Catégorie: le bonheur
Le meilleur café de la semaine
Le meilleur café de la semaine, je le bois le dimanche matin. Car je peux le prendre tranquillement dehors en regardant la (ma) montagne.
A propos pour le café nous nous permettons des extravagances: nous le faisons venir du Mammoth Coffee à Tokyo, ils font un excellent blend qu’ils appellent ショコラ.
Et depuis la semaine dernière je peux même observer mes ruches en prenant le café 🙂 … Que demander de plus….
Des ruches pour la montagne, et une petite Death Star
Nous avons planté beaucoup d’arbres dans notre montagne.
Et il faudra des abeilles aussi; pour parfaire le tout. Pas que je pense me lancer dans la production de miel; mais je veux faciliter l’installation d’abeilles dans notre montagne car toute la nature alentour pourra en profiter.
Un ami du village me donne trois vieilles ruches. Deux sont assez abimées. Il faudra les réparer. On voit dans deux ruches, que des abeilles s’y sont installées à un moment. On voit des restes d’alvéoles.
Dans la troisième ruche, ça a merdé; des frelons s’y sont installés; et l’on peut voir la petite DEATH STAR qu’ils y ont construit.
L’entrée de la ruche ne devrait pas faire plus de 5 mm. Les frelons font 6mm au minimum donc ils ne devraient par pouvoir y pénétrer.
D’après http://38qa.net/435/スズメバチ被害をなくす為の金網の網目は何ミリが良いでしょうか?またスズメバチは最小何ミリの網目まで通れますか?:
目安をお伝えします。日本蜜蜂働き蜂3mm 女王蜂4mm(逃亡防止器の隙間)
西洋蜜蜂働き蜂3.5mm 女王蜂 5mm
スズメ蜂 6mm(小型?)
Deux ruches sont très abimées. Nous les transportons cependant sans les ménager.
Une mini Death Star dans la ruche.
Vocabulaire
蜜蜂 Abeille
巣箱 Ruche
スズメバチ Frelon
Les bonnes pizzas de monsieur K.
Monsieur K. habite le village. Sur monsieur K. et son projet, il faudrait écrire plus d’un article.
Car il se prépare à construire sa propre maison. En faisant tout de à A à Z, comme couper les arbres de sa montagne et les transformer en poutres et planches. Une chose formidable c’est que ce n’est pas sa profession, et il a tout appris en autodidacte. (il était prof de collège).
Dans sa future maison il aménagera un grand espace pour y faire une petite salle de concert et une pizzeria. Il a déjà monté un four sur son chantier et commence à s’exercer à faire des pizzas, avec son épouse.
La semaine dernière il nous a invités à gouter ses pizzas, et elles sont vraiment délicieuses.
monsieur et madame K.

