Catégorie: vie à la campagne
Coup de jeune pour la cuisine
La vieille maison que je retape… nous avons fait le plancher il y a quelques mois. Une belle réussite.
Ensuite il fallait s’attaquer à la cuisine. Commencé par tout décaper. Ensuite j’ai remplacé les portes des placards. Celà faisait vieillot.
J’opte pour le plus simple, des planches de contreplaqué; peintes en blanc.
Pour les poignées des placards j’utilise des bois de chevreuil.



Ensuite je commence à faire un bar / comptoir de cuisine. C’est multi fonction: cacher une porte qui a été ajoutée autrefois et qui n’est vraiment pas terrible, plus de rangement, et ça fait un endroit où manger.
Je crois que dans la grande pièce (où nous avons refait le plancher) je ne mettrai pas de table haute. L’endroit a été conçu pour vivre assis sur le plancher (anciennement les tatamis) et changer le point de vue avec des chaises, des tables … finalement n’ira pas très bien avec le lieu.


Le signe en rouge signifie: attention aux incendies.










Road kill (3)
Encore un road kill. Ce matin vers six heures. C’est un anaguma. Quel bel animal. Je l’ai vu du camion, là étalé sur la route. Des corbeaux le picorent.
Je fais demi tour, pour prendre à la maison un seau et une pelle.


Et je vais déposer la dépouille dans notre montagne, là elle sera mieux que sur l’asphalte à se faire ratatiner par les voitures qui passent.
Retour sur terre. Retour dans la terre.
Il fait humide, il a plu, c’est un temps propice aux sangsues, surtout dans la montagne ! justement j’en vois deux énormes (4 cm), apparement elles m’ont repéré, elles bougent assez rapidement, acrrochées à une souche.
La montagne; je ne m’y attarde pas. Je laisse la dépouille de l’anaguma… Désolé pas vraiment le temps de faire un trou avec les sangsues … mais même là il est beaucoup mieux que sur la route.

Flash back (1)
Celà fait sept ans que nous nous sommes installés au village. Comme dans beaucoup de choses la continuité paie. Le changement perpétuel, si il a des vertus, a un coût.
Je me replonge dans les photos prises les premiers jours lorsque nous étions venus visiter le village et la maison. Nous étions tombés par hasard sur l’annonce sur le net de cette maison en vente pour une bouchée de pain et avions fait dare dare les 600 km de Tokyo (deux heures en shinkansen) pour aller la voir.


Le truc avec la cheminée c’était pour chauffer l’eau du bain au bois








Encore au jardin
Il a plu cette semaine et celà a apporté un boost remarquable aux plantes du jardin.
C’est comme si les plantes qui avaient très soif, car il n’avait pas plu assez longtemps, avaient patiement attendu, plusieurs jours immobiles sur leurs starting blocks.
Denis; fidèle lecteur du blog, résume la situation du jardinier avec la sagesse qui le caractérise:
Un jardin, lorsque l’on dispose suffisamment de place et de temps de libre pour s’en occuper, est un espace de ressourcement, de quiétude et de bien-être, et qui, de plus, nous permet de disposer de vrais bons légumes, au fil des saisons, et tout au long de l’année.
Il n’y pas besoin de se prendre la tête pour cela, car, on peut commencer « petit », pour débuter, puis augmenter, au fur et à mesure de ses capacités, et de son propre apprentissage et découvertes, et ainsi avoir en retour un réel ressenti en réconfort et petite fierté personnelle, bien légitime.













Explorer la vallée
J’ai repris le vélo! J’avais arrêté un peu, trop de boulot. Mais j’y retourne, au vélo.
Aujourd’hui il a plu. La pluie a cessé mais des nuages sont toujours accrochés dans les cheveux des montagnes. Je pars faire un tour.

L’occasion d’explorer un coin de notre vallée où je ne m’étais jamais attardé.


C’est un petit hameau d’une vingtaine de maisons dans un endroit très encaissé, enfermé presque dans la montagne.

A peine cinq minutes à biclou, mais c’est vraiment magnifique.

Sous les tatamis
Le projet de la petite maison à côté de chez nous avance très lentement.
J’ai quasiment tout nettoyé et décrassé. Le sol des toilettes a changé de couleur! Nettoyer, retirer la poussière et les crottes de mouches permet de se familiariser avec le moindre recoin de la maison.

Hier par curiosité j’ai retiré les tatamis d’une pièce. La maison a quatre pièces arrangées selon le caractère de la rizière. Les deux premières pièces, leur plancher est solide comme il faut. On peut voir qu’il a été refait il y a quelques années.
Par contre dans les deux pièces au fond; on sent le plancher sous les tatamis anormalement souple. On se sent un peu flotter à certains endroits. Il faut vérifier l’état du plancher dessous…
Je vais chercher cet outil pour retirer les tatamis.

Conclusions:


Le plancher sous les tatamis est d’origine, et en très mauvais état. Pour bien faire il faudra le remplacer. Voila qui fera un bon projet.
Les tatamis eux sont nouveaux, ils ont dû être remplacés il n’y a pas trop longtemps.
Découverte:
Il y a un ancien foyer sous le plancher. L’extérieur est constitué d’une vannerie en bambou, l’intérieur de torchis.

Voilà qui est très intéressant. Ce foyer m’étonne un peu car il est vraiment très petit. Ça n’est pas un foyer que l’on aurait utilisé pour se faire griller un truc.

