Tagué: maison japonaise
Photo du jour
J’aime beaucoup la silhouette de cette ancienne ferme dans le village. Elle n’est plus habitée que par une dame très âgée crois-je comprendre …. je ne suis pas certain a 100%. Dans tous les cas la plus jolie ferme du village.
Il est 6:20 du mat quand je prends la photo avec mon petit ipod, et un gars cache dans les feuilles des légumes de son jardin m’interpelle, alors tu as pris une bonne photo ? いいもの撮れましたか。

Notre vallée survolée par un drone
Un voisin avec son drone a survolé notre vallée et a fait ce film.
On voit bien l’importance de la géographie, la vallée qui danse comme un serpent au bout d’un bâton, et les maisons saupoudrées tout le long.
Au sujet des maisons du village, on peut discerner trois types:
Les maisons à toit de chaume. Elles ont un toit fortement incliné (entre 39 et 45 degrés, 8寸勾配, 10寸勾配). Ce sont les maisons les plus anciennes, les plus petites aussi. Anciennes fermes. Remplasser la chaume est tres onéreux ici au Japon et en général on a recouvert les toits avec de la tôle, peinte en noir, rouge ou argent. Ces maisons la ont au moins cent ans.
Plus récentes mais toujours anciennes, les maisons avec un toit moins incliné (16 degrés 3寸勾配) et recouvert de tuiles. La plupart de celles ci auront moins de cent ans et datent d’après guerre. Attention au Japon une maison de plus de quarante ans est considérée comme ancienne…. Notre maison fait partie de cette catégorie et le lecteur attentif saura peut être d’ailleurs la repérer!
Et puis le reste, les constructions plus récentes, post seventies, à mes yeux sans grand intérêt et sur lesquelles je ne vais pas m’étaler.
Il serait intéressant de compter chaque type de maison pour chaque catégorie.
On voit bien aussi que notre vallée est de plus en plus étroite à mesure que l’on pogresse, c’est un cul de sac. Il y a donc peu de circulation et nous sommes plutôt en retrait de la modernité et de ses dépotoirs.
Quatre Ans ! 444ème article ! rétrospective …
Voici le quatre cent quarante quatrième article de ce blog. Ca fait quatre ans que nous avons commencé une nouvelle vie à la campagne en nous installant dans un petit village de la région du Kansai, au Japon.
Une première surprise avec ce blog c’est d’avoir autant de lectrices et de lecteurs. Je me réjouis toujours de vos commentaires et de vos questions.
Une deuxième surprise c’est d’avoir encore des choses à raconter, après quatre ans.
Je suis tenté de retracer une mini chronologie de ce blog, car il y a eu plusieurs phases ou étapes. Et on pourrait résumer tout cela en: initiation du novice citadin à la vie à la campagne (au Japon).
Eté 2012
Installation dans le village. Premières impressions.
Nous étions encore bien naïfs, nous ne savions rien de la vie à la campagne.
Et nous avions encore peur des insectes.
On écrit aussi un peu sur notre maison japonaise. Qui avant les travaux n’était pas vraiment folichon.
Pour nous c’est une nouvelle vie, même si j’ai la possibilité de garder mon job en informatique, que j’effectue désormais à distance, à la maison.
Hiver 2012-2013
Une periode ou l’on essaie tout et où rien ne marche vraiment, faute d’expérience. Cela n’entame pas notre enthousiasme pour autant. Je me sens un peu comme Jean de Florette ….
Printemps – été 2013
Concert de rock punk dans le temple bouddhiste du village. Le bonze de notre village est délirant.
Nous faisons la rencontre de S. C’est un moment clef pour nous car c’est par l’intercession de S. que nous apprenons énormément par la suite.
L’histoire de notre initiation à la vie à la campagne est un peu comme un escalier dont nous gravissons les marches une à une.
S. est charpentier, nous lui commandons la destruction d’une vielle batisse juste en face de notre maison, qui est en très mauvais état. Jadis construite pour l’élevage des vers à soie. A la place S. construit une petite maison de une pièce; selon les techniques de construction japonaises traditionnelles et avec le bois des arbres qu’il a coupés lui-même dans la montagne. Je passe beaucoup de temps à regarder comment il travaille. C’est beau et passionnant.

