Catégorie: journal
Après le 11 Mars il y a dix ans
Nous vivions à Tokyo.
C’est le lendemain du 11 Mars un jour après le tremblement de terre et le tsunami que les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima ont commencé à partir en couille et font leurs meltdowns. (en réalité le partir en couille a commencé illico mais c’est le lendemain que j’en ai entendu parler). Puis on voit à la TV les réacteurs qui explosent; un à un.
Très difficile à ce moment de comprendre ce qui se passe. Jusqu’à un certain moment gros naif que je suis je me dis que les choses vont rester sous contrôle et que le gouvernement …. blah blah blah . C’est une intervention du premier ministre japonais le lundi qui suit qui me convainc du contraire et là je me dis ok il fait ce qu’il peut mais c’est hors de contrôle; on sait pas où ça va tout ça, faut prendre de la distance et se mettre en sécurité.
Bien sûr je dis ça alors qu’au même moment il y a des centaines de milliers de personnes dans les régions frappées par le tsunami qui ont perdu des proches et leurs maisons, mais c’est comme ça …
Et donc nous partons d’abord à Osaka, 600 kms à l’ouest. L’hotel à Osaka est plein de Français; des expats la plupart; leurs boites les rapatrient vers la France ou Hong Kong (la rumeur dit que tous les employés d’Areva japon très bien informés bien sûrs de la situation se sont tous barrés à Hong Kong = et ils ont bien fait).
Puis nosu partons aux US: j’avais justement un business trip prévu dans les semaines qui venaient pour travailler sur les budgets et mon boss d’alors nous rapatrie tous les 3 aux US où nous restons alors trois semaines; le temps de voir les choses un peu se décanter. Ca nous a bien aidé.
Trois semaines plus tard nous sommes de retour à Tokyo; les choses dans leur apparence sont retournées à la normale. Mais au fond tout a changé… notre fils n’ a alors que 7 ans. Rester à Tokyo l’expose t il à un danger ? Voilà la question que nous nous posons.
On Reprend le train train à Tokyo, au même moment il y a tant de malheureux plus au nord, et aussi les employés de Tepco qui essaient de refroidir et de colmater les réacteurs. Ils s’exposent à un tel risque. Dans les médias on voit des montagnes de mensonges et de désinformations; la vérité est si laide; elle ne peut être dite.
Les enfants et la vérité sont les premières victimes des guerres.
Tout celà je l’ai plus tard bien montré dans ma bande dessinée Tout Ira Bien.
Il faut ajouter que un mois avant le tremblement de terre nous avions emménagé dans une maison que nous avions achetée…. Quitter Tokyo … alors qu’on avait mis toutes nos pépètes dans cette maison … avec un gros emprunt à la banque… alors que tout semble normal ? Comment juger, s’il l’on peut rester … s’il vaut mieux partir … Nous sommes bloqués.
Les infos de l’ambassade française sont rassurantes. Mais …. il y a des intérêts politiques et économiques importants bien sûr et une collaboration considérable dans le domaine du nucléaire.
Les choses sont claires; les gouvernements … gouvernent… Ils ne sont pas omnipotents. Leurs capacités sont très limitées. Les marches de manoeuvre sont quasi nulles. Bien sûr si ils peuvent le faire ils vont tenter de protéger les populations mais dans de tels cas; de catastrophes majeures … ils peuvent pas faire grand chose et attendre quoi que ce soit de leur part est une grave erreur. Il revient à chacun de se protéger et de faire le nécessaire.
A tokyo un spécialiste de la criirad (Bruno Chareyron ?) fait une conférence. On va voir bien sûr.
Of course je visionne sur youtube tous les documentaires disponibles. Tout sur Chernobyl. Tout sur les essais des bombes. Tout sur les mines d’uranium. Tout ! On essaie de comprendre.
J’essaie de trouver un compteur geiger, très difficile à trouver sur le net. Ruptures de stock mondiale. Je donne un coup de fil à la criirad en France.
Une personne super aimable me répond je me souviens plus des détails mais elle m’envoie un compteur radex. Nous commençons à mesurer un peu partout; c’est passionnant tout ça ! On remarque des chiffres plus élevés au niveau de l’écoulement des gouttières autour de notre maison. Il y a eu donc des retombées suite aux explosions des réacteurs.
