Passer à l’orange et accidents de chasse

Cette année j’ai arrêté de porter des treillis militaires pour les travaux du jardin et dans la montagne.

Changement radical de style: Je suis passé à l’orange, et porte désormais des salopettes de cette couleur.

Le but, c’est de repérer facilement les sangsues et éviter que, indétectables sur les motifs de camouflage, elles arrivent à se promener dans mon slip !

sangsue sur salopette

sangsue sur salopette

Question treillis militaire nous aimions bien les camouflages à base de points Flecktarn de la Bundeswehr (allemagne fédérale), avec ce motif qui évoque les forêts de la lointaine Europe. Et aussi la variante désert qui convient très bien à la chaleur de l’été Japonais … mais bon …. par contre essayez de repérer une sangsue se promènant la-dessus …. C’est purement impossible.

camouflage

camouflage

Le pratique l’emporte sur l’esthétique.

Un autre soucis c’était d’éviter des accidents lorsque je travaille dans la montagne en période de chasse. Un mouvement, et hop on pourrait être pris pour du gibier et se prendre des plombs. J’avais donc posé la question à un bucheron qui travaille dans la région. Je lui avais demande s’il recommandait d’éviter de porter des camouflages militaires et s’il valait mieux opter pour des couleurs très voyantes. Sa réponse avait plus fait que m’étonner.

Le raisonnement du bucheron: ‘en fait la plupart des chasseurs sont des gens agés. Ils ont une mauvaise vue. Ils tirent plutôt a l’oreille, dans la direction des bruits que ferait un animal dans la montagne. Plutôt qu’un pantalon orange, mieux vaut emporter avec soi une radio, et mettre la musique à fond. C’est le meilleur moyen pour éviter les accidents de chasse (et aussi éviter les ours).’

Etonnant non ?

Message du temple #3

De retour de France

Nous avons passé une dizaine de jours en France et je note ici quelques impressions. Tout ce qui suit est confus et écrit très maladroitement.

Lorsque l’on vit au Japon on est toujours surpris un peu par ce que l’on peut voir en France. Car certaines choses de la vie de tous les jours sont très différentes d’un pays  l’autre. Rien de bien spécial mais en voici une liste.

La diversité et la démographie: En France j’apprécie la très grande diversité des gens et la mixité des cultures. C’est source de richesse. C’est très différent du Japon où la population est homogène et est constituée de Japonais à 97-98%. On note aussi les nombreux enfants et les nombreux bébés en France, alors qu’au Japon les enfants sont rares et la population vieille; un quart de la population a plus de 65 ans.

Un peu partout j’ai vu les villages en France s’agrandir avec de nouveaux lotissements et des pavillons en construction. Tous semblent être conçus selon les mêmes modèles. C’est moche et sans caractère. Rassurez-vous, c’est pareil ici au Japon. Globalement le monde s’enlaidit-il ? Partout aussi des supermarchés et des grandes surfacent bloquent la vue et enlaidissent le paysage. beurk ! ! !

Si je me promène dans un bois ou un jardin en France, je suis étonné par le peu de chant d’oiseaux, et d’insectes. De même je n’arrive pas à sentir la puissance de la nature, alors qu’au Japon la nature nous submerge de son énergie. Les climats ne sont pas les mêmes et c’est sans doute l’explication à cela.

La beauté des cathédrales. Après une visite à Carrefour on voit bien que le monde est vide et que la bêtise heureuse l’emplit. Mais une visite à la cathédrale de Chartres nous rappelle ce que l’homme a pu construire 800 ans avant nous. Je suis catholique non pratiquant et je me demande ce que cela peut bien signifier. Dans un sens, notre vie à la campagne est une fuite de la ville et de la société de consommation. Dans le village, la nature emplit tout de son énergie. C’est presque religieux. Je ne trouve pas cette énergie dans la campagne française, mais la cathédrale de Chartres m’indique qu’il y a un autre chemin vers la vérité et l’amour, et qu’il peut être suivi via la religion.

La civilisation du loisir, le nombre de gens en vélo ou qui se baladent dans les campagnes est phénoménal en France. D’autant que j’y étais en aout. On a l’impression trompeuse que tout le monde est en vacances et a du bon temps. Le Japon par contre fourmille sans interruption, à part pour « O-bon » et le nouvel an. On a l’impression de deux conceptions qui s’opposent, ceux qui vivent et travaillent pour s’éclater pendant les vacances et ceux qui vivent et travaillent tout simplement.

