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Expérimentation à la tronçonneuse

Dans le gros projet bricolage avec S. nous avons tiré moultes planches du bois descendu de notre montagne. (projet montagne 2.0). J’ai bien compris la complexité de l’opération ainsi que tout le temps et la logistique nécessaires; entre le moment où l’on descend le bois de la montagne et le moment où l’on en obtient des belles planches régulières.

Pour un projet annexe; je suis à la recherche d’un morceau de bois de plus de trois mètres…. y en a pas à la maison … pas du tout envie d’aller en acheter au castorama du coin, ce serait trop bête … je vais donc voir dans notre montagne les troncs d’arbres qui, trop petits ou trop courbés, ne convenaient pas et que nous avons laissés dans la forêt.

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Cependant ils ont bien trop lourds pour pouvoir les porter ou les tirer jusqu’à la maison. Et je n’ai pas de percheron sous la main. Une solution, les alléger en les coupant le long; à la tronçonneuse. De plus j’ai besoin d’au moins une surface plane …. donc ça tombe très bien.

 

Jamais essayé de découper ainsi un tronc d’arbre dans sa longueur.

Je retire au préalable l’écorce, pour éviter que des pierres ou de la terre n’endommagent la chaine de la tronçonneuse. Je suis un expert en épluchage !

L’opération se déroule plutôt bien. C’est un travail assez ludique. A la fin zut plus d’essence dans la tronçonneuse … faut finir à la hache !

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Le tronc d’arbre est (un peu) plus léger maintenant et je peux le descendre de la montagne en le tirant avec moi, et le ramener à la maison. Difficile, mais on y arrive quand même.

Ensuite je passe la surface découpée à la brosse pour retirer terre et cailloux. L’aplanis au rabot. La sciure sent très bon. L’arbre est un hinoki 檜, cyprès du Japon.

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Le résultat, certes loin de la perfection, est satisfaisant. Le bois est très beau. Je suis très content de cette expérience à la tronçonneuse.

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Husqvarna ! ! !

S. m’apprend les bases pour débiter un tronc en planches et poutres. Ici on dit seizai 製材 … Tout le bois descendu de notre montagne … et patiemment épluché …. il faut le débiter pour notre projet de technology transfer ….

1 orienter le tronc d’arbre. Pour cela il faut voir l’orientation du tronc et sa courbure. On l’oriente la partie courbe vers le haut. Distinguer le ventre (腹)du dos (背)de l’arbre. Opération délicate.

2 Marquer le centre – ligne rouge verticale, sur les deux extrémités du tronc.

3 A partir du centre, tracer deux traits verticaux qui seront les démarcations des poutres ou planches.

Il y a des formats standards pour les poutres. On utilise les sun. (équivalent du pouce).

3 sun de côté

3.5 sun

4 sun

5 sun

On opte pour 5 sun…. comme on ne paye pas pour le bois le coût est seulement une question de temps .. donc autant faire dans le costaud n’est-ce-pas. C’est toujours ça que les Boches n’auront pas comme disait souvent mon prof d’électronique, monsieur Pasquier. Donc les traits sont chacun à 2.5 sun du centre. Je pense que ça a été mon meilleur prof, car il aimait ce qu’il faisait.

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Ensuite on porte le tronc sur le sawmill ou la scierie mobile … un modèle Husqvarna … Husqvarna … nom d’une ville suédoise … ils faisaient des mousquets au début … les tronçonneuses sont venues beaucoup plus tard … ce nom mystérieux de huqsvarna résonne particulierement dans notre petit village japonais … c’est exotique la Scandinavie !

4 Positionner le tronc sur les rails … faut mettre à niveau de sorte que lorsque la tronçonneuse glisse sur ses rails on coupe dans le bois selon un axe aligné au centre de celui-ci. Encore une opération délicate que cette mise à niveau …

Oui, il fallait se donner la peine d’éplucher tous les troncs.  Sinon la moindre pierre fichée dans l’écorce aurait raison de la chaine de la tronçonneuse … kaputt ….

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5 et on coupe …. coupe … coupe ….. Tres intéressant de voir ces différentes choses comme lorsque le bois se met à courber dans un sens ou un autre … lorsqu’on finit de couper une planche, pchitt on voit qu’elle se redresse tout d’un coup.

Je me rends compte que cette opération de seizai est fort compliquée, et requiert une attention constante.