Hiver 2013-2014
Mes parents et ma tante nous honorent de leur visite et voyagent de France. Nous visitons un peu Kyoto qui n’est pas loin et passons beaucoup de temps dans le village. Ma mère prépare un civet de chevreuil qu’elle fait goûter aux voisins avec beaucoup de succès.
Nous construisons aussi ensemble un abri pour stocker notre bois.
Nous achetons un camion keitora. Ceci marque symboliquement notre appartenance à la campagne Japonaise.
Hiroshi nous donne un petit chaton abandonné, et nous le nommons Minou. Minou est très faible, malade, pleine de parasites. Mais en quelques semaines elle devient un chat magnifique.
En un an nous avons réalisé la puissance de la nature qui nous entoure au village. La beauté des insectes, des plantes, du ciel, de l’eau. Cette vérité que nous avions oubliée nous immerge. Et puis, marcher sur la terre lorsque nous jardinons, et le contact avec le bois.
Vivre dans une maison japonaise ancienne, faite de bois et de terre.. On est ainsi en permanence connecté avec l’univers et on se sent très très bien.
Un an après notre installation, nous savons que la ville (Tokyo) ne nous manque pas.
Une grande surprise aussi est la qualité des relations que nous entretenons avec nos voisins. Tout le monde est sympathique et nous a acceptés d’emblée. On comprendra plus tard que les gens étaient très contents de voir des gens s’installer avec un jeune enfant.
Ma femme bien que venant d’une région plus au sud s’est très bien habituée à la vie dans notre village et affirme ne vouloir retourner à Tokyo pour rien au monde. Quand à moi; vivre ici au village c’est comme vivre en France. Il y a de l’espace (plus qu’à Tokyo), de la nature (plus qu’à Tokyo) et les gens me foutent la paix (comme à Tokyo). Donc je ne sens aucun dépaysement. A part la distance avec la famille et le manque de fromage.
Et les discours de François Hollande nous rappellent à chaque fois que nous sommes très bien au Japon.
Printemps 2014
Pour une année, et suivant la rotation d’une maison l’autre, nous sommes chef du district. Ou rinpocho. Ca consiste surtout à collecter des sous chaque mois. Par contre, une personne âgée de notre district décédée, notre qualité de chef de district nous amène à jouer un rôle clef lors des obsèques.
On comprend alors combien les liens de confiance entre tous sont importants dans le village. Nous nous sentons aussi très intégrés.
Lis the good life de Helen et Scott Nearing.
Nous récoltons du thé dans la forêt.
Eté 2014
Récolte un carton de pommes de terre.
Automne 2014
Nous faisons l’acquisition d’un bout de la montagne; juste en face de chez nous. Commence à débroussailler. La montagne deviendra par la suite un immense terrain de jeu et d’expérimentations. Ce moment marque vraiment notre passage à l’action.
Nous pouvons remodeler la montagne à notre guise. Mon projet est de réduire la quantité de cryptomères, dégager la jungle et les broussailles et planter une grande variété d’arbres, afin que la nature puisse repartir et se re développer.
Le contact avec la terre aussi nous fait toujours du bien. Chaque personne sur cette planète devrait avoir son petit lopin de terre et y faire des trous. Le monde irait bien mieux.
On pense au concept de grounding où justement on est connecté à la terre.
Commence aussi une longue relation avec les sangsues.
Des visions de moissonneuses de riz transformée en robots gundam.
Hiver 2014 – 2015
Découvre dans une montagne voisine un cerisier géant et écroulé. Il s’appelle ‘cerisier éléphant‘. Je le débite et le ramène à la maison. Bonne expérience avec la tronçonneuse. Dois doubler la capacité de notre abri bois.
Je finis ma première Bande Dessinée Tout Ira Bien. Dernière page publiée sur le blog !
Dans la montagne, plante les premiers arbres.
Minou commence à se promener dans la montagne, en notre compagnie.
Printemps 2015
Visite de Kristophe Noel, photographe, rencontré via ce blog.
L’ecole maternelle du village ferme, faute d’enfants. Le vieillissement de la population et le peu d’enfants est un très gros problème Japon et va aller de mal en pis.
Je me relance dans le jardinage mais je l’avoue sans trop de succès, à cause de mon boulot trop busy et de mon manque de focus.
Eté 2015
Pourtant le thème de l’agriculture continue de me passionner; et je lis un excellent book sur la permaculture et autres méthodes.