Nous avions laissé dans le jardin de la maison familiale un petit jeu de badminton. Constitué de deux tuyaux métalliques et d’un filet. Le tout d’assez mauvaise qualité, produit Décathlon. Un truc à 20 Euros maximum. Eh bien un passant s’est servi et l’a emporté avec lui.

Choc aussi bien pour nous que pour la famille en France car c’est une violation de la propriété privée. Pour nous du japon ça nous rafraichit la mémoire sur le chapardage permanent qui sévit en France. Au Japon il y a peu de délinquance, le crime en général est organisé et se focalise sur le gros business. A la maison je laisse voiture et camionnette portes ouvertes et l’entrée de mon atelier où il y a facilement pour 4 mille euros d’outils est sans serrure.

Par contre, si la délinquance est présente partout en France nous au village nous subissons les razzias quotidiennes des chevreuils

Typhon numéro 11

Ah donc ce serait le onzième typhon cette année ? Celui-ci passe dans la région, traverse le Japon dans un axe sud nord, à hauteur de Shikoku.

De fait il pleut énormément. Toute la nuit.

typhon 11
typhon 11

Au matin la rivière qui traverse le hameau et longe notre jardin est déchainée. D’habitude un si calme cours d’eau que Minou traverse pour aller se promener en forêt. Et transformé en torrent d’eau et de terre. C’est très impressionnant. La force des éléments !

Heureusement dans le village pas de dégât.

4:30 du matin

Les photos datent d’un mois déjà. De juin.

Avant les premières chaleurs de juillet. Oui les photos et cette promenade c’était le 10 juin. Je m’étais réveillé très tôt, par hasard, à 4 heures trente, au moment du lever du jour.

route au matin

route au matin

Une belle promenade donc. En marchant de la maison vers le fond de la vallée. C’est l’une de mes promenades préférées ici. On monte jusqu’à un très joli hameau. Il y a de belles maisons, dispersées le long de la rivière. Des maisons sont plus anciennes que d’autres, mais elles se fondent admirablement avec le paysage des montagnes et des forêts.

On voit qu’à une certaine époque on vivait pleinement en harmonie avec la nature. Certaines maisons se fondent dans la forêt et ne font qu’un.

la maison se fond dans la montagne

la maison se fond dans la montagne

Plus loin en continuant de suivre la route qui monte on remarque des élevages de poulets désaffectés et détruits. Il y a un temps les oeufs des poules étaient d’or. L’affaire devait marcher et rapporter des sous. Le rapport avec la nature évoluait, avec l’établissement d’une économie d’extraction … des oeufs de poule. Tout cela a périclité.

adieu poulets

adieu poulets

 

Plus loin encore les ombres des dernières maisons. Sans doute les charbonniers ou les bûcherons y vivaient encore il y a 40 ou 50 ans ! L’homme s’est retranché plus bas dans le village, laissant derrière lui toutes ces vieilles épaves et des tas d’ordures.

maison detruite

maison détruite

La nature elle est toujours là. Ici deux cryptomères, plantés de main d’homme pour faire des poteaux électriques, sont encore debout.

Leurs congénères autour d’eux se sont effondrés ou brisés, et l’on voit la forêt se régénérer dans ce qui apparait un fouillis et qui en réalité est un message d’espoir.

la nature

la nature

Vive l’amour !

Tour à vélo jusqu’au bout de la vallée. Belle grimpette; on passe au dessus d’un grand barrage et la petite route toujours déserte serpente entre la montagne et les courbes d’un lac artificiel.

A peine aperçoit-on ce soutien gorge accroché à une branche.

Vive l’amour !

