Catégorie: photos
1er janvier 2020, promenade
Ce 1er janvier nous allons faire une belle promenade dans notre vallée.
D’abord nous allons voir le sanctuaire shintô de notre vallée. Suite à la chute d’une grosse branche le toit a été refait.

Nous allons ensuite au fond de la vallée, revoir l’arbre à caramel. C’était une grande découverte de 2019, l’arbre à caramel que l’on peut admirer ….
C’est un endroit magnifique que l’on gagne après avoir laissé le camion et grimpé un chemin à moitié défoncé qui s’élance à pic dans la montagne.
L’idée me traverse la cervelle que, après avoir visité le sanctuaire où l’on prie les dieux, nous allons saluer le dieu directement.
L’arbre à caramel est toujours là, comme une fleur géante ses bras pétales pointent vers le ciel.



Si l’on prête l’oreille on peut les entendre chanter…

Plus tard nous redescendons, regagnons un hameau à moitié abandonné et allons voir un autre sanctuaire shintô.



Plus tard la lumière se fait rasante et permet ceci:

La beauté de la nature qui nous entoure et la beauté des villages, des sanctuaires que des générations ont construits et entretenus continuent de nourrir nos coeurs et nos neuneuilles.
Quelques heures à Kobé
Kobé nous avons déjà visité et pris quelques photos, dans cet article.
Aujourd’hui j’y fais un tour, pour retrouver Francky mon ami, nous nous connaissons depuis 1988, putain ! Nos parcours depuis suivent les mêmes spirales, c’est étonnant, incroyabl’, région parisienne, Paris, Tokyo, Paris, Tokyo, et puis maintenant le Kansai où nous vivons tous les deux.
L’amitié apporte beaucoup à la vie mais je ne vais pas m’étaler là dessus, place aux photos.

Au bord de l’eau on ne sait s’ennuyer il y a tant à observer.


Je ne le photographie pas mais juste à côté il y a bateau spécialisé dans les enterrements ou plutôt enmerements, car il disperse les cendres des défunts dans la mer intérieure du Japon.













Ca devient intéressant. Quartier avec quelques hôtels de passe, ou love hôtel. Dans un petit parc, ce lampadaire, mais quelqu’un a aveuglé une caméra de surveillance en la recouvrant d’un sac plastique.
A propos de caméras de surveillance, si, au beau milieu d’un quartier résidentiel vous voyez un bâtiment protégé par une multitude de caméras de surveillance, bingo, il y a de grandes chances qu’il s’agisse de locaux utilisés par les yakuzas. Pas trop loin de ce poteau on voit d’ailleurs une de ces maisons. La présence d’une voiture de police confirme.

Franchement voilà un geste généreux, que de donner l’heure à tout le monde.

Superbe. Admirer l’ordonnancement des outils et les couleurs, le jaune, le rouge, les oranges. Magnifique!

Au Japon il y a toujours ces étincelles d’incongru, d’inattendu. C’est ça qui empêche les synapses de rouiller. Comme ici devant un poste de police de quartier avec les posters des criminels en cavale, un poster de recrutement … et un de star wars.

En bonne compagnie
C’était un week end récent, on a passé beaucoup de temps avec les gens du village et c’était formidable.
Samedi le matin rendez vous au fond de la vallée dans un petit hameau, où ne vivent plus qu’une dizaine de personnes …

Il s’agit de la préparation d’une future fête aux flambeaux. Ça a lieu chaque année, en juillet. et ce samedi on se retrouve pour préparer les flambeaux.
D’ailleurs à écrire cet article je me rends compte que le mois dernier on s’était retrouvés pour aller en montagne chercher des troncs de pin.
On commence par affûter les haches courtes; ‘yoki’.

D’autres s’affairent autour d’un fendeur de bûches.

Il faut emplir les flambeaux de faisceaux de bois (du pin car celà brûle très bien).

D’autres fendent du bois.

Les habitants de ce hameau sont âgés. Le plus jeune a 70 ans. Mais ils ont tous une bonne pêche.
Entre ces montagnes de sagesse je barbote comme un petit poisson rouge.
Ils sont bien contents qu’avec quelques autres du village en bas nous venions donner un coup de main.
La préparation des flambeaux est super rapide, et bouclée en une petite heure. Commence ensuite un gros barbecul, avec de la viande de sanglier et de chevreuil, chassés récemment, et les légumes des potagers.
Le hameau est formé par un petit groupe de maisons; la plupart sont vides, malheureusement. Mais c’est vraiment un endroit magnifique, sur 360 degrés des montagnes couvertes de forêt nous surplombent.


On passe un excellent moment.
On s’installe dans un petit hangar; là où ils gardent du bois et dépècent les chevreuils.