A Tokyo je déjeune avec une connaissance, un Russe qui s’est fait l’importateur exclusif au Japon de radiodétecteurs russes. Il me raconte comment il est allé visiter les fabricants Russes au milieu de la Sibérie. Une histoire extraordinaire, franchement. Il a dû gagner plusieurs millions de dollars c’est sûr avec ce business. Il me dit acheter toute sa bouffe à Costco (importée des US) et manger le moins de choses possibles du Japon.
Bien sûr le risque alors c’est dans les aliments. Car tout a été contaminé. Et chaque jour dans les journaux on découvre l’ampleur: les égouts sont contaminés et regorgent de césium. Les forêts sont contaminées. les sangliers sont contaminés. Le pollen des arbres est contaminé. La terre est contaminée. Les rivières sont contaminées. L’eau du robinet est contaminée. Le thé est contaminé. Les champignons. Le riz. Les poissons. Que mangent les vaches et les cochons ? La Russie arrête d’importer des voitures japonaises d’occasion; désormais radioactives … Bien sûr il y a toujours un spécialiste ou un professeur; directement sorti du cul du monde, qui va affirmer à la tv que le niveau de contamination mesuré est ‘dans les normes’. Les spécialistes; ça s’achète …
Avec Manu mon ami on se dit ok on va faire comme les punks à chien; se nourrir exclusivement de bière et de cacahouètes … Mais alors mon fils de 7 ans … pour la bière ….
Bref nous tournons en rond ainsi pendant un an. Il nous a fallu un an pour arriver à la conclusion de quitter Tokyo et sa région.
Les gens ont réagi de différentes façons vous savez. Les personnes les plus sensibles au sujet de la contamination radioactive sont parties tout de suite. en laissant tout derrière elles; D’autres, sont restées. La majorité je crois n’était pas vraiment inquiétée et a simplement continué son chemin. Je pense que les Japonais n’ont pas vraiment été sensibilisés à Tchernobyl, en 86. C’est loin. Et puis il y a l’image trompeuse de Hiroshima et de Nagasaki, car la vie y a repris et je crois que beaucoup faisaient l’analogie avec ces deux villes alors que les choses sont très différentes: Une bombe atomique c’est fait pour tuer le plus de monde possible très rapidement tandis qu’une centrale nucléaire qui explose va tuer beaucoup de monde aussi mais sur plusieurs dizaines d’années à petit feu. C’est pour celà qu’il ne faut pas comparer.
Mais bon rester à Tokyo pour nous c’était accepter le mensonge général du circulez y a rien à voir et partager une certaine culpabilité. J’ai fait analyser un échantillon d’urine de mon fils (à l’époque des essais atomiques atmosphériques dans les années 50 et 60 on détectait d’importants niveaux de césium dans l’urine des populations) on n’a rien trouvé ouf.
Et puis c’est l’analyse comparative de la pollution au césium de la terre de notre jardin à Tokyo et de la terre du jardin de mes parents en France qui nous a décidés à partir.
J’avais demandé à la criirad ce qu’ils pensaient de la concentration de césium mesurée dans notre jardin à Tokyo (cesium 134 …..85bq/kg cesium 137……129bq/kg). Ils avaient confirmé que ce n’est pas une valeur alarmante (compris dans les normes pour les aliments): bonne nouvelle pour tous les habitants de Tokyo et de la région.
Néammoins; le rapport de 10 entre ce que nous mesurions à Tokyo et le jardin de mes parents nous a décidé à partir. Vous voyez; pas vraiment une décision ‘scientifique’ mais nous avons alors suivi notre instinct.
Partir … nous ne voulions par partir pour fuir … on fuit mais on fait quoi; après ? Partir devait donc être un nouveau projet, une vie nouvelle, plus en phase avec notre nouvelle vision du monde; post Fukushima. Vivre à la campagne s’est imposé.
Un mois plus tard nous trouvions notre future maison dans l’ouest du Japon. Notre village ! Nous faisons le même test de concentration de césium sur de la terre prélevée autour de la maison (aucun césium de détecté) puis je dis à mon chef d’alors que je vais m’éloigner du bureau: aucun problème me dit il en s’allumant une cigarette; c’était une lucky strike.
Dix ans
Il y a dix ans c’était le 11 mars 2011 et le tremblement de terre. Grosse panique au bureau.
Je me souviens nous revenions juste de la cafétéria, et nous étions de bonne humeur après avoir déjeuné avec un collègue chinois et un collègue américain. Tous deux très brillants et je m’en souviens encore l’américain qui avait débuté dans les Marines nous avait parlé des missiles anti char guidés par fil. Tout s’est mis à secouer terriblement une demie heure plus tard; on était au 20è étage d’une grande tour.