 

les dessous chics

les dessous chics

 

 

Lecture: Permaculture

Des notes de lecture pour ce 300ème article !
Après avoir découvert leur fantastique ferme sur youtube (https://www.youtube.com/watch?v=5w3VqluGfGY) j’ai lu le livre ‘Permaculture’ par Perrine et Charles Hervé-Gruyer. Un très beau livre, très bien écrit, avec beaucoup d’intelligence et un bon style. Qui relate le cheminement des auteurs et les diverses réflexions, inspirations et techniques qui ont conduit à la réalisation de la ferme du Bec Hellouin.

permalecture

permalecture

Les passages où l’on évoque les tribus d’Amérique du Sud ou d’ailleurs et où l’on évoque la relation respectueuse et symbiotique de l’homme premier avec la nature sont particulièrement intéressants. Il y a aussi un peu d’utopie. Et pourquoi pas s’offrir une lueur d’espoir. Si il y a de la lumière au bout du tunnel, ça n’est pas forcement un train.
  • Editeur : ACTES SUD (10 septembre 2014)
  • ISBN-10: 2330034342
  • ISBN-13: 978-2330034344
En voici quelques extraits.
(numéro de page non noté)
Nous avons progressivement cessé de croire que nous faisons pousser les plantes. Le potentiel d’une plante est contenu dans la graine; la mission du sol est d’assurer sa germination puis sa croissance. Nous ne sommes que les modestes assistants de ces forces de vie. Notre mission est d’offrir aux plantes les conditions les plus favorables à leur épanouissement. Nous sommes les serviteurs des vers de terre!
p60-61
D’où vient l’inébranlable sérénité des Wayanas ? Cette absence d’angoisse du lendemain ? Du fait que la nature environnante leur donne potentiellement tout ce dont ils ont besoin pour vivre bien, jour après jour. Ils sont entourés d’une nature fertile et ont les compétences nécessaires pour en tirer leurs ressources. Ces deux éléments sont également importants:
la disponibilité des ressources, d’une part, et la capacité d’en tirer profit, d’autre part. Cela explique pourquoi les Améridiens perçoivent la forêt amazonienne comme une mère féconde et généreuse, et pourquoi nous les Blancs lé décrivons souvent comme jungle hostile, l’enfer vert: nous sommes incompétents pour vivre de cet environnement si différent du nôtre!
Chez les Wanayas, quasiment rien ne s’achète, hormis les produits apportés par les blancs qui leur sont devenus nécessaires. Comme les autres peuples premiers, les Amérindiens savent tirer parti des ressources biologiques- bois, plantes, fibres, os, plumes terre- pour fabriquer leurs objets usuels: cases, pirogues, petite mobilier, hamacs, arcs et flèches, vanneries, poteries, objets rituels ….
Ces objets ont tous en commun d’être parfaitement adaptés à leur usage, légers, solides, biodégradables et non toxiques, tout en étant habilement décorés. L’art se conjugue à l’outil jusque dans le plus humble des outils.
Voici qq points essentiels qui différencient nos sociétés modernes et les peuples traditionnels:
Les resources en nourriture, matériaux et énergie sont généralement abondantes dans l’environnement immédiat des communautés tribales.
Ces ressources appartiennement collectivement à la communauté et sont gratuites.
Chaque individu (ou chaque communauté) possède l’ensemble des savoir-faire qui lui permettent de satisfaire à ses besoins essentiels gràce aux ressources naturelles. L’argent n’est donc pas nécessaire, les échanges se fondent sur le don ou sur la réciprocité.
(…)
Tout cela procure un profond sentiment de sécurité. Les peuples premiers ont peu d’objets, réglementées peu comparés à nous, mais ne leur manque de ce qu’il leur est nécessaire pour assurer leurs besoins vitaux: habitat, alimentation, vêtements, outillage (….)
Il convient du reste de relativiser la notion de travail: celui-ci n’a pas le caractère contraignant qu’il revêt chez nous. Chasser, pêcher, cultiver le manioc, fabriquer des outils sont des activités appréciées. Il leur reste quantité de temps libre pour entretenir des relations sociales, célébrer leurs fêtes et leurs rites.
p71
Se nourrir est un acte aussi intime que faire l’amour.
Quand vous faites l’amour, la fusion est totale. Mais l’intimité des corps va bien au-delà du physique : l’énergie de votre amant vient s’enfoncer profondément dans votre bulle énergétique. C’est pour cela que l’acte sexuel, selon la manière dont il est vécu, peut être source d’immenses bienfaits comme de profonds désordres. Il en est de même à chaque repas. Les molécules ingérées vont beaucoup plus loin que le sperme : elles rejoignent chacune des milliards de cellules qui nous constituent.
Ingurgiter des aliments industriels pollués est une forme de viol de notre corps. Une atteinte à la vie. Donner ces aliments à nos enfants peut être vu comme un assassinat à petit feu. Nous voulons tous le meilleur pour nos enfants, n’est-ce pas ? Devenir plus conscients du rôle de l’alimentation pourra nous aider à faire les meilleurs choix pour eux. L’apprentissage d’une alimentation saine devrait faire partie des fondamentaux de l’éducation, tout comme la gestion du stress et la résolution non violente des conflits. Mais ces choses importantes ne s’enseignent pas à l’école. (….)  Manger est un acte sacré qui devrait être entouré du plus grand respect. Au fond, pour l’acte sexuel comme pour notre nourriture, tout est affaire d’amour.
p93