Les blagues et les bons propos fusent de toute part. Les gens ont de la répartie. Quelle bonne humeur. Depuis pas mal de bière a coulé sous les ponts et je ne me souviens plus beaucoup des sujets de conversation….

Comment on prépare le chevreuil est évoqué…. On parle aussi de la dépopulation… Et des initiatives en cours pour mieux faire connaitre le village et, éventuellement, attirer de nouveaux habitants. J’ai pas mal oublié.
Un voisin qui ne boit pas nous ramène gentiment chez nous plus tard.
Quatorze Juillet au Japon
C’est le quatorze juillet, la fête nationale française, qui commémore la prise de la prison de la bastille, le début de la révolution et des ennuis.
Devant la maison je fais défiler; faute de chars et d’hélicoptères, mes trois brouettes, la bleue la blanche la rouge. Séquence émotion !

Encore au jardin
Il a plu cette semaine et celà a apporté un boost remarquable aux plantes du jardin.
C’est comme si les plantes qui avaient très soif, car il n’avait pas plu assez longtemps, avaient patiement attendu, plusieurs jours immobiles sur leurs starting blocks.
Denis; fidèle lecteur du blog, résume la situation du jardinier avec la sagesse qui le caractérise:
Un jardin, lorsque l’on dispose suffisamment de place et de temps de libre pour s’en occuper, est un espace de ressourcement, de quiétude et de bien-être, et qui, de plus, nous permet de disposer de vrais bons légumes, au fil des saisons, et tout au long de l’année.
Il n’y pas besoin de se prendre la tête pour cela, car, on peut commencer « petit », pour débuter, puis augmenter, au fur et à mesure de ses capacités, et de son propre apprentissage et découvertes, et ainsi avoir en retour un réel ressenti en réconfort et petite fierté personnelle, bien légitime.













Explorer la vallée
J’ai repris le vélo! J’avais arrêté un peu, trop de boulot. Mais j’y retourne, au vélo.
Aujourd’hui il a plu. La pluie a cessé mais des nuages sont toujours accrochés dans les cheveux des montagnes. Je pars faire un tour.

L’occasion d’explorer un coin de notre vallée où je ne m’étais jamais attardé.


C’est un petit hameau d’une vingtaine de maisons dans un endroit très encaissé, enfermé presque dans la montagne.

A peine cinq minutes à biclou, mais c’est vraiment magnifique.

Découvrir l’arbre à caramel
Nous sommes allés faire un tour au fond de la vallée, il pleuvait par intermittence, et finalement nous n’avions rien de mieux à faire.
Mais cette petite promenade impromptue se finira par une grande découverte et des émotions puissantes.
On laisse le camion là, dans une grande clairière au bord d’une rivière. Le dernier hameau est à deux kilomètres, après ce sont des chemins de montagne.

Ils ont bien tout dégagé: cet endroit l’été dernier était encombré de pierres et de troncs d’arbres.

Cet ouvrage, qui sert à bloquer les grosses caillasses et les troncs d’arbres, était plein à ras bord l’année dernière. On voit encore les marques laissées par les pelleteuses.


Ensuite c’est ce petit chemin qui nous guide. Tout est si beau, avec la lumière de fin d’après midi. Les jeunes feuilles déploient une palette de verts illimitée.
Et le calme. On admire un martin-pêcheur, perdu dans ses pensées, sur une branche d’arbre.

Regardez ce qui se passe à droite, et vous verrez ce cours d’eau à qui la pluie des trois derniers jours a donnée beaucoup de vigueur. Et puis ces belles roches qui attendent notre départ.
Après le chemin fait un virage, et se met à monter sec. On finit par se focaliser sur ce chemin qui monte qui monte, on en oublie de prendre des photos.

Chaque nouveau virage fait découvrir un paysage magnifique. Je crois que l’on continue comme cela assez longtemps. On sait qu’à un moment il y aura moins de lumière et qu’il sera alors plus sage de rentrer, mais tout est tellement beau que nous continuons à nous laisser guider.
Il y a une pancarte: 大桂 Cercidiphyllum japonicum ou (Grand) arbre à caramel.
Je connaissais ce terme katsura, qui désigne un arbre, mais j’ignorais la traduction française. Un arbre à caramel… Voilà quelque chose qui fait rêver. Et propulse dans l’enfance.

On monte alors un escalier de pierre. On quitte la route et le lien qui restait avec la civilisation. Immersion totale.


Il fait frais. Il n’y a pas de sangsue.
Au moment où nous commençons à douter, où est le grand katsura, se dessine une silhouette imposante.


Et puis voilà on peut le voir dans toute sa splendeur, le grand katsura, l’arbre à caramel!