Ma femme à ce moment là jouait dans un parc avec notre fils; il avait 7 ans. Ils ont eu une grosse pétoche dehors.
Ca a fait un peu peur mais franchement ce n’est que bien plus tard; le lendemain même que j’ai vraiment compris ce qui s’était passé avec le tsunami qui a causé tant de pertes humaines et matérielles. Car à Tokyo il n’y a eu guère qu’une grande frayeur mais très peu de dégats.
Des centaines de miliers de personnes ont dû marcher jusqu’à chez eux ce jour là car les trains par mesure de sécurité étaient arrêtés. Les marchands de bicyclettes ce jour là ont vendus tous leurs vélos!
Moi craignant les mouvements de foule je suis resté pougner au bureau jusqu’à minuit pour rentrer à la maison à pied la nuit. C’était une belle marche. Simplement j’avais des chaussures d’employé de bureau; pas faites pour la marche.
Et puis c’est seulement de longues heures plus tard que j’ai commencé à comprendre l’étendue des destructions le long de la côte du Pacifique avec le tsunami. Et plusieurs heures plus tard encore j’ai commencé à entendre parler de la centrale nucléaire de Fukushima.
Tout celà a causé tellement de peine. Nous qui habitons au Japon depuis si longtemps et qui aimons tant ce pays de voir soudainement tant de malheurs et de désolation.
Nous avons pu aussi constater la résilience de la société car elle a encaissé un tel enchainement de catastrophes sans se briser ou se fragmenter.
Mais dix ans plus tard on se souvient encore.
Passer à la télé !?
En 2019 j’écrivais avoir refusé passer à la télé … je ne regrette pas d’avoir refusé à l’époque …
Cette fois ci par contre … je n’ai pas pu y échapper et ça a été une bonne expérience. La télé locale a en effet monté un petit reportage sur notre vallée et en particulier le bureau des eaux et forêts (qui est à trois minutes en vélo d’ici) et la variété de cryptomères caractéristique du village.
Comment ça s’est passé. Mon ami S a il y a deux ans construit un magnifique garage en rondins, pour les eaux et forêts. J’ai observé l’opération de prêt, en prenant 800 photos lors de la construction. J’ai ensuite fait un petit book de ces photos que j’ai offert entre autres au boss du bureau des eaux et forets.
Or, l’équipe de l’émission vient faire du repérage et visite leur bureau … on leur montre le book; qui tout de suite attire leur attention. Qui est ce wakamé tamago ? Quel nom ridicule! un français dans le village ? En parallèle mon ami S est également invité à participer à l’émission en sa qualité de charpentier. Il a toujours utilisé les cryptomères de la vallée pour construire des maisons et même des bancs.
Cette fois je peux pas me débiner … Et puis quel honneur pour moi de passer à la télé avec S mon ami et tous les gens formidables des eaux et forêts. C’est toujours bien de se trouver en bonne compagnie….
L’émission a été diffusée la semaine dernière. Quelle belle partie de rigolade ! Ach !
On m’a passé un enregistrement de l’émission, je vais en poster des extrait sur ma chaine youtube celà donnera un belle idée de notre environnement. Par contre ajouter les sous titres va prendre un peu de temps … Un peu de patience please….
Progrès sur la Nouvelle bande dessinée
J’ai pu bien me remettre à mon projet de bande dessinée.
Ce que je mets dans cette bande dessinée, ce sont des choses et des idées; des images que je ne peux pas écrire ici. Vous diriez en me lisant, il est dingo ! C’est un rêveur! Pourquoi pas l’enfermer (par contre il l’est déjà avec les fous dans son village!) ces idées c’est mieux de les mettre en dessin…
L’histoire, c’est notre installation au village; comment nous avons quitté Tokyo pour commencer une nouvelle vie ici. Des nombreux épisodes évoqués dans le blog sont également dans la BD mais se développe un autre récit en parallèle; qui tient beaucoup plus du fantastique et de la poésie…
J’utilise un software made in japan pour dessiner; Clip studio paint. Vraiment très bien fait. Parfait pour faire des DB. Voici ce que ça donne…. Encore une douzaine de pages … Je vois le bout du tunnel…
De gros soucis au boulot m’avaient stoppé net il y a deux ans. Cela m’a forcé à faire une pause très très longue. Je suis très heureux d’avoir pu m’y remettre ces derniers mois et de voir que je continue….