Dès nos premières recherches, notre attention est attirée par un système de culture plurimillénaire, sorti de l’oubli par la permaculture: la culture sur buttes permanentes. Cette approche se fonde sur un constant simple: dans la nature, le sol n’est jamais travaillé. De plus, il est généralement toujours couvert par une litière de végétaux en décomposition. En créant des buttes de culture permanentes, nous évitons de détruire le potentiel de fertilité du sol par des passages d’engins mécaniques ou par le bêchage. Les organismes vivants du sol; vers, bactéries, champignons, algues, etc vont pouvoir prospérer et améliorer naturellement la structure et la fertilité du sol. Si de plus le sol est court par un paillis, ou mulch, les éléments fertiles du sol ne sont plus lessivés, les désherbage est réduite, les réserves d’eau du sol sont protégées de l’évaporation, les premiers centimètres du sol ne sont pas stérilisés sous l’action du soleil, et cette litière, en se décomposant, réalise un véritable compostage en place.
p210
L’industrie, l’agriculture et la pêche contemporaines sont enfermées dans des logiques ‘extractives’, comme des carrières: on puise dans les ressources de la planète, jusqu’à épuisement. Pour assouvir nos besoins et nos désirs, les agriculteurs dilapident les ressources en matière organique des terres arables; les pêcheurs vient la mer des stockes poissons, les industriels épuisent les gisements de minéraux du sous-sol, et nous tous, collectivement, asséchons les réserves d’énergies fossiles. Nous prenons sans rien restituer. Nous vivons sur le capital de la terre, une telle politique est suicidaire.
p211
L’avenir est à une économie écosystémique, circulaire, qui crée de la richesse à chaque étape des cycles d’échanges, ne gaspille rien, se contente de prélever les intérêts du capital de la Terre. Ce type d’économie s’inspire de la nature et s’appuis sur les forces du vivant, car seul l’organique est capable d’engendre un accroissement naturel des ressources. Il faudra ré-apprendre à vivre presque exclusivement des ressources biologiques, comme le faisaient nos ancêtres.
p293
Le chômage est un fléau des sociétés industrielles sur le déclin qui semble impossible à contenir. Tous les gouvernements successifs en font leur priorité, avec les résultats que l’on sait. Peut-petre conviendrait-il de prendre un peu de recul  et de considérer l’histoire récente de notre pays ? Au début du XXè siècle un choix politique a été fait: privilégier l’industrie au détriment de l’agriculture. En sous-payant les produits agricoles, on libérait du pouvoir d’achat au profit des biens industriels. En ponctionnant la main d’oeuvre agricole on disposait d’ouvriers pour les usines. L’exode rural et le gonflement des villes allaient dans le sens d’une politque centralisée et d’une certaine vision du progrès.
Nous avons évoqué les 5,45 millions d’emplois agricoles qui ont disparu en France depuis 1955? Ces millions d’emplois détruits correspondent à peu près au numbre de chômeurs actuels. Pourtant, personne ne fait le lien entre les emplois détruits et les emplois manquants.
p296
‘Les hommes sont comme les pommes: plus on les entasse, plus ils pourrissent.’ affirmait Mirabeau.`
p306
Les satisfactions sont à la hauteur de l’investissement personnel et des risques encourus -à condition toutefois de surmonter les obstacles et de pérenniser la microferme! Pour nous, vivre dans la nature est la vraie vie, une existence variée et épanouissante qui permet de développer notre potentiel d’être humain. La récompense n’est pas monétaire, elle ne vient pas non plus en termes de reconnaissance sociale car les métiers de la terre restent encore injustement dévalorisés. Elle tient dans la qualité de la vie. L’émerveillement devant le spectacle quotidien de la nature, la brume du matin, les gouttes de rosée, la magie de la germination des graines, les oiseaux pour compagnons, la beauté des légumes et des fruits, la joie de se nourrir de sa propre production, les échanges vrais et sincères avec des personnes hommasses: tout cela n’a pas de prix. Travailler chez soi, être son propre patron, vivre dehors, poser ses choix et en assumer les conséquences donne une vie noble et pleine, même si les soucis sont réels. Les journées sont longues mais, comme l’écrivait John Seymour, le soir venu on se dit ‘déjà fini ?’
Devenir paysan  offre aussi la satisfaction d’engager sa vie au service de la Terre et des autres; chaque geste a du sens et peut contribuer au bien commun. Trouver un but à sa vie, dans un monde caractérisé par la perte de sens, est un privilège.
p308
Pour une installation maraîchère, lorsque vous parviendrez à produire plus de 25 euros de légumes par mètre carré et par an, en moyenne, et que chaque heure de travail dégagera au moins 15 euros de chiffre d’affaires vous pourrez estimer que vous avez quelques chances d’arriver à vivre (modestement) du métier de maraîcher.
p321
Habiter la terre en poète ou en assassin ?
p322
L’être humain a un rôle essentiel à jouer, un rôle positif et constructeur, dans l’avenir de la biosphère. Si la nature nous a dotés d’un cerveau aussi sophistiqué, ce n’est pas pour la détruire en retour, mais pour entrer dans une démarche active de coévolution avec elle. Nous pouvons coopérer avec les processus biologiques pour créer de nouvelles formes de vie et de nouvelles formes d’organisation du vivant. Les jardiniers ne font pas autre chose, lorsqu’ils conduisent des plantes sauvages à donner des fleurs, des fruits, des légumes admirables. Chaque rose parfumée, chaque pomme vermeille, chaque carotte sucrée est le fruit d’une symbiose antre la nature et des générations de jardiniers. La nature n’aurait pas créé sans nous ces fleurs et ces fruits. Mais faut-il encore nous positionner en dehors de la nature ? Nous sommes la nature, sa fine point consciente peut-être, et notre mission est de veiller avec douceur et sagesse sur tous nos compagnons de voyage. Ils n’attendent qu’une chose de nous: que nous devenions vraiment humains, que nous nous ,montrions dignes de cette position unique qui est la nôtre.
Chaque jardin, chaque ferme peut devenir un lieu de guérison du monde et continuer à son embellissement.