Automne 2015
Autre signe que les choses commencent à partir sérieusement en rouille avec la diminution de la population; la superette du village ferme.
Hiver 2015-2016
Travaille de nouveau dans la montagne. Dégage la deuxième terrasse. Plante une vingtaine d’arbres.
Publie ma bande dessinée Tout Ira Bien. à compte d’auteur. Le résultat; imprimé, est vraiment convaincant. Vends sur le net. Versions Française et Anglaise.
Exposition photo de Kristophe Noel dans un café du village. Portraits des habitants.
Fais la connaissance de TS, un jeune agriculteur de la région, éduqué aux Etats Unis. On parle en Anglais. Par la suite je fais connaissance avec quelques étrangers établis ici, ce qui est une première, et un soulagement un peu de ne pas être me seul étranger de la région.
S. donne un coup de main et coupe une dizaine d’arbres dans notre montagne. Des cryptomères.
Printemps 2016
Notre fils rejoint l’équipe de baseball du village.
S. propose d’utiliser le bois des arbres de notre montagne et de construire un truc avec. Commence alors le projet de Technology Transfer: je vais travailler les week ends dans l’atelier de S., S. m’enseigne les ficelles de son métier. C’est passionnant. On aimerait devenir charpentier !
Eté 2016
444è article de ce blog.
4:30 du matin
Les photos datent d’un mois déjà. De juin.
Avant les premières chaleurs de juillet. Oui les photos et cette promenade c’était le 10 juin. Je m’étais réveillé très tôt, par hasard, à 4 heures trente, au moment du lever du jour.
Une belle promenade donc. En marchant de la maison vers le fond de la vallée. C’est l’une de mes promenades préférées ici. On monte jusqu’à un très joli hameau. Il y a de belles maisons, dispersées le long de la rivière. Des maisons sont plus anciennes que d’autres, mais elles se fondent admirablement avec le paysage des montagnes et des forêts.
On voit qu’à une certaine époque on vivait pleinement en harmonie avec la nature. Certaines maisons se fondent dans la forêt et ne font qu’un.
Plus loin en continuant de suivre la route qui monte on remarque des élevages de poulets désaffectés et détruits. Il y a un temps les oeufs des poules étaient d’or. L’affaire devait marcher et rapporter des sous. Le rapport avec la nature évoluait, avec l’établissement d’une économie d’extraction … des oeufs de poule. Tout cela a périclité.
Plus loin encore les ombres des dernières maisons. Sans doute les charbonniers ou les bûcherons y vivaient encore il y a 40 ou 50 ans ! L’homme s’est retranché plus bas dans le village, laissant derrière lui toutes ces vieilles épaves et des tas d’ordures.
La nature elle est toujours là. Ici deux cryptomères, plantés de main d’homme pour faire des poteaux électriques, sont encore debout.
Leurs congénères autour d’eux se sont effondrés ou brisés, et l’on voit la forêt se régénérer dans ce qui apparait un fouillis et qui en réalité est un message d’espoir.
Montagne, suite
J’ai donc commencé à tronçonner les troncs effondrés qui bloquaient tout passage. Il commence à faire plus clair.
Des chemins apparaissent.
Des akebis poussent et ont donné fruit.
http://en.wikipedia.org/wiki/Akebia
C’est du vrai bonheur me dis je ce matin en prenant ces photos. La nature; telle quelle. Dans toute sa splendeur silencieuse. On en pleurerait de joie.
En redescendant de la montagne, le chemin offre une belle vue sur notre maison.
On voit bien au centre, là la maison principale; l’atelier (tôles noires) et le hanaré, ainsi que le petit bout de jardin et la rivière qui coule juste devant.
Before After
A regarder les photos prises avant les travaux et notre installation ici au village, je me dis que nous étions bien courageux, ou désespérés, ou simplement dingues ou tout à la fois, d’avoir plaqué Tokyo et son confort …. pour cette bicoque en bois. Mais nous l’avons achetée, et après quelques travaux .. C’est beaucoup mieux maintenant !
Ceci est un clou
Ceci est un clou, en bois.
Pour la petite maison que nous construisons en remplacement du hanaré.
Le clou est en kashi. カシ(樫)
Attention, en français c’est le Cyclobalanopsis. Ou chène bleu du Japon. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclobalanopsis
PS (une semaine plus tard).