Les nichoirs
Les nichoirs que nous avions préparés, je les ai installés dans notre montagne et ils font vraiment un bon effet.
Comme des drapeaux hissés, surplombant le village.
Hâte de voir s’ils plairont aux oiseaux! On commence à penser au printemps ….

Découverte d’un sanctuaire shintô
Nous faisons un tour, mon épouse et moi, dans une vallée que nous connaissons peu, à vingt kilomètres de chez nous pour faire cette belle découverte que je veux partager avec vous.
Il s’agit d’un sanctuaire shintô, que nous trouvons vraiment par hasard… Il est un peu en retrait des habitations. De beaux arbres le protègent. Une pancarte donne mille ans à ce sanctuaire. Ca nous rajeunit pas.
Tout de suite nous sommes saisis par la sérénité du lieu.
Il faut apprécier tout cela dans son ensemble, les arbres, le calme et le silence, ces bâtiments, la lumière, la petite bouteille de saké déposée en offrande et puis aussi, le fait qu’il n’y a pas âme qui vive.
Le quart d’heure que nous y passons nous lave et nous débarrasse de tous nos soucis éventuels, les quinze minutes nous nettoient, nous resynchronisent avec nous mêmes; On est prêts à repartir.









Un texte sur les producteurs de pomme
Pat est un ami qui vit au nord du Japon dans la préfecture d’Aomori. Ses beaux parents sont producteurs de pomme. Aomori est très connue pour ses pommes.
Souvent il travaille dans les champs familiaux et connait le sujet…
Sur son Facebook (se prononce: fessebouc) Pat a écrit ce très beau texte sur les producteurs de pomme. Il y décrit tout le travail nécessaire pour faire de délicieuses et belles pommes qui sauront satisfaire une clientèle très exigeante.
Imaginez des champs de pommiers, entourés de montagnes. La région est sauvage et est connue pour ses ours et ses singes. Une grande partie du travail se fait à la main, la mécanisation étant difficile à cause du terrain.
Les belles pommes ne poussent pas toutes seules….
Apple Cornucopia
Can we truly appreciate the effort and care that so many people make so that we can leisurely stroll down the aisle in the air-conditioned comfort of favorite grocery store, where staff put on display a cornucopia of foods from so many places, so far and near, so that we can have at our convenience almost any food we desire at any time of year.
Think of the apple, because of it we were banished from the Garden of Eden, we remain forever hungry; humanity has spread itself all over the earth searching for food and also sowing seeds along the way.
And I thought nature did all the work, thinking apples framers simply reaped the harvest in the autumn.
Shamefully my ignorance does not suffer from loneliness. I didn’t know that during winter month’s apple farmers put on snow shoes to allow them to get around their orchards in the cold of winter to trim apple tree branches just right to promote fruit production before buds appear in early spring.
I didn’t know that they needed to bring in helper “rental bees” to pollinate the buds because of shortage of wild bees, and if there are not enough “rental bees”, field workers roam the orchards like full grown pixie fairies sprinkling pollen on the blossoms with their tiny wands.
I didn’t know that with so many buds flowering in spring, workers must manually remove many of the buds; An apple tree goal is to produce as many seeds as possible, let it grow wild and the number of fruit increases but the size of fruit decreases.I didn’t know there was such a shortage of apple field workers; as a result they seldom finish removing buds before the fruit appears, so the work continues during the spring removing some of early fruit.
I didn’t know that during summer months farmers are continuously cutting grass and weeds in order keep the mice population contained, because mice also like apples, and apple tree bark and apple tree roots.
I didn’t know that when fall arrives, it’s paramount that all those apples hiding within tree`s foliage must get a sun tan.
Sunshine is needed in order to get a nice red color. Workers diligently remove leaves to reduce the shade, and if needed, gently rotate each apple so that it ripens evenly. And many farmers carpet their orchards with reflective sheets to ensure nice red apple bottoms.
I didn’t know that when that an inexperienced pickers (like myself) causes a lot of damage while learning.
With the shortage of workers, apples farmers have developed a very high tolerance for incompetence of the inexperienced.