Je consulte mon pote S. qui confirme en deux secondes que ce foyer était utilisé à l’époque où tout le monde dans le village élevait des vers à soie. Ces foyers permettaient de réchauffer la pièce où l’on élevait les vers à soie.
Et S. alors raconte ses souvenirs d’enfance … C’était pour les villageois une nouvelle source de revenu. Tout le monde avait chez lui des vers à soie, dans une grande cage, chez S. elle était posée à dans le tokonoma.
Une fois les cocons formés on allait les vendre dans la ville voisine à cette société, GUNZE.

Si bien que dans la nuit on pouvait entendre juste à côté de soi les bruits de mastication des vers à soie car ils n’arrêtent pas de manger… j’imagine un peu … Tout le monde avait aussi un champ où poussaient des mûriers, les vers à soie sont friands de leurs feuilles.
Festival de Taishi (I)
Taishi, ville de 30 mille habitants à quelques encablures de chez nous. Chaque année en février s’y déroule un festival, autour du très beau temple d’Ikaruga.
Des dizaines de petits marchands installent leur stand (on appelle ces marchands ambulants d’événement à événement tékiya) dans l’enceinte du temple ou encore le long de la rue; pour proposer des jeux pour les enfants ou des choses à manger. Question bouffe il y a l’embarras du choix: crêpes, bananes enrobées de chocolat, des nouilles yakisoba, des calamars grillés etc…
Autrefois c’était dit-on un festival où se retrouvaient tous les charpentiers de la région, et de nombreux marchands proposaient sur leurs étals tous les outils qui s’imposent: ciseaux à bois, etc …
Les temps changent: il y a beaucoup moins de marchands qu’autrefois, et les marchands de fleurs et de plantes sont maintenant majoritaires.
En regardant la foule je vois la proportion très importante de personnes âgées. Il y a peu d’enfants. Difficile d’échapper à la question démographique. A se demander si ce festival existera encore dans vingt ans…
En attendant que le ciel nous tombe sur la tête on apprécie le temps quasi printanier, et l’ambiance bon enfant.



Ici un commentaire de Pierre:
Il est beau ce temple tout noir! Les deux gardiens dans le Mon (門), le premier dit “Aaa” tandis que l’autre termine “ouuum”.. Aoum / Ohm.. à eux deux, ils englobent toute la manifestation, tout l’univers!















Il y a un attroupement. C’est une cérémonie religieuse. A voir dans le prochain article.
La patience paie
Vos commentaires sur l’article, où je raconte que nous avons décliné une invitation à être filmés pour une émission de divertissement à la TV japonaise, sont unanimes sur le fait que nous avons bien fait et que c’était la bonne décision. Merci.
Dimanche j’ai replanté des arbres dans notre montagne. Trois kakis, et un momiji (érable du Japon). Plus tôt cet hiver j’avais aussi replanté six ginkos.
Ces arbres je les avais plantés temporairement dans notre potager, il y a trois ans; les ginkos et les kakis à partir de graines; et le momiji à partir d’un petit pied que j’avais trouvé au bord d’un chemin. Ils ont bien pris. En trois ans, ils ont gagné en vigueur.
J’ose espérer que ces arbres après s’être bien acclimatés dans notre jardin, pourront se développer dans notre petite montagne.


Comme quoi, la patience paie. Ce sont des dizaines d’arbres que j’ai plantés dans notre montagne. Au début c’était une vraie jungle, encombrée d’arbres (cryptomères) effondrés. Maintenant ça commence à ressembler à quelque chose…

Passer à la télé?
II y a cette émission à la télévision japonaise, nani kore chinhyakkei. Souvent très drôle, où l’on présente des personnages loufoques ou des situations étonnantes et qui sortent de l’ordinaire. En voici des extraits …
Vous voyez, c’est assez exceptionnel, le dentiste qui fait de la musique pour ses patients, ou encore le salon de dentiste qui fait aussi karaoké.
Cette émission me fait un peu penser à cette émission belge, strip tease, mais sans le côté glauque et triste, car strip tease se focalise sur des cas très sérieux je dirais … quasiment pathologiques. Strip Tease fait dans pas l’entertainment mais la sociologie…
Une personne de cette émission japonaise nous a appelés cette semaine. En demandant si ils pouvaient faire un sujet sur nous …
Comment ils nous ont trouvé c’est un peu un mystère.
Certes nous constituons peut être un bon sujet pour l’émission: un Français vit à la campagne avec sa famille, dans une maison japonaise traditionnelle, il travaille pour une grosse boite US, à distance; chez lui, son bureau est aménagé dans le jardin et fait à peine un mètre sur trois … il s’habille comme un paysan et roule ses cigarettes…
C’est sûr que tout ça ça peut faire un sujet… une autre émission d’ailleurs nous avait contacté il y a trois mois déjà.
Nous avons très poliment coupé court à ces demandes. Nous ne souhaitons pas alimenter les machines à entertainment que sont ces émissions en exposant notre vie privée.
Si les émissions avaient été un peu plus sérieuses, comme par exemple un reportage sur le dépeuplement de la campagne japonaise… nous aurions accepté car celà aurait pu être utile au débat …
Mais pour nous il est plus sage de ne pas devenir la chair à canon de la grosse artillerie de l’entertainment!, et de continuer tranquillement notre chemin.
Road Kill (2)
Une belette s’est faite tuer sur la route à 2 km.

Le bel animal gît au milieu de la route. Je vais le chercher pour l’enterrer dans notre montagne.



Ayons considération et respect pour les animaux sauvages qui daignent vivre autour de nous.
C’est la deuxième fois que je fais ça. La première fois c’était aussi une belette. C’était il y a trois ans.

Belette, repose en paix !

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