Nous sommes sur le chantier. Le four est donc un essai et n’est pas le four définitif.
mmm meat ball pizza
pizza au boeuf
Entre deux fournées monsieur K. nous fait visiter sa montagne. Il a construit le chemin lui-même, avec sa pelleteuse.
Beaucoup de boulot et de bonheur !
anchois, seiche et tarako
Et qu’elle n’est pas notre surprise .. lorsque monsieur K. sort du four une pizza très spéciale … Une pizza avec des algues et un oeuf … Ben oui algue et oeuf, c’est mon nom de plume … Wakamé Tamago !! Ah ah nous avons bien rit.
Vous pouvez suivre les aventures de Monsieur K. sur son blog qu’il met à jour quotidiennement: http://blue28.jugem.jp
Couper des cryptomères
La partie supérieure de notre montagne est recouverte de cryptomères.
Il faudrait couper régulièrement, tous les dix ans, les arbres en mauvaise condition pour laisser aux meilleurs assez d’espace et de lumière pour pouvoir se développer plus encore. On peut dire ‘élever une foret‘. Dans notre montagne on voit, au nombre de souches dans le sol, que le ménage a été fait à un moment autrefois. Puis ça s’est arrêté. Résultat, les arbres ont grandi considérablement mais se gênent mutuellement. Le feuillage de certains est tout a fait déséquilibré.
D’autres avec la neige et les tempêtes se sont tordus et sont devenus des dangers publics!
Bref, nous devons prendre les choses en main. En décembre nous avions identifié les arbres en mauvais état et dressé la liste des arbres à abattre.
Et ce weekend nous sommes passés a l’action.
Avec notre ami S. aux manœuvres.
S. est charpentier de métier.
Pour construire les maisons de ses clients il part lui-même en forêt couper les cryptomères qui deviendront poutres et piliers. Dans toute cette affaire j’observe et j’apprécie le temps que nous passons ensemble tous les deux. C’est vraiment chouette. A l’occasion j’aide pour transporter les outils ou tirer des câbles.
J’avais aussi une petite caméra pour immortaliser cette belle journée et la partager sur youtube.
Retourner au village
Après une semaine de boulot a Tokyo, je suis de retour au village.
Ce court séjour à Tokyo m’a rappelé les joies de la ville. Par exemple pouvoir marcher la nuit au hasard dans les rues, observer, explorer. Ou aller prendre un verre avec un collègue après une journée de travail.
Cette semaine à Tokyo m’a presque donné la gueule de bois.
Je suis de retour au village. Aujourd’hui après six heures de réunions téléphoniques, de six heures du matin à midi, je pars faire un tour à pied jusqu’au fond de la vallée. J’ai besoin de marcher, de me ressourcer et de me resynchroniser avec la vie du village.
C’est une belle marche d’une heure à peu près, et il est si bon de gambader ainsi entouré des montagnes, avec la route qui serpente le long de la rivière qui serpente.
Je continue jusque dans la forêt.
Et la dernière maison qui tombe en ruine. Le Titanic.
En levant la tète on peut admirer le ciel. La, je suis de nouveau connecté à l’univers et au cosmos, me dis-je. Il y a une connexion entre le ciel et la terre que l’on peut sentir.
A cet instant je remarque quelque chose au fond de la rivière. Un bout de bois qui n’en est pas un.
C’est le bois d’un chevreuil. C’est la première fois cette année que je trouve le bois d’un chevreuil. L’année dernière j’en avais trouvé trois fois, dont une fois avec un crâne entier.
Intéressant, n’est-ce-pas, que je fasse cette découverte peu après avoir senti cette connexion avec le cosmos….. oh yeah ! ! !
Par chance encore je porte des bottes et je descends dans la rivière saisir ce précieux présent de Dame Nature.
Jusqu’au bout de la route
En ce samedi matin, j’ai besoin d’un bon coup de fouet.
Pendant que femme et fils vont faire du tennis, je décide de marcher jusqu’à la fin de la route qui traverse le hameau et va se perdre dans les montagnes je ne sais où.

Sitôt sorti du village on est en forêt. Chemin forestier construit autrefois pour l’exploitation du bois.

Partout des cryptomères … C’était quoi cette folie de planter des cryptomères partout ? On voit bien que la montagne est sombre silencieuse triste et seule.

A un endroit je vois quatre faisans. Mais pas d’autres animaux en vue. Il y a aussi un pneu qui s’ennuie.

Le chemin continue.

Au bout d’une heure ça se met à monter fortement, en zig zag. Le chemin est défoncé. Et la rivière le long du chemin est asséchée.

En marchant, je pense à Saint François d’Assise. J’ai lu il y a quelque temps les Fioretti. Avec des passages fantastiques, comme la conversion du loup.
Un énorme arbuste couvert d’épines se dresse au milieu du chemin. Il faut faire un détour pour l’éviter et suivre en hauteur un sentier créé par le passage répété des chevreuils. J’entends alors une voix, sur ma gauche. C’est une voix très proche. Ca n’est ni du Français ni du Japonais.

On continue de grimper. Soudainement comme une récompense on a une vue dégagée. On se sent bien !
Un peu plus tard le chemin s’arrête et donne sur un cul de sac. En tout cas je crois si il y a une conclusion à tirer c’est que, plutôt que s’étaler, il faut s’élever.