One does not pull the apple of the tree, you must gently roll the apple upward while you apply gentle pressure on the stem so that the apple stem remains attached and not break the branch or scratch the apple in the process.
If an apple is out of reach, try not to be tempted to pull the branch down, because when you let go the branch you might catapult an apple at someone.
One should never work alone, ladder falls and twisted ankles are all too common. One might swear that the trees are alive and there branches move, very time you raise your head quickly, a branch is waiting to meet it.
Lacking experience, ignorantly you think you can work while listening to your favorite music with headphones, but you cannot hear your fellow workers cry if they fall, nor you will hear them scream that a bear is behind you, as bears like apples too!I didn’t know how heavy the apple baskets could get, you hold the basket in one hand while picking with the other.
Each apple must be placed in the basket as gently as if you were would a freshly laid egg. Your basket gets heavy quickly, but don`t drop it, and don’t step on any of the many fallen apples, you might twist your ankle or fall over and break your back.
I didn`t know how cold and wet the Autumn could be when standing outside all day, Apple workers wake up early and work diligently though the day until the last light of day.
I didn’t know that most apple field workers are in late 60s , many in their 70s or 80s and the average age of workers is not getting any younger each year. One has awkward feelings when fellow field workers treat you as child, they are never scolding always mindful of you.
I know now to appreciate the skill and strength with which these humble people diligently performs their work, very much a skilled labor as any other. I know now to respect and admire those elderly workers, who work without complaint, standing on top tall ladders, hauling heavy baskets of apples ever so gently in the cold and wet winds of autumn.
I know now that they do this work not only to earn a living (a very modest one) but more so to share with others a ritual of life which all of our ancestors have done since we humans ceased to be nomadic hunters. It’s during the morning and afternoon breaks that it all sinks in, you all gather together to have a warm drink and some sweat snack to refuel, you chat about nothing but laugh about everything. In these few moments the problems of the world do not exist.
You are together, and that all the really matters. I know now that the shared experience of producing and gathering your harvest is a truly sacred one.
That the people who produce the food we eat are in reality performing one of the most noble acts love for their fellow mankind that one could imagine.
If I look at an apple now, I see so much more
Restauration d’une maison ancienne
Il y a trois ans, un charpentier du village monsieur Tozawa a fait l’acquisition d’une maison ancienne, datant de 150 ans.
Voici l’article avec quelques photos de ce qui était le début de ce chantier de restauration. (2017)
C’est une construction typique. On note que le plan original de la maison est tout comme les nôtres: 4 pièces à tatami sur la gauche, avec dans la pièce au fond orientée Sud, le tokonoma et l’emplacement de l’autel bouddhique. A droite un espace pour la cuisine et une pièce où l’on gardait une vache. Tout cet espace à droite était directement aménagé sur la terre battue, tandis que l’espace à gauche était élevé par rapport au sol, avec un plancher. Il y a 8 ans cette structure, ce plan de la maison traditionnelle japonaise ici dans la région je m’y attardais dans l’un des premiers articles de ce blog formidable. Article
Mister T restaure cette maison ancienne pour s’y installer et y vivre avec sa famille. Il y travaille donc entre deux chantiers lorsqu’il a le temps. Ceci explique la durée du projet car, sinon à temps plein je pense qu’il torcherait le projet en 4 ou 5 mois.
La semaine dernière je me suis offert une belle balade à pied; histoire de marcher vers le sud, vers l’entrée de notre vallée à sept kilomètres, pour y acheter une bouteille de saké. En chemin je suis passé devant la maison en travaux et coup de bol monsieur T y était et m’a très aimablement invité à venir voir à l’intérieur, pas besoin de dire que je ne me suis pas fait prier.
La maison il y a trois ans

