Je me suis remis à mon projet de bande dessinée en octobre novembre l’année dernière; après une très longue pause.
Cette nouvelle bande dessinée relate notre installation à la campagne; comment nous avons quitté Tokyo et comment nous avons commencé notre nouvelle vie.
Grâce aux conseils de mon vieil ami Francky qui m’avait exhorté à m’y remettre putain et surtout en faire un peu tous les jours.
C’est ça le truc! Donc j’y travaille les weeks ends mais aussi un peu tous les soirs.
Maintenant j’ai fini tous les dessins.
Il y a encore la mise en couleur et de très nombreuses corrections à faire mais je suis sur la bonne voie. J’ai apporté de nombreuses modifications et eu de nouvelles idées.
J’ai également testé un nouveau moyen pour l’impression. Pour ma première BD Tout Ira Bien j’avais utilisé une boite d’impression, tout était très bien; très bonne qualité etc … mais le coût était vraiment trop élevé.
Cette fois ci j’essaie avec un petit imprimeur local; déniché sur le web.
J’ai fait un premier test avec eux, cinq exemplaires qui serviront à me relire et aussi tester la qualité de cet imprimeur. Je suis très satisfait du résultat. Le papier est bon; l’impression très nette; les couleurs réussies.
C’est que voyez vous je ne suis pas un dessinateur professionnel! et il faut que le prix de la bande dessinée soit donc adapté et reflète cette réalité. Vendre ma BD au même prix qu’une BD faite par un professionnel qui fait ça à plein temps depuis 20 ans … ce ne serait pas honnête n’est ce pas.
Donc je dois trouver une solution pour réduire le coût d’impression et réduire le prix à la vente.
Alors oui d’accord je pourrais trouver un imprimeur en Chine et avoir un super prix mais non … pour moi c’est important que le livre soit imprimé au Japon.
Avec toute la pluie annoncée on se demandait quand nous aurions un temps propice pour aller faire notre thé.
Mais ce matin il y a un beau soleil et nous partons au fond de la vallée. Aux pieds des montagnes et le long de ce que je soupçonne être d’anciennes rizières se trouvent des théiers.
Le processus de préparation du thé je l’ai présenté en détail dans une vidéo. Voici le lien:
Sur la photo remarquer la trainée de condensation laissée par un avion. On dit hikoukigumo ‘nuage avion’ en Japonais. 飛行機雲 Ce qui est assez rare avec cette pandémie de connarovirus.
Sur la gauche; remarquer les jolies feuilles d’un théier devenu sauvage.
De ces théiers il y en a un peu partout comme ici sous le trait orange …
Nous récoltons les jeunes feuilles.
Puis nous allons chez S. Il y a une grande terrasse devant sa maison. On place un gros réchaud à gaz, sortons une grosse marmite centenaire.
Elle a dû en voir; cette marmite !
Ca prend beaucoup de temps tout ça. Ca nous prend en fait toute la journée. Pour produire à la fin l’équivalent de quatre paniers à provision .
C’est que ces feuilles de thé toutes fraiches on les passe sur le feu au moins trois fois pour en faire partir l’humidité.
Pendant tout ce temps on discute. Ma femme nous rejoint et apporte un sérieux coup de main. On parle franchement de tout, et discuter comme ça; en faisant un petit travail manuel simple et très répétitif c’est très agréable. Sinon on finirait par être distrait par quelque chose voyez vous.
La on est proche du produit final.
Et ça donne soif et ça donne faim.
La femme de S. nous prépare un ramen ! Délicieux. J’ajoute deux feuilles de thé.
Donc cette idée formidable … la bibliothèque de voyage… pour ranger ma belle collection de livres pléiade …
On prend des planches de cryptomères. Je les achète dans la ville voisine. Le bois vient de la région. Je les coupe dans la longueur.
Et pi je creuse un petit bitonio, où les petites étagères iront se fixer toutes seules.
On obtient un grand cadre. Les petites étagères se fichent dans les bitonios à la perfection.
Au préalable, pour déterminer la hauteur et la largeur du meuble j’ai fait quelques calculs. Mesurant mon linéaire actuel de pléiades, et ajoutant une petite marge; histoire que Gallimard sorte des auteurs que j’aime beaucoup beaucoup, comme Samuel Beckett par exemple mais ça risque pas trop d’arriver à cause des droits des editions de minuit mais on peut toujours rêver …. Ou alors Gérard de Villiers avec les meilleurs SAS ce serait génial !!! Mais bon garder un peu de marge …
Un autre truc que j’ai essayé de voir c’est de garder le ratio largeur hauteur d’un book de la pléiade … 17,5 cm de hauteur et 11 cm de largeur soit 1,59 … proche du nombre d’or de 1,618 mais j’abandonne cette idée au final.