Visite en ville (Kobé)

On est allés passer le week end dernier à Kobé. Un million et demi d’habitants. La ville est idéalement située entre la montagne et la mer, a une histoire riche et est assez cosmopolite. C’est une ville agréable, riche, on dirait vraiment Tokyo … en plus petit. Sans doute parmi les villes japonaises les plus agréables.

Si je résume, visiter une ville comme Kobé nous stimule, nous amuse, et nous vide.

La beauté et la laideur se côtoient. Il y a beaucoup de choses étonnantes et humoristiques. De très belles choses artistiques aussi … On n’a pas forcement tout ça dans nos montagnes.

Petite sélection des choses vues en moins de 24 heures….

 

The Best; une statue monumentale du robot Tetsujin numéro 28. La statue a été élevée pour marquer la reconstruction de la ville après le terrible séisme qui l’a dévastée en 1995.

robot 28

On a vu aussi une superbe expo consacrée au sculpteur Katsura Funakoshi, au musée régional de Hyogo. A ne pas manquer. Le musée lui-même vaut le détour. Il a été conçu par Tadao Ando le célébrissime architecte.

Devant le musée, et sa face imposante, une statue gigantesque par Yanobé. Il semble que Yanobé ait changé de style. Auparavant il concevait des robots géants, des scaphandres, des sous marins, le tout équipé de masques à gaz. Il avait même visité Tchernobyl avec ses tenues caoutchouc jaunes apocalyptiques. Il y avait le thème récurrent du robot, de la catastrophe, de l’espace et de l’atome fou.