Le voilà, le katsura.
Il n’est pas seul; il y en a un autre, un peu plus haut. Voilà un endroit magnifique. Ces arbres mystérieux, la rivière à leur pied. et notre solitude; car il n’y a personne.

On reviendra.
Festival de Taishi (II)
C’est la suite de l’article de la semaine dernière sur le festival de Taishi. Ici nous découvrons une cérémonie religieuse qui a lieu dans le temple. (temple bouddhiste d’Ikuraga, ville de Taishi).

Les hommes sont vêtus en yamabushis. Guerriers de la montagne.

Le prêtre entonne une longue prière. Un rythme fascinant qui prend le coeur comme un blues. C’est le soutra du coeur ou hannya shingyou 般若心経
A visionner sur youtube une version électro

Ce rituel auquel nous assistons a lieu depuis 4 siècles.





Ensuite c’est un adulte qui avec un sabre dessine dans l’air le caractère du dieu. Ensuite il dit; hama 破魔 comment traduire … ‘destruction du démon’
Il répète le geste quatre fois, faisant face à chaque côté du bûcher … couvrant ainsi les quatre points cardinaux.

En même temps j’admire la beauté du camion, on le croirait neuf. Au contraire des banlieues françaises, on ne jette pas de cailloux sur les camions de pompiers ici…. Nous sommes dans un pays civilisé!




lorsque l’on s’assied pour une pause, dans les chemins de montagne. Il y en a un qui porte ce qui est à mon avis une peau de anaguma. Les autres ont une peau de chevreuil.









Festival de Taishi (I)
Taishi, ville de 30 mille habitants à quelques encablures de chez nous. Chaque année en février s’y déroule un festival, autour du très beau temple d’Ikaruga.
Des dizaines de petits marchands installent leur stand (on appelle ces marchands ambulants d’événement à événement tékiya) dans l’enceinte du temple ou encore le long de la rue; pour proposer des jeux pour les enfants ou des choses à manger. Question bouffe il y a l’embarras du choix: crêpes, bananes enrobées de chocolat, des nouilles yakisoba, des calamars grillés etc…
Autrefois c’était dit-on un festival où se retrouvaient tous les charpentiers de la région, et de nombreux marchands proposaient sur leurs étals tous les outils qui s’imposent: ciseaux à bois, etc …
Les temps changent: il y a beaucoup moins de marchands qu’autrefois, et les marchands de fleurs et de plantes sont maintenant majoritaires.
En regardant la foule je vois la proportion très importante de personnes âgées. Il y a peu d’enfants. Difficile d’échapper à la question démographique. A se demander si ce festival existera encore dans vingt ans…
En attendant que le ciel nous tombe sur la tête on apprécie le temps quasi printanier, et l’ambiance bon enfant.



Ici un commentaire de Pierre:
Il est beau ce temple tout noir! Les deux gardiens dans le Mon (門), le premier dit “Aaa” tandis que l’autre termine “ouuum”.. Aoum / Ohm.. à eux deux, ils englobent toute la manifestation, tout l’univers!















Il y a un attroupement. C’est une cérémonie religieuse. A voir dans le prochain article.
Une cabane en montagne cette semaine
C’était l’un des derniers projets dans ma longue liste. (pas que j’aie fini tous les autres avant). ‘Construire dans la montagne une plate-forme surélevée pour y faire la sieste et admirer la forêt.’
Et pourquoi pas même y dormir. Il faudrait sans doute une tente ou une moustiquaire pour cela. C’est une cabane mais sans toit ni mur … peut-être que j’ajouterai un toit plus tard.
En tout cas, un projet bien inutile alors qu’il y a tant à faire au taff et aussi dans la maison de madame M., mais j’ai besoin d’une diversion.
Dès que l’on pénètre dans la montagne on est pris par cet air clair et empli de parfums de réglisse. Et la terre, comme il est bon de la fouler. Le chemin monte on voit toujours les maisons du village en bas mais on est tout de suite dans un autre monde, couronné par ces cryptomêres majestueux partis à la conquête du ciel.
Dans ma grande naïveté je me dis que, assis dans la montagne; sur ma petite plate-forme, avec au dessus de moi les arbres géants … je pourrai m’approcher de la vérité. Il faudra plus d’un verre de ouisseki ou plus d’une tasse de thé.
Plus tôt cette année mon ami S est venu couper une dizaine de cryptomères, au niveau de la deuxième terrasse.

Et là comme je suis en vacances cette semaine je vais essayer de construire cette plate-forme. Le but c’est d’utiliser le bois des cryptomères coupés…. Je réfléchis à ce projet depuis plus d’un an et j’ai commencé à m’entrainer à débiter les troncs d’arbres en planches, avec ma bonne vieille tronçonneuse …


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