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Mais à chaque coupe réalisée, on voit le bois se transformer. La surface lisse, qui révèle les motifs uniques. Le bois quitte sa qualité d’arbre et devient … du bois … il fait alors partie du monde des hommes. C’est assez frappant.

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La petite grenouille … dans l’atelier … je me demande ce qu’elle en pense.

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Sur la longévité (encore)

Dans un article ancien nous révélions les dix règles secrètes de la longévité.

Aujourd’hui lors de ma promenade quotidienne jusqu’au fond de la vallée j’entrevois deux personnes. Nous échangeons quelques propos. Ces deux phénomènes on leur donnerait plus de quatrevingtdixans. Facile. Les regarder à l’ouvrage me rappelle justement ces règles de la longévité.

La première, la dame, est courbée pliée en deux sur la route, au fond de la vallée.

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Elle retire les mousses incrustées dans une fissure du bitume. Sinon la route va s’abimer plus encore, explique-t-elle. A remarquer aussi qu’elle ne jette pas la mousse mais la rassemble dans un petit sac.

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Le deuxième phénomène, monsieur M, ancien bucheron émérite médaillé jadis par l’Empereur Showa, manie avec dextérité sa tronçonneuse et débite un gros mûrier. C’est pour mon poêle a bois dit-il.

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Bref, faut pas arrêter de pédaler sinon on se casse la gueule.

Couper des cryptomères

La partie supérieure de notre montagne est recouverte de cryptomères.

Il faudrait couper régulièrement, tous les dix ans, les arbres en mauvaise condition pour laisser aux meilleurs assez d’espace et de lumière pour pouvoir se développer plus encore. On peut dire ‘élever une foret‘. Dans notre montagne on voit, au nombre de souches dans le sol, que le ménage a été fait à un moment autrefois. Puis ça s’est arrêté. Résultat, les arbres ont grandi considérablement mais se gênent mutuellement. Le feuillage de certains est tout a fait déséquilibré.

D’autres avec la neige et les tempêtes se sont tordus et sont devenus des dangers publics!

Bref, nous devons prendre les choses en main. En décembre nous avions identifié les arbres en mauvais état et dressé la liste des arbres à abattre.

Et ce weekend nous sommes passés a l’action.

Avec notre ami S. aux manœuvres.

S. est charpentier de métier.

Pour construire les maisons de ses clients il part lui-même en forêt couper les cryptomères qui deviendront poutres et piliers. Dans toute cette affaire j’observe et j’apprécie le temps que nous passons ensemble tous les deux. C’est vraiment chouette. A l’occasion j’aide pour transporter les outils ou tirer des câbles.

J’avais aussi une petite caméra pour immortaliser cette belle journée et la partager sur youtube.

 

 

 

 

 

Mikados géants dans la montagne

Notre petite montagne est constituée de 3 terrasses qui se succèdent. Depuis L’année dernière je me suis focalisé sur la première terrasse, et c’est la que je suis en train de planter des arbres.

Plus haut il y a deux autres terrasses. La seconde, au milieu, est assez clean, et est occupée de cryptomères et de théiers.

La troisième terrasse est la plus grande, et est en partie obstruée par des cryptomères écroules il y a dix ans. Après le passage d’un typhon.

Ces cryptomères sont tombés les uns sur les autres et ils forment un réseau de mikados géants.

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Avec ma tronçonneuse je m’avance donc dans ce tas de mikados, et je commence à déblayer. Il faut couper les troncs d’arbres en sections de 1.5 à 2 mètres. Pour pouvoir ensuite les déplacer et les ranger. Il n’y a pas de route d’accès, donc je fais tout a la pogne, sans engins.

Comme dans le jeu mikado, il faut réfléchir avant de mettre en route la tronçonneuse, et imaginer comment les troncs d’arbres vont réagir à notre intrusion. Certains vont se mettre à glisser le long des pentes, et dans ce cas la, faut pas se trouver sur le passage. D’autres, poussés par le poids d’autres arbres vont ployer ou se relever, et il faut veiller alors à ne pas y bloquer la tronçonneuse dans le bois qui pourrait se resserrer sur elle.

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Au bout de deux heures de travail, le réservoir de la tronçonneuse est vide. Moi aussi. Je commence à fatiguer et c’est à ces moments la que l’on commence à faire des erreurs, qui éventuellement peuvent conduire à une blessure.

Les forestiers, les pros, qui travaillent ainsi dans la forêt, savent gérer leur force en prenant des pauses régulièrement et savent faire la sieste dans les montagnes. Ils sont très forts, de pouvoir travailler ainsi toutes les journées.