Bon. Vous le constatez, je perds mon francais. Il ne s’agit pas d’un clou, mais d’une cheville….. !
Les fondations
on creuse la terre avec la pelleteuse vert grenouille pour mettre les grosses pierres à niveau.
Sur les pierres viendront s’appuyer les piliers en bois. On fait comme autrefois ! Ce procédé est économique … pas besoin de camions toupie.
Les pierres posées, on a mis une couche de terre ‘masatsuchi’
La maison de 1000 ans
[Note de septembre 2014: j’ai plus depuis rencontre l’ancien proprietaire de la maison de 1000 ans]
La maison de 1000 ans. 1000, vraiment ? 千年の家
| 住所 | 〒671-2415 姫路市安富町皆河(問い合わせは姫路市教育委員会文化課) |
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|---|---|---|
| TEL | 079-221-2786 | |
| 定休日 | 千年家の公開は、土曜、日曜、祭日(年末年始は除く)のみ ※平日は団体のみ、要事前予約 | |
| アクセス | 車 | 中国自動車道「山崎IC」から車で約10分 |
Travaux et fin du hanaré
Finalement nous décidons de ne pas retapper le hanaré, mais de le détruire et de faire construire à la place. Le hanaré, construit après guerre avait beaucoup de charme, avec ses deux engawas, mais, construit avec du bois de qualité médiocre, il penchait un peu. De plus; il a été construit trop près de la maison principale, si bien que son mur côté nord était à à peine deux centimètres du toit de la maison principale… Imaginez le hanaré s’écrouler sur la maison pendant un typhon …
C’est donc un sentiment mélé de soulagement et de regrets qui accompagne la destruction du fragile édifice.
Nous faisons appel aux services de Sakichan, charpentier qui vit dans le village. Quel poete et quel personnage. La soixantaine, il est de petite taille, ses mains on dirait les mains d’un animal; tellement elles sont noires et puissantes. Il a toujours le sourire, on dirait un enfant. Clope au bec il court dans tous les sens et est increvable. Il sait tout faire. Il coupe les arbres dans les montagnes, les prépare, et construit d’énormes chalets un peu partout dans la vallée.
Le premier jour des travaux il nous dit de le suivre chez lui, pour aller prendre des cerises et voir ses chèvres. Il coupe des branches de ses cerisiers pour nous en offrir les fruits.
Il est secondé de sa femme et de K., 73 ans. A trois ils vont démonter le hanaré poutre par poutre. Au préalable ils seront montés sur le toit et auront récupéré toutes les tuiles; nous les réutiliserons pour la nouvelle construction.
On voit que le hanaré détruit, il ne reste aucun déchet.
A peine des clous rouillés.
Tout le bois, nous allons le donner à calcifer notre poêle à bois l’hiver prochain. Donc rien ne sera perdu de ce côté.
Pour les murs; ils sont faits de terre et de bambous. Nous pourrions donc les laisser tels quels dans le jardin.
Et les fondations, rien que des grosses pierres.
Les anciens tatamis, ils sont faits de paille. Idem, nous pourrions les laisser dehors et les observer retourner à la nature.
Voilà l’exemple parfait d’une construction écologique. Il n’y a aucune perte, puisque nous allons réutiliser jusque les tuiles du toit.
Lorsque nous avons discuté de la nouvelle petite maison à construire avec Sakichan, Sakichan nous a bien expliqué les avantages des constructions traditionnelles. A savoir les cloisons en tsuchikabe. Le tsuchikabe; fait de terre et d’un treillis de bambous est très solide et résiste au temps. Ne nécessite aucune maintenance. Et permet une meilleure isolation que les laines de verre etc qui de toute façon se comportent mal avec l’humidité de la région.
Nous allons donc faire construire selon les méthodes traditionnelles ….
Nous prenons quelques photos avant de tout raser ….
Le engawa du hanaré
vue de l’intérieur, avec les belles poutres en pin, les tategus. Deux belles pièces de 8 tatamis.
Voilà de vieux tatamis. Tout est fait avec de la paille, au contraire des tatamis modernes qui intègrent du plastique.
Sous les tatamis on découvre un ancien foyer. Le hanaré a été construit pour l’élevage des vers à soie.


































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