La maison Maintenant


La toiture a été refaite. A noter, sous la toiture métallique il y avait du chaume. (茅葺 かやぶき)Je suppose qu’il a laissé le chaume tel quel et qu’il ne l’a pas remplacé. Autrefois chaque village préservait un terrain où l’on faisait pousser les plantes nécessaires à la production du chaume; et ce pour les toitures des maisons. A savoir aussi que les plus pauvres utilisaient de la paille de blé pour leur toiture.
Ces deux photos ci dessous seront la pièce d’habitation principale. A noter les poutres impressionnantes, et d’origine.
Je note aussi que ce chantier est vraiment bien rangé et très propre. On mangerait par terre…


Les poutres et les colonnes sont gardées telles quelles. Tout celà a au moins 150 ans.
La maison est posée sur des pierres
A noter que la maison japonaise n’a pas de fondation. Les colonnes sont simplement posées sur des pierres. Il y a toute une théorie.
La maison japonaise est conçue pour osciller lors des tremblements de terre. Osciller par cela je veux dire que la maison, parce qu’elle est faite en bois, est souple et absorbe l’énergie cinétique du séisme, sans se briser. Pour cela laisser reposer la maison sur le sol sans être fixée à celui ci permet d’absorber l’énergie et d’éviter le mécanisme que les spécialistes nomment le retour de bite. C’est ce retour de bite qui peut faire briser des éléments de la construction sous l’effet du séisme.
L’idée donc c’est que la construction n’est pas seulement souple; mais aussi qu’elle flotte sur le sol.
Un ennemi: l’humidité.
Une maison en bois a deux ennemis. Les termites et l’humidité. Pas de termites dans la maison de monsieur Tozawa mais l’humidité a en effet un peu ‘bouffé’ les parties basses des colonnes. Nous avions vu cela aussi chez nous lorsque nous avions fait les travaux, en particulier dans la partie de la maison où l’on gardait autrefois la vache …
Mr T a soulevé la maison avec des crics, et a remplacé les partie basses des colonnes porteuses, endommagées par l’humidité, par de nouvelles pièces. On appelle cette technique netsugi 根継ぎ


Un point primordial, pour la maison japonaise qui est faite en bois et pour le climat japonais très humide l’été, c’est de garantir des ouvertures entre le sol et le plancher. L’aération permettra de réguler l’humidité et donc de préserver les structures en bois et mais aussi garder la maison de la visite de termites.
C’est pour cette raison que Tozawa laisse une ouverture entre le sol et les murs (on voit bien le filet de lumière sur la photo ci dessous): la partie entre le sol et le plancher sera donc toujours bien aérée.

La beauté des poutres
Tout ça c’est vraiment de la belle ouvrage comme on dit chez vous, et les photos suivantes s’attardent sur la magnifique charpente, vieille de 150 ans donc. Je pense que la plupart des pièces sont du marronnier (comme chez nous).
On ne peut pas ne pas admirer la belle dynamique des poutres qui s’emboitent les unes dans les autres. Et bien sûr les charpentiers de l’époque ont utilisé savamment les courbes de ces poutres.


Il faut remarquer que ces énormes poutres; qui datent de Napoléon III; n’ont cessé de vriller.
On voit bien comment cette tête de poutre (photo ci dessous) s’est déplacée légèrement de son support.
A noter aussi le mur en torchis d’origine sous la poutre. La partie neuve en latis sera ensuite recouverte de shikkui (enduit traditionnel)

Ici Mr T a remplacé une poutre par une nouvelle; et les intonations un peu roses du bois nous informent que c’est du cerisier. Avec de belles chevilles carrées (komisen 込み栓)

Voila!
Franchement ça fait plaisir de voir que monsieur Tozawa investit ainsi dans une ancienne maison.
Dans ce chantier on voit aussi sa maîtrise technique du métier ainsi que son sens de la beauté.
Que choisir comme titre… déblocages ?
Ce matin nous avons fini de récolter les patates douces. En tout, des patates douces, nous en nous avons récolté plusieurs brouettes. En cette saison, où le jardin produit plus que ce que mangent les insectes, nous sommes auto suffisants en légumes à 90 pour cents. 90 pour cents car nous n’avons pas produit de pommes de terre.