Mais ceci dit travailler ainsi dans la montagne donne une pêche incroyable. Je pense que c’est le silence, la tranquillité, le contact avec la terre, le bois et les plantes. On respire au rythme de la nature et il y a comme une communion. D’autant que ce travail, ça n’est pas pour gagner de l’argent ou exploiter quelque chose, c’est pour rendre la montagne encore plus belle.

 

Autre nature morte à la tronçonneuse

J’aime bien cette nature morte à la tronçonneuse. C’était avant que je ne répare la vieille hache.

C’est toujours un moment important lorsque l’on prépare les outils avant d’aller travailler sur un projet.

On savoure d’avance le plaisir et la fatigue que le travail procurera.

D’où l’envie d’immortaliser ces moments au petit matin.

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Bois et logistique

On ne se lasse pas du contact avec le bois et amasser du bois pour les hivers prochains est toujours une occupation physique et pleinement satisfaisante.

Cette fois-ci une connaissance doit raser une vieille maison à la demande d’un client. A une vingtaine de kilomètres. Et il doit aussi raser tous les arbres du jardin. Etrange histoire mais cela arrive plus souvent qu’on pourrait le penser. Le client n’habite plus dans cette maison familiale au pied de la montagne et même s’il y a des tombes de plusieurs générations de ses ancêtres il souhaite faire place nette.

Et mon ami me propose d’aller chercher tout le bois qui proviendra des arbres du jardin. Je ne me fais pas prier, l’occasion est trop rare.

Sous la chaleur le travail est très fatigant et j’observe les pros qui savent faire des pauses toujours aux bons moments. Ils savent s’économiser, voila la recette pour pouvoir durer. C’est pas un sprint …

Le travail est donc physique, faut couper les branches et tronçonner sur place pour pouvoir transporter dans le petit camion blanc. La quantité de bois est assez phénoménale et les essences variées me permettent de me familiariser avec la morphologie de différents arbres. Cerisier 桜 Marronnier 栗. Chêne 樫. Erable du Japon 椛. Cyprès. 檜 Cryptomère 杉. Et autres.

Je ne dois pas être allergique au laquier 漆 car j’en manipule sans me recouvrir de pustules.

Cependant; il ne faut pas brûler le laquier, car ses fumées pourraient incommoder sérieusement tout habitant du voisinage qui serait allergique à cet arbre redoutable et sensationnel.

Le travail se passe sérieusement et dans la bonne humeur. Je ramène plusieurs camionnées de bois jusqu’à la maison.

Se pose ensuite la question de la logistique, transporter dans la petite brouette bleue jusqu’au tas de bois s’annonce répétitif et ennuyeux!

Surtout pour les morceaux les plus longs. Coïncidence heureuse, Saxo Bénévole présente sur son blog un chariot vraiment chouette et très élégant. Après contact, Saxo Bénévole m’envoie des photos montrant comment il a réalisé son chariot.

Je me lance de mon côté. Il me faudrait trouver des roues plus grandes, mais le chariot même s’il n’est pas parfait et s’il n’arrive pas à la cheville de celui de Saxo Bénévole permet de transbahuter le bois en grande quantité et de façon ludique. Pour le plus grand étonnement des voisins du village. Voyez comme la technologie française s’exporte jusqu’en Extrème Orient ! !

affûter les outils avant de partir au travail

affûter les outils avant de partir au travail

 

les arbres tombent comme des mouches

les arbres tombent comme des mouches

 

excellent pour se faire les griffes

excellent pour se faire les griffes

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introduction du chariot pour transporter le bois et le stocker

introduction du chariot pour transporter le bois et le stocker

coupe de cyprès (hinoki)

coupe de cyprès (hinoki)

Nature morte à la tronçonneuse

Il pleut aujourd’hui, et hier on n’avait pas la pèche. Donc repos.

On en profite pour nettoyer la tronçonneuse, et en changer la chaine. J’avais aussi mis de côté des glands et des marrons, glanés le long des chemins, je vais tenter de les faire germer.

Pour, plus tard, les planter dans notre petite montagne.

De ces quelques instants paisibles on obtient cette nature morte à la tronçonneuse.

On voudrait, à la façon des grands maîtres hollandais.

 

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Cryptomère de Noël

Voilà encore un bon moment.

S. notre ami est charpentier et il se prépare à construire une maison pour un de ses clients. Il lui manque quelques pièces de bois et part dans les forêts à la sortie du village, pour y couper des cryptomères.