Les grands senseis (ou maîtres jedi)
Pendant les fêtes de fin d’année nous avons eu la visite de grands amis, venus du nord de la Scandinavie. Nous en avons profité pour aller voir ensemble des voisins vénérables et discuter un peu autour d’une tasse de café, les pieds bien bottés au chaud.
L’occasion de constater une nouvelle fois que nous sommes entourés de grands senseis.
Sensei (先生), c’est celui qui est né (生) avant (先). C’est le professeur, le maître, le mentor. Le sensei c’est un peu le maître jedi de la guerre des étoiles, qui guide le novice (que nous sommes) vers le chemin de la Vérité.
Ci-dessous, les paroles des sensei K et Y recueillies lors de ces conversations de fin d’année.
La parole du sensei K.
全ては練習
subete ha renshu
Tout (dans la vie) est apprentissage
La parole du sensei Y
畑を作るには3年
山を作るには50年
人間を作るには100年
hatake wo tsukuru ni ha 3 nen,
yama wo tsukuri ni ha 50 nen,
ningen wo tsukuru ni ha 100 nen
Il faut 3 ans pour faire un champ
Il faut 50 ans pour faire une forêt
Il faut 100 ans pour faire un homme
La parole du sensei S
人間より怖いものはない
ningen yori kowai mono ha nai
Rien n’est plus redoutable que l’homme
A propos de sensei et de philosophie de la vie, souvenez vous des dix règles de longévité.
Et pour finir sur ce sujet, les paroles de Minou, notre autre sensei.
ニャー
nyah
Miaouh
Pêche miraculeuse pour la montagne !
Nous sommes à la recherche d’arbres pour les planter dans notre montagne.
Coup de chance, une connaissance de ma femme rencontrée via ses match de tennis offre de nous passer toutes les pousses d’arbres en excès chez elle. Son mari est paysagiste.
Nous allons les voir et emplissons le kei truck.
Ci-dessous la liste incomplète de cette pêche miraculeuse.
Momiji, 紅葉, もみじ, érable palmé ou Acer palmatum. Le nom en idéogramme signifie Feuilles rouges. Les feuilles du momiji sont rouges en effet.
Hiba, 檜葉, ひば, Cyprès du Japon
Nanakamado, 七竈, ナナカマド ou Sorbus commixta. Quel nom intéressant. Il signifie sept (七) fours. ‘Le bois du nanakamado brûle si difficilement, qu’on devrait le faire passer par sept fours’.
Kiichigo, キイチゴ ou Rubus. Une traduction littérale du nom est: arbre fraisier.
Kuromonji, クロモジ, 黒文字、ou Lindera umbellata. Le nom signifie le signe noir.
Sarusuberi, サルスベリ、ヒャクジツコウ, 百日紅, ou Lagerstroemia indica
Encore un nom intéressant. Le sarusuberi a une écorce très lisse, d’où le nom saru suberi (猿滑) : le singe glisse. Le nom en idéogrammes signifie le rouge de cent jours.
Petit à petit
Petit à petit l’oiseau fait son nid ….. petit à petit la montagne prend forme à force de nettoyer et de ranger les troncs d’arbres effondrés.
Le mieux c’est d’y aller à la hache. On travaille ainsi son swing.

Maintenant que le tout est plus facile d’accès, on peut mieux apprécier la vue sur le village …
Le marronnier de la voisine
Donc, on a coupé le marronnier de la voisine lors du nettoyage collectif de la rivière car il encombrait trop et gênait le débit de l’eau (de la rivière).
Un beau marronnier centenaire.
La voisine était triste et aurait préféré le garder et ne pas le couper. Je sentais qu’elle n’était pas tout à fait d’accord avec la décision du chef du village (par contre son mari était d’accord).
Une fois coupé on a transporté les buches jusqu’à la maison.
Le bois était très frais et ma hache suédoise l’a fendu avec beaucoup de facilité. Une vraie entente entre le bois et l’acier. On sentait vraiment qu’il était encore vivant, le marronnier. Il était frais comme un légume que l’on vient de retirer de la terre du jardin. Maintenant le marronnier est saucissonné et rangé dans mon abri bois. Où il va pouvoir sécher tranquillement.
En le fendant j’ai pu observer tous les différents insectes qui y vivaient. C’était impressionnant.
Dans une branche pourrie j’ai vu quelques termites. Cette branche je vais l’apporter au tondo, le grand bûcher annuel du village. Pas besoin de garder ça à côté de la maison trop longtemps.
J’ai trouvé aussi une colonie de fourmis. Les fourmis étaient assez grosses, un centimètre. Et d’une magnifique couleur caramel.
Dans d’autres branches il y avait une autre colonie de fourmis qui elles étaient minuscules, de l’ordre du millimètre.
Dans le bois de marronnier ici on trouve invariablement les galeries creusées par un kamikirimushi. (capricorne). On pourrait y enfoncer le petit doigt. On trouve aussi des larves de capricorne. Je sais que certains ici au Japon les passent à la poêle avec un peu de beurre, ça un goût de noisette dit-on !
Ce beau marronnier était un écosystème à lui tout seul.
La voisine disait que ce marronnier avait été planté par le grand père; elle était vraiment attachée à cet arbre. Malgré son âge avancé elle continuait à descendre dans la rivière pour y récolter ses marrons, malgré la descente acrobatique et hasardeuse le long du mur de pierres, et les gros galets glissants.
En fendant a la hache une partie du tronc j’ai gardé une petite planche. Je l’ai passée au rabot et à la ponceuse. Je vais la donner à la voisine comme souvenir de ce bel arbre.



























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