Au final donc c’est deux grandes boites identiques qui se referment comme un grand livre géant ou comme une bibliothèque de voyage d’autrefois (bien qu’elles étaient beaucoup plus petites car portables)…
Etant donnée l’humidité d’ailleurs ici l’été refermer tout peut être pas mal pour protéger ces petits trésors.
J’ajoute un fond, contreplaqué de 5mm pour réduire le poids. Ca ressemble à une caisse…
Heureusement que Minou est la pour me conseiller pendant toutes ces opérations …. Les points blancs sur le mur derrière ce sont des oeufs de gecko qui ont éclos
Une ‘demie caisse’ est faite … répéter pour la deuxième …
Voilà le produit fini. J’ajoute des roulettes. Les deux demies caisses tiennent avec des gonds solides; style industriel.
Sur monotaro.jp où l’on trouve de tout, j’achète des poignées industrielles ainsi que des bitonios pour fermer le truc, comme une caisse … bibliothèque de voyage…
Le truc terminé, je suis très ému et satisfait du résultat. Faut pas hésiter à faire des choses un peu folles et à s’amuser.
Et tout se referme très bien. Le tout monté sur des roues; je peux trimballer tout ça dans la maison.
Lire c’est voyager. On peut lire et voyager sans quitter sa maison. C’est très économique. C’est pratique aussi, en ces temps de coronavirus de lock down et caetera.
On voyage dans l’espace, et dans le temps aussi, hein car dans la pléiade on peut fréquenter Hérodote; Thucydide mais aussi aller serrer la pogne à Montaigne avant d’aller boire une verre avec Cendrars.
Alors pour pas perdre son chemin; j’ajoute une boussole, et une ancienne montre, pour accompagner ces voyages dans l’espace et dans le temps.
Je travaille à la maison et ce depuis notre installation à la campagne en 2012. 8 ans déjà. L’âge de ce blog.
Pendant ces huit ans j’ai installé mon bureau dans différents endroits de la maison.
Au début c’était dans la cuisine. Ensuite dans le hanaré que nous avons fait construire. Plus tard dans un petit espace que j’ai aménagé derrière l’atelier et, finalement, dans la maison de la voisine que nous avons achetée il y a deux ans.
‘Le plus petit bureau de monde’ La oficina mas pequena del mundo
Travailler à la maison, télétravail; il est très important de faire une claire séparation entre le travail et le non travail dans l’espace et le temps. Dans l’espace, il s’agit de pouvoir s’installer et travailler dans un espace dédié au travail, et séparé du non travail.
Depuis quelques mois je travaille donc dans l’ancienne maison de la voisine que j’ai un peu réaménagée mais quelque chose manque.
Nouveau bureau ! Le plus grand bureau du village
J’ai une belle collection de livres la pléiade. Cette collection je l’ai commencée il y a plus de vingt ans.
Des livres, beaucoup achetés d’occasion, dénichés chez tous les bouquinistes possibles de Paris, Tokyo, Osaka. Ca a donc accompagné mes cheminements et promenades; que du temps agréable à se balader et chercher des bouquins. C’est encore plus précieux n’est ce pas lorsque l’on vit si loin de la France.
Une large collection ici à la maison me permet de puiser mes lectures sans avoir à me limiter. Ah? je veux lire Montaigne ? bien sûr c’est la. les œuvres complètes. Montesquieu ? Of course! Et pourquoi pas un peu d’Albert Cohen. Et une goutte de Saint John Perse.
Et pour agrémenter mon nouvel espace de travail, j’ai envie d’installer ma collec’ de pléaides dans mon nouveau bureau. C’est toujours rassurant d’être en bonne compagnie et de pougner entouré de tous ces poètes illustres.
Donc; faire des étagères ? nan, j’ai envie de quelque chose de plus amusant …
Vient alors l’idée de faire comme une grande malle, où je pourrais ranger mes pléiades. Un peu comme à l’image des anciennes bibliothèques de voyage. C’est bien plus marrant qu’une bête étagère. regardez comme c’est beau:
A noter comment le monde change. Si autrefois Louis Vuitton faisait de belles malles pour les bibliothèques de voyage, maintenant ils font des malles pour des collections de basket.
Soit les gens riches (les rois du pétrole?) ont troqué leur books pour des kindle; soit leur niveau culturel a terriblement baissé!
Admirez cette merveille de malle de voyage à paire de baskets, de cent soixante cinq mille euros, soit le prix de quatre maisons dans le village!
Voilà pour l’idée. Bien entendu mon budget pour cette bibliothèque de voyage est bien plus limité, je dépenserai moins de 10,000 yens (70 euros) pour la faire ! Pas 165 000 ….
