Tagué: vivre à la campagne au japon

Promenade dans le village ce matin

Ce matin tout est particulièrement beau avec les fleurs des arbres en fleurs et la lumière de printemps.

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Oh le joli sanglier !

 

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Il y a aussi de gros tas d’ordures.

 

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J’aime beaucoup cette maison. Le porche qui donne sur la route est très chouette.

 

 

 

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Sur la longévité (encore)

Dans un article ancien nous révélions les dix règles secrètes de la longévité.

Aujourd’hui lors de ma promenade quotidienne jusqu’au fond de la vallée j’entrevois deux personnes. Nous échangeons quelques propos. Ces deux phénomènes on leur donnerait plus de quatrevingtdixans. Facile. Les regarder à l’ouvrage me rappelle justement ces règles de la longévité.

La première, la dame, est courbée pliée en deux sur la route, au fond de la vallée.

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Elle retire les mousses incrustées dans une fissure du bitume. Sinon la route va s’abimer plus encore, explique-t-elle. A remarquer aussi qu’elle ne jette pas la mousse mais la rassemble dans un petit sac.

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Le deuxième phénomène, monsieur M, ancien bucheron émérite médaillé jadis par l’Empereur Showa, manie avec dextérité sa tronçonneuse et débite un gros mûrier. C’est pour mon poêle a bois dit-il.

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Bref, faut pas arrêter de pédaler sinon on se casse la gueule.

Des ruches pour la montagne, et une petite Death Star

Nous avons planté beaucoup d’arbres dans notre montagne.

Et il faudra des abeilles aussi; pour parfaire le tout. Pas que je pense me lancer dans la production de miel; mais je veux faciliter l’installation d’abeilles dans notre montagne car toute la nature alentour pourra en profiter.

Un ami du village me donne trois vieilles ruches. Deux sont assez abimées. Il faudra les réparer. On voit dans deux ruches, que des abeilles s’y sont installées à un moment. On voit des restes d’alvéoles.

Dans la troisième ruche, ça a merdé; des frelons s’y sont installés; et l’on peut voir la petite DEATH STAR qu’ils y ont construit.

L’entrée de la ruche ne devrait pas faire plus de 5 mm. Les frelons font 6mm au minimum donc ils ne devraient par pouvoir y pénétrer.

D’après http://38qa.net/435/スズメバチ被害をなくす為の金網の網目は何ミリが良いでしょうか?またスズメバチは最小何ミリの網目まで通れますか?:

目安をお伝えします。日本蜜蜂働き蜂3mm   女王蜂4mm(逃亡防止器の隙間)

                                    西洋蜜蜂働き蜂3.5mm 女王蜂 5mm

             スズメ蜂 6mm(小型?)

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Deux ruches sont très abimées. Nous les transportons cependant sans les ménager.

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Une mini Death Star dans la ruche.

Vocabulaire

蜜蜂 Abeille

巣箱 Ruche

スズメバチ Frelon

Road Kill

Road Kill, c’est les animaux tués sur la route.

Hier ma femme m’informe qu’un petit animal a été tué sur la route, devant le bureau de poste du village.

Je vais voir. C’est une belette. Ou Itachi.

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Il y a deux ans un blaireau était mort sur la route devant notre maison. On avait vu l’employé municipal venir le ramasser et le mettre dans un sac plastique … mmm direction l’incinérateur …

Ayons considération et respect pour les animaux sauvages qui daignent vivre autour de nous.

Je ramasse la belette.

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Je l’emmène dans notre montagne. J’y fais un trou. La terre est vraiment belle et c’est un plaisir que de la creuser.

Voilà, petite belette, tu peux reposer ici en paix.

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En même temps je sens que la terre de la montagne a faim et qu’ainsi je la nourris.

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Vocabulaire: itachi イタチ 鼬 belette

11 mars 2011 … 5 ans déjà

Nous pensons avec émotion et tristesse à toutes les vies perdues et bouleversées par le tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe nucléaire qui ont frappé le Japon le 11 mars 2011 et les jours qui ont suivi. C’était il y a cinq ans. Beaucoup de malheur et de destruction qui ont frappé le Japon et son peuple.

Je vais raconter comment nous avons vécu ces événements. A l’époque nous étions à Tokyo.

J’étais au bureau; vingt deuxième étage d’un gros building quand tout s’est mis à trembler. Ma femme était à la maison avec le fils.

Le bureau s’est mis à bouger. Au début les collègues avaient un sourire amusé, jusqu’au moment où on a compris que ce serait pas comme d’habitude, car les secousses n’arrêtaient pas et étaient plus violentes à chaque coup. Alors tout le monde s’est planqué sous son bureau. Le building où nous étions, un truc super classe construit en isolation sismique, faisait des bruits de craquements, et, au 22è étage ça tanguait fort. Les tiroirs des bureaux s’ouvraient et se refermaient comme animés par un poltergeist. Par la fenêtre on voyait l’autre building en face qui tanguait lui aussi comme une énorme barque et on voyait les deux gratte ciels se rapprocher dangereusement.