Il y a quelques années j’avais planté de nombreux arbres dans notre petite montagne. oliviers; pommiers; marronniers, érables, noyers, cerisiers….L’année dernière les dégâts causés pas les sangliers m’avaient choqué et je l’avoue un peu découragé. Ces cochons de sangliers avaient entièrement saccagé une petite dizaine d’arbres, que pourtant protégeaient des grilles métalliques et des piquets.
Je suis allé récemment inspecter les arbres, je ne vais pas dans la montagne l’été à cause des trop nombreuses sangsues. Et pour mon plus grand plaisir j’ai pu vérifier que les rescapés se portent bien, et que cette année il n’y a pas eu de nouveau dégât.
Cela m’a vraiment fait plaisir. J’ai d’ailleurs pu faire une première récolte de yuzus, avec les yuzu plantés il y a 3 ans… Génial !
Celà me donne plus encore envie de continuer de m’occuper de notre tout petit bout de montagne; et d’y planter de nouveaux arbres (kaki, marronniers).



Un autre sujet où je me suis retrouvé bloqué…. Ca fait presque deux ans que j’avais arrêté de travailler à mon projet de bande dessinée sur notre vie ici au village.
Raison, un gros changement au travail où mon équipe avait été transférée à un bourreau roumain. Ca a résulté à neuf mois de galère et de très grosses incertitudes. (faut dire, même si nous caressons l’autosuffisance en légumes nous ne sommes pas encore autosuffisants en pépètes). Ca a résulté aussi à l’atomisation de l’équipe (une équipe formidable, une vraie bande de potes, que j’avais mis 4 ans à construire petit à petit), chacun essayant d’échapper à l’affreux bourreau roumain en trouvant d’autres jobs en interne …. Il m’a fallu neuf mois pour atterrir sur un autre job, mais en tout avec tous ces changements c’est une pause de deux ans que j’ai faite sur mon projet de BD. Ce projet de BD que j’aimerais vraiment finir de mon vivant.
Certains d’entre vous diront: comment Wakame Tamago peut il faire une BD alors qu’il ne sait pas vraiment dessiner ? Et bien regardez, l’équipe gouvernementale française …. qui gouverne sans savoir vraiment gouverner … Vous voyez, c’est tout à fait possible.
Et donc j’ai pu enfin m’y remettre au projet de BD … J’ai de nouveau la tranquillité d’esprit et puis aussi assez de confiance en moi pour pouvoir continuer.

On approche des fêtes. Envie d’un peu de vacances et de repos.
Avec ce corona ca aura eté une année vraiment spéciale et difficile pour tout le monde (sauf pour la Chine capitalocommuniste qui a engrangé les victoires).
Je vous remercie du fond du cœur de continuer à me lire et à vous intéresser à nos petites divagations … J’espère que vous pourrez passer de bonnes fêtes, en bonne santé, et en bonne compagnie. Bisous.
Récolter des ginnans
Ginnans, ce sont les petites boules jaunes vertes que vous avez peut être déjà mangées dans un restaurant de type izakaya.
Techniquement ça n’est pas un fruit, mais disons que c’est la noix du fruit du ginkgo. Cet arbre souvent majestueux que l’on nomme en japonais ichou. (se lit itcho).
le ‘fruit’: ginnan 銀杏
l’arbre: ichou 銀杏 ah oui les deux mots s’écrivent avec les mêmes idéogrammes ….
Ce matin nous allons récolter des ginnans avec mon ami S. Il fait un temps magnifique. Comme vous pourrez le constater le processus de retirer la pulpe du fruit se fait en plusieurs étapes et prend beaucoup plus de temps que la récolte en elle même!
Voici la vidéo !
Ce ginnan c’est assez bon. Un peu d’amertume. Pas sans l’accent de noisettes. Mais plus que le goût à mon avis c’est la texture qui est d’intérêt. Et la chose en elle même.
Mais le ginnan contient des neurotoxines. Une consommation assidue, ou excessive peut conduire à des pertes de conscience, ou même la mort. Des décès ont en effet été rapportés pendant les périodes de disète au cours de la guerre.
Mais il faut aussi considérer que ces arbres font partie des espèces végétales les plus anciennes, puisqu’ils ont précédé les dinosaures de 40 milions d’années … quelle invitation au voyage (dans le temps). quelle dimension poétique !

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