Cette année aussi nous faisons notre petit projet d’agriculture nonchalante (ou insouciante) nonbiri nougyoubu, avec mon ami et voisin S.
のんびり農業部
Ce matin nous avons débroussaillé et déposé les herbes coupées sur le rang où, hier, nous avons planté quelques kilos de gingembre.
A propos n’hésitez surtout pas à vous offrir le T shirt du nonbiri nougyoubu! A ce jour je suis le seul au monde à le porter! Comme celà on sera deux, ou plus ..
Avec S ensuite on prend un petit café. Le champ est adjacent à son atelier. Vous savez au Japon on trouve partout du café en canette, dans les distributeurs automatiques … Il y a cette marque de café emblématique BOSS.
Cette répétition annuelle des gestes du champ, on peut la transposer avec la répétition de l’actualité avec le coronavirus. Pas que ça se répète à l’identik, mais que ça empire, même…. L’année dernière on découvrait tout celà et nous étions très loin de penser que la pandémie durerait plus d’un an. Raoult aussi d’ailleurs …
S. la clope au bec dit que c’est bizarre tout de même que malgré tous les variants du connarovirus qui sont détectés un peu partout, …. qu’il n’y ait pas de vague reportée en Chine… Qu’est ce qu’il passe… La carte au PCC a t elle le pouvoir de repousser le virus …
Dans le champ du nonbiri nougyoubu nous avons:
deux rangs de pomme de terre
un beau rang d’oignons
un peu d’ail
des fèves et des haricots grimpants
et puis nous avons planté samedi donc du gingembre.
La semaine prochaine nous planterons du koimo (ou taro, wikipéd)
Avant que nous passions les débroussailleuses, pommes de terre et oignons …
J’essaie de faire mes propres outils. A gauche la lame d’une petite serpe en acier inoxidable achetée pour trois cents yens (soit 1300 anciens francs) que j’ai fixée au manche (long) d’un ancien outil. Je l’utilise pour retirer les mauvaises herbes.
A droite j’ai pris la tête de ce que l’on nomme ici un bichu (備中) comment appelle t on cet outil en français ? et l’ai mis sur un manche court.
Le cadre est magnifique, plus encore en cette saison.
En parallèle dans le jardin de la maison je prépare moultes semis qu’une fois prêts j’irai planter dans le champ de S.
Eh oui ils sont là, impatients et si tout se passe bien ils passeront à la casserole.
Et puis, surtout, prendre le temps de souffler un peu et d’admirer la beauté de tout ce qui est autour de nous, même jusque dans la fleur des poireaux … Dans les moments de tourment, heureusement, il y a encore la beauté pour nous sauver.
Il a plu toute cette journée de samedi, jusqu’au début de l’après midi en vérité.
Le soleil a pointé le bout de son nez vers quatre heures et nous avons décidé d’aller faire un tour et d’aller promener le chien du voisin.
Ca nous en a mis plein les yeux avec une magnifique lumière et ces belles couleurs du printemps!
Il y a des moments comme ça où tout est très beau!
Les chiffres du corona remontent ici même si comme ordre de grandeur le nombre de cas par tête de pipe semble être le vingtième de ce qui est décompté en France mais les chiffres ici sont sans doute sous estimés.
On a l’impression d’être au même point que l’année dernière et de ne pas être plus avancé….
Voici quelques photos prises cet après midi; dans une partie de notre vallée.
Je remarque cette poudre jaune, très fine ….. éparpillée sur le capot de la voitrure …
deux possibilités … soit du sable du désert de Gobi, transporté par les vents de printemps; ou alors … du pollen … ???
C’est le moment de sortir le microscope ! Le même genre de microscope que j’avais, écolier, mais avec le petit bitonio qui permet de fixer le smart phone pour pouvoir photographier c’est pas mal ….
Ca donne ça, à un grossissement x 400
Bon .. ben … c’est du pollen et à coup sûr du pollen de cryptomère ! Pas du sable ….
A voir le capot de la voiture, ça donne une idée des quantités incroyables du pollen que les cryptomères dégagent … notre vallée en est recouverte à 70 pour cents … et c’est comme ça dans une grande partie du Japon …
Le prêtre bouddhiste du village: il y va rarement avec le dos de la cuillère.
Voici le message qu’il a calligraphié cette fois ci, pour l’édification des habitants du village.
Sachant que la population vieillit et qu’il y a de moins en moins de monde dans ce petit bout de vallée; je me dis que ce message ne s’adresse pas qu’aux humains mais aussi aux chevreuils, sangliers, renards, anagumas, singes, ours qui daignent nous entourer… Sans parler des oiseaux des insectes des arbres etc…
Celui qui fait des efforts parle de ses espoirs
Celui qui se laisse aller parle de ses insatisfactions
Notre prêtre bouddhiste est une vraie star.
Le lecteur attentif pourra noter néammoins que sa période rasta – kung fu est passée … (cliquer ici)
Si vous suivez ce blog il y a une bonne chance que vous soyez branché(e) sur le Japon, et que vous soyez familier(e) avec Atelier Sentô. Si vous ne connaissez pas encore Atelier Sentô; c’est le moment de vous rattraper 🙂
Atelier Sentô c’est un duo, Cécile et Olivier, créateur de bande dessinées.
J’ai commencé à les suivre il y a quelques années, c’est alors au moment de la parution de leur première BD, ONIBI. Je l’ai lue fin 2016. Onibi est une histoire, le voyage initiatique de deux français dans un Japon rural et mystérieux …. dans la région de Niigata.
Le monde de Facebook est vraiment petit, je commence à les suivre. Peut être que c’est à ce moment que Cécile et Olivier commencent à suivre ce blog. Ils nous font l’honneur de likes et de commentaires!
Un peu plus tard je leur commande une petite lithographie en vente sur leur site. C’est la litho d’un jizo, petite statue bouddhiste. Depuis, la litho m’accompagne tous les jours au travail, que ce soit dans mon petit bureau ‘le plus petit bureau du monde‘ ou bien dans la maison de Madame M.
Le jizô fait par Atelier Sentô trône dans notre tokonoma. (La belle céramique n’est pas Japonaise, elle date de cent ans et vient de mon village des Charentes, non loin de Surgères)
La Fête des Ombres vient de sortir: c’est le premier tome de la dernière BD d’atelier sentô.
En voilà une couverture qu’elle est belle ! (photographié devant une petite maison faite par S.)
C’est un véritable régal. L’histoire se laisse développer, on découvre les éléments narratifs un à un: C’est très bien construit. Il y a du suspense ! Du mystère ! De la poésie!
Les couleurs sont formidables. Il y a beaucoup de douceur dans les dessins.
Le tome 1 se passe en automne et en hiver; dans la campagne japonaise.Chaque case est un festin pour le neuneuil.
Il y a des clins d’oeil tout à fait irrésistibles.
Comment ils ont pu saisir et restituer les sensations de la vie à la campagne au Japon, c’est assez incroyable.
L’année dernière, en septembre, Atelier Sentô m’a contacté: ‘comment dessiner l’intérieur d’un keitora?’ (petit camion que l’on voit partout dans la campagne au Japon) … Je suis devenu technical advisor , dis je à alors mon épouse, en bombant le torse … j’ai envoyé alors quelques photos de mon keitora …. que vous pourrez retrouver, dessinées dans La Fête des Ombres …. ha ha
Quelle joie d’avoir pû apporter un grain de sable à cet édifice … et d’être mentionné dans les remerciements à la fin du book…. !
Décidement gràce à ce blog nous faisons de belles rencontres.
Allez y! Faites chauffer les cartes bleues ! Il y en aura pas pour tout le monde !
J’ai montré la Fête des Ombres à mon ami S.: quelle est sa réaction? Est ce que la vie à la campagne au Japon est bien représentée ? Que pense t il des dessins ?
S. a tout de suite réagi à l’authenticité des dessins. La justesse des dessins des maisons. Tous les détails.
En page 24 il s’exclame c’est exactement comme ça que l’on épluche les kakis ici!!! En effet on ne découpe pas les fruits de la même façon d’un pays l’autre …
Il souligne l’exactitude du détail des tenons dessinés sur l’escalier en bois, en page 36.
En page 53 il tilte encore en disant qu’autrefois la salles de bains chez lui était exactement comme dans le dessin… à part que chez lui le couvercle de la baignoire était carré ….
C’est dingue comme soudainement tout est si proche … Atelier Sentô c’est des artistes…
Je suis allé montrer la fête des ombres à mon ami S. Il admire tous les détails et la beauté des dessins et des couleurs.Ah! Ils ont dessiné les tenons de l’escalier !! C’est fou !! dit il.Ah … Que ce camion parait confortable ….
J’ai montré le livre aussi à monsieur K qui lui aussi a immédiatement réagi sur cette magnifique salle de bains. C’était comme ça chez mon grand père dit il.
Le livre est très bien fait … c’est de la belle ouvrage… regardez ce clin d’oeil, avec les kakis; épluchés et mis à sécher sous le code barre …. C’est pas beau ça ???Lu et approuvé par Wakame Tamago !!!! Dans son camion !!!
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.