Je demande à l’accompagner.

Arrivés sur place on commence par prendre un bon café. Il ne fait pas très froid. La forêt est silencieuse. Quelques oiseaux.

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Toute cette montagne a été plantée de cryptomères il y a 40 ans. A l’époque on comptait, au bout de 20 ans, les revendre pour la production de poteaux électriques.

Aujourd’hui au Japon tous les poteaux sont réalisés en béton.

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Dans le camion keitora, tout est prêt. Deux tronçonneuses, une masse, deux coins, une petite hache, et de l’huile et de l’essence.

Noter, derrière la cabine du conducteur, les serpes et hachettes, rangées entre la vitre et les barres métalliques. C’est à ceci que l’on reconnait les vrais campagnards ici.

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Cryptomère, un arbre qui pousse vite et droit !

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Je regarde l’ami au travail.

 

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On prend son temps. Une pause entre chaque arbre.

Il n’y a pas beaucoup de charpentiers qui comme S. savent couper les arbres et les descendre de la montagne.

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D’un des arbres abattus, je récupère la cime. Il décorera l’entrée de la maison pour les fêtes de fin d’année.

 

Le cerisier éléphant

En explorant un chemin qui part dans la forêt je découvre une magnifique clairière, au bout de laquelle de vieilles tombes sommeillent. Ca n’est pas le cimetière principal du village. Il n’y a que quelques tombes.

C’est un lieu de paix. Le chant des oiseaux. Le calme humide de la forêt. On est totalement avec la nature. Les ancêtres qui reposent ici sont privilégiés. On les envierait presque.

Au pied des tombes s’étend dans un grand creux, une fosse: un ancien champ de théiers.

Là, un immense cerisier est effondré. Des ronces et la jungle un peu partout.

Plus tard je vais voir le chef du village. Et m’enquiers de cet arbre. Il est tombé, tout seul apparemment. Après vérifications je décide de récupérer le bois du cerisier dont Calcifer, notre poêle à bois, sera friand.

Voilà une entreprise un peu ardue pour mon niveau et mon expérience somme toute encore limités.

Il faut:

descendre dans la fosse,

dégager les criptomères effondrés et les ronces qui bloquent le passage,

atteindre le cerisier; tronçonner.

porter le bois jusqu’au chemin;

charger la brouette,

descendre la brouette sur cinquante mètres;

décharger tout;

et ensuite tout ranger dans le camion.

C’est beaucoup de travail, mais comme on voit à chaque nouveau projet, il suffit de chercher le meilleur angle d’attaque et d’y aller, tranquillement; et en faisant attention à ne pas se blesser. A partir de ce point là, il n’y a pas vraiment de risque. Il suffit d’y aller.

Le travail est intense et très agréable. Le cerisier est beaucoup plus grand que je ne l’avais imaginé. Et le bois, bien qu’un peu humide, est en excellent état.

A tronçonner cet arbre géant, j’observe et apprends sa structure. On peut imaginer comment il se dressait et emplissait la clairière de son énergie, avant qu’il ne tombe. Ses branches, énormes, font penser aux pattes d’un éléphant qui se serait échoué ici dans les bois. Je découpe les morceaux de bois avec respect et reconnaissance. A plusieurs reprises d’ailleurs je m’entends dire merci.

Je me dis que ce bois que je vais finir par brûler je le vole à la forêt car sans mon intervention il serait lentement retourné à la terre et aurait nourri des millions de petites bestioles et aurait embelli la forêt une nouvelle fois, de son énergie.

Il s’agit là d’un réel transfert d’énergie. L’énergie de l’arbre que le temps et les champignons et la terre auraient lentement absorbée; je la prends; la mets dans mon camion et Calcifer le poêle à bois nous la restituera sous forme de chaleur.

Les tronçons que je tronçonne. Je pense à ces images abominables des trafiquants d’ivoire (et le roi d’Espagne aussi)  qui massacrent les pachydermes.

Pourquoi l’arbre, éléphant de la forêt, est-il tombé ? Suis-je dans le cimetière des éléphants ?

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Là, deux des six jizos qui marquent l’entrée du cimetière. A leur pied, le cerisier éléphant.

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C’était un cerisier géant.

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que ma tronçonneuse démembre.

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et que je charge dans la brouette bleue.

cerisier éléphant

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Le camion Keitora est plein, bien au delà de sa limite de 350kg.

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Et on range le bois, sous un abri provisoire. Le temps d’agrandir l’abri bois …

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