Depuis bien sûr, l’apocalypse s’est rapproché et est devenu une réalité palpable avec la catastrophe de Fukushima. Donc là cette sculpture monumentale est différente. Elle est d’ailleurs plutôt porteuse d’espoir. Et en plus on peut regarder sous sa jupe.

yqnobe

Un jardin d’enfant avec une girafe enchainée.

giraffe enchainee

 

Des HLM municipaux annoncent la couleur avec la liste systématique des apparts.

hlm

Des containers à louer au mois pour entreposer des choses dont on n’a pas besoin.

containers

Baseball, l’équipe Orix Buffaloes contre Softbank Hawks. Le stade est presque plein. On sent la ferveur populaire. C’est comme une grande fête.

baseball

Les supporters sont très bien organisés. Je crois que sous le soleil à gesticuler ils dépensent plus de calories que les joueurs.

trompette

Et Kumiko la vendeuse de bière.

kumiko

kumiko

Côté politique, une représentante du parti de la réalisation du bonheur. Sans doute le bonheur des dentistes ? Tout un programme en tout cas.

happiness

Et le représentant du parti politique dépendant de la secte bouddhiste Sôka, allié au parti libéral démocrate au pouvoir, lequel pousse pour le redémarrage des centrales nucléaires et la modification de la constitution pour permettre des opérations militaires extérieures. Allez comprendre ! Mais non il n’y a pas de morale en politique et comme l’a écrit Jules César dans la Guerre des Gaules; si c’est pour régner, tous les moyens sont bons. Sur la photo; le vénérable politique est entouré d’affiches pour des détectives privés; fugue, disparition, adultère, mise sur écoute discrète ou bien photographie en cachette, disparition d’animaux de compagnie  etc …

soka

The little monsters

Les petits monstres sont sortis. J’en aperçois deux écrasés sur la route devant la maison.

C’est vrai, on sent l’air chaud et humide venu venu des tropiques. C’est la saison des scolopendres !

Ce soir nous sortirons les moustiquaires, pour éviter d’en trouver dans nos pyjamas.

scolopendre

scolopendre

scolopendre

scolopendre

Visite chez le président (et les samourais)

Lundi soir, 17:30, je débarque à l’improviste chez mon ami S. J’apporte un maxi pack de 24 canettes de bière.

– Pourquoi tu amènes toute cette bière ?

– Tu sais, quand on rend visite à un président ou à un roi, on apporte toujours un présent.

– Ah Ah (jeu de mots avec le terme 大統領 président, ou le premier caractère signifie grand.) moi je suis un petit 統領 !

– En l’occurrence, je rends visite au roi de la montagne !

(silence et première bière).

On parle de plein de petites choses. Ça faisait longtemps, trois semaines, qu’on s’était pas vus.

Je me souviens que S. avait expliqué que son ancêtre était venu de Okayama (100 km d’ici) et s’était installé dans le village pour être garde frontière. Il y a 200 ans de ça.

– Dis, devant ta maison, du cote de la route il y a une pierre qui marque une ancienne frontière. C’est donc ici que travaillait ton ancêtre ?

– Eh oui !

S’ensuit une conversation ou j’essaye de comprendre la frontière entre quoi et quoi … je comprends pas très bien. L’alcool n’aide pas. Mais en tout cas l’ancêtre vérifiait bien qui tentait d’entrer dans le territoire et s’il y avait tous les ausweis nécessaires pour laisser passer les visiteurs. C’était le Japon d’avant Schengen en quelque sorte…

– S. tu sais, le grand père de mon père portait encore le sabre !

– T’as pas des photos de ça ?

– Ah ben non ah ah ! D’ailleurs je crois qu’on avait encore son sabre. Je ne sais plus où il est. Quand j’étais petit, je me souviens que je jouais souvent avec sa lance.

Ce qui est intéressant de noter, c’est que le nom de famille de S., qui est très peu répandu est le même que le guerrier Miyamoto Musashi, célébrissime guerrier du 17e siècle, qui a inspiré moult romans, films, dessin animés ou bande dessinées.

Si vous êtes dans le manga, vous avez sans doute lu la série Vagabond, qui est Musashi: