l’auraient simplement rasé, ou laissé pourrir sous le soleil.
Le volume et la luminosité du lieu servent admirablement les oeuvres exposées. Tout est très bien fait et visiblement l’expo ainsi que la NPO reçoivent le soutien de professionnels. On ne trouverait pas mieux à Tokyo.
Après le gymnase nous passons à l’école.
Dans l’école divers ateliers sont aménagés dans les anciennes salles de cours.
L’ancien bureau du directeur de l’école, les deux sièges en cuir sont encore là, a été transformé en mangathèque.
Une autre salle regorge des anciens instruments de musique de l’école. tambours, xylophones, orgues.
Plus loin une ancienne salle de cours est dédiée à l’apprentissage de la sculpture sur bois, où un superbe tanuki sculpté nous acceuille.
Une autre salle est dédiée à la céramique, une autre la teinture, calligraphie, et encore la fabrication de vêtements.
Les portraits de Beethoven et Bach sont encore là.
L’école peut être un lieu de contrainte, où tout: les horaires, les sujets, les méthodes est imposé de force à l’élève. Mais retirez en les profs et les programmes et l’école peut devenir un lieu de liberté; d’expérimentation et de plaisir.
Quel est le lien entre le village d’Ooya et la sculpture sur bois ? Il y a 20 ans un habitant du village s’est lancé dans la sculpture. C’est ce qui aurait déclenché tout celà.
D’ailleurs nous rencontrons par hasard l’artiste en question. Monsieur Kazuki Matsuda. Il est en train de peindre une sculpture monumentale.
Gràce à la présence d’artistes et les initiatives qui se sont construites autour de leur travail nous avons passé quelques heures excellentes. Mais aussi nous avons le sentiment que le village d’Ooya est animé par une puissance rare. Cette puissance qui émane des sculptures et de la créativité. C’est comme un rayon de lumière.
Le site web de la NPO BIG LABO http://biglabo.info
Ooya: un village sauvé par l’art ? (1)
Nous partons faire un petit tour, 100km d’ici, au nord de la préfecture de Hyogo.
Ce dimanche d’octobre est particulier. Partout où nous passons les villageois forment des processions et promènent les mikoshi des temples shinto.
Nous découvrons presque par hasard un village très intéressant; Ooya.
De vieilles bâtisses à deux niveaux témoignent de l’époque révolue où les villages vivaient de l’élevage des vers à soie.
L’une de ces vieilles maisons a été retapée et aménagée en café. De très belles et drôles sculptures en bois y sont exposées. Certaines sculptures, les poissons par exemple évoquent le monde merveilleux de Miyazaki Hayao. C’est le début d’une chaine de découvertes.
Plus loin un musée est dédié à la sculpture sur bois. De superbes oeuvres, par des artistes professionnels contemporains peuvent y être admirées. Très grande maîtrise technique; créativité surprenante et beaucoup d’humour aussi.
Au village, nous vivons tous les jours entourés de la beauté de la nature et observer ces sculptures est une expérience rafraichissante.
Il y a beaucoup de photos à poster ici. Suite dans la deuxième partie de l’article.
Photos de la montagne
Voici quelques photos de la montagne (du morceau de) que nous avons donc achetée.
Beaucoup d’arbres qui se sont effondrés lors d’un gros typhon qui est passé il y a 10 ans.
Des bambous
Des théiers.
Première tâche, déblayer et couper les troncs effondrés qui obstruent les passages.
A suivre ….
Mon fils et le scolopendre
07:30 du matin.
Notre fils s’apprête à sortir de la maison pour aller à l’école. Au même moment un énorme scolopendre se promène sur la porte d’entrée. La nuit a été chaude et humide. A cause d’un typhon qui s’approchait. Cette météo est propice à la visite des scolopendres.
C’était l’occasion de les prendre en photo tous les deux, mon fils et le scolopendre. Pour un joli portrait. Un portait de famille.
Et puis ça permet de donner un idée de leur taille, aux scolos.
J’ai eu ensuite envie de mettre la photo sur le blog mais je ne veux pas poster la photo de mon fils sur le web .
Après avoir considéré plusieurs solutions:
1 je renonce à mettre la photo sur le blog;
2 je pixelise le visage de mon fils avec gimp;
3 je colle un portrait de chateaubriand sur mon fils,
et demandé des suggestions à des amis sur le web:
Cracrayol @cracrayol ou le visage de Doraemon, voir le ‘logo’ du Laughing Man, de Ghost in the Shell ^^
La photo est un peu sombre. Vous avez trouvé le scolo ?
Le jardin
Cette année j’ai fait pas mal d’expérimentations dans le jardin mais les visites gourmandes des chevreuils (ils n’ont qu’à dévaler la montagne en face et traverser la route et la rivière) ont tout perturbé. J’ai donc passé une grande partie de mon temps libre en juillet à établir des fortifications de bambou et de filets, et après j’ai un peu arrêté de m’occuper du jardin. Parce que la plupart des légumes avaient été tout simplement dévorés. Bon appétit les amis.
Les expérimentations de cette année, c’était:
L’abandon du motoculteur et des légumes en rangées comme au défilé.
La culture en carrés
La culture sur butte
Le déploiement d’engrais vert avec les plantations de sarrasin, trèfle et autres.
Une grande réussite, ça a été aussi le rangement optimal des outils. On garde les outils les plus utiles et on les place au plus prêt, là où on en a besoin.
Ceci dit je m’occupe peu des plantes, la plupart du travail je l’ai focalisé sur la terre (ajout de crottin de cheval etc). La grande quantité de vers de terre est bon résultat.
La prochaine fois, cependant, je penserai d’abord à la protection des plantes et comment éviter l’intrusion d’animaux sauvages gourmands, en faisant des systèmes de barrière plus efficaces et moins moches.
en arrière plan; les chevreuils n’ont qu’à traverser la route et la rivière avant de venir se régaler dans le jardin.
On protège les quelques plants rescapés avec des filets et des bambous.
J’ai pu protéger cette zone à temps et les chevreuils n’ont pas touché aux plants de tomates.
Dedans c’est une petite jungle et chaque visite devient une chasse au trésor. On cherche des mini tomates ..et on trouve des poivrons et des concombres.
J’aime beaucoup ce désordre et les surprises qui en résultent.














































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