Tout a bien tenu, incroyable! Plusieurs heures plus tard la TV nous informait du tsunami qui ravageait la région au nord. Je n’ai pas du tout saisi l’ampleur du désastre sur le moment je dois l’avouer. Ma méconnaissance de la géographie. Les trains étaient arrêtés et il y avait des dizaines de milliers de personnes dans la rue qui rentraient chez elles, à pied. Je suis resté au bureau jusqu’à minuit afin d’éviter prudemment la foule et les mouvements de panique en cas de nouvelles secousses, et suis arrivé à la maison vers deux heures du matin.

C’est le lendemain matin que l’on a commencé à entendre parler des centrales nucléaires.  L’explosion du premier réacteur devant les caméras des TV, le 12 mars. Tout d’un coup revenaient dans ma tête les images de Tchernobyl. Donc, quoi, Tokyo était tout d’un coup devenue Kiev ? Le 13 au soir le premier ministre japonais affirmait à la TV qu’il fallait construire un nouveau Japon; autrement dit la situation était incontrôlable.

Cinq ans ont passé et on peut affirmer que cela aurait pu être bien pire. Tokyo et le reste du Japon ont eu de la chance; d’autres trucs auraient pu péter, comme les piscines de combustible etc… Le Japon a su aussi garder sa cohésion sociale. Le prix à payer, humain, sanitaire, économique, est cependant considérable. Et ça n’est pas fini, car qu’en est il de la santé de ceux qui vivent dans les régions contaminées ?

Une catastrophe nucléaire se passeraient en France, les gens feraient la chasse aux agents EDF en représailles, j’en suis certain …. Ce serait un sacré bordel.

Enfin, sur toute cette histoire nucléaire j’ai écrit une bande dessinée …

Nous sommes restés à Tokyo jusqu’à ce que nous ayons l’idée de faire examiner un échantillon de la terre de notre jardin à Tokyo et un échantillon de la terre du jardin de mes parents en région parisienne. Je voulais comparer la quantité de merde radioactive qui était tombée dans notre quartier à Tokyo avec un lieu familier et pour moi synonyme de sécurité. … Combien de merde radioactive vivions nous donc avec  …

Le résultat indiquait pour l’échantillon de Tokyo une densité de césium vingt fois supérieure à celle de Paris. Je pense que si le rapport avait été seulement de cinq ou huit nous serions restés … Mais vingt c’était bien au dessus du seuil (psychologique) que nous nous étions fixé.

Ca n’est pas très scientifique me direz vous mais sur la question nucléaire les avis sont tellement partagés et les informations tellement contradictoires.

Cela nous a donc décidés à aller voir ailleurs. Par contre nous ne voulions pas fuir pour fuir, mais partir pour construire quelque chose de nouveau. Aussi nous considérions que le risque s’imposait à long terme et pas forcement dans l’immédiat. Mon job étant dématérialisé, je pouvais le faire de n’importe où. Aller vivre à la campagne s’imposait. De fil en aiguille nous avons trouvé notre nouvelle maison.

 

 

Retourner au village

Après une semaine de boulot a Tokyo, je suis de retour au village.

Ce court séjour à Tokyo m’a rappelé les joies de la ville. Par exemple pouvoir marcher la nuit au hasard dans les rues, observer, explorer. Ou aller prendre un verre avec un collègue après une journée de travail.

Cette semaine à Tokyo m’a presque donné la gueule de bois.

Je suis de retour au village. Aujourd’hui après six heures de réunions téléphoniques, de six heures du matin à midi,  je pars faire un tour à pied jusqu’au fond de la vallée. J’ai besoin de marcher, de me ressourcer et de me resynchroniser avec la vie du village.

C’est une belle marche d’une heure à peu près, et il est si bon de gambader ainsi entouré des montagnes, avec la route qui serpente le long de la rivière qui serpente.

Je continue jusque dans la forêt.

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Et la dernière maison qui tombe en ruine. Le Titanic.

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En levant la tète on peut admirer le ciel. La, je suis de nouveau connecté à l’univers et au cosmos, me dis-je.  Il y a une connexion entre le ciel et la terre que l’on peut sentir.

A cet instant je remarque quelque chose au fond de la rivière. Un bout de bois qui n’en est pas un.

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C’est le bois d’un chevreuil. C’est la première fois cette année que je trouve le bois d’un chevreuil. L’année dernière j’en avais trouvé trois fois, dont une fois avec un crâne entier.

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Intéressant, n’est-ce-pas, que je fasse cette découverte peu après avoir senti cette connexion avec le cosmos…..  oh yeah ! ! !

Par chance encore je porte des bottes et je descends dans la rivière saisir ce précieux présent de Dame Nature.

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Jusqu’au bout de la route

 

En ce samedi matin, j’ai besoin d’un bon coup de fouet.

Pendant que femme et fils vont faire du tennis, je décide de marcher jusqu’à la fin de la route qui traverse le hameau et va se perdre dans les montagnes je ne sais où.

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Sitôt sorti du village on est en forêt. Chemin forestier construit autrefois pour l’exploitation du bois.

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Partout des cryptomères … C’était quoi cette folie de planter des cryptomères partout ? On voit bien que la montagne est sombre silencieuse triste et seule.

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A un endroit je vois quatre faisans.  Mais pas d’autres animaux en vue. Il y a aussi un pneu qui s’ennuie.

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Le chemin continue.

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Au bout d’une heure ça se met à monter fortement, en zig zag. Le chemin est défoncé. Et la rivière le long du chemin est asséchée.

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En marchant, je pense à Saint François d’Assise. J’ai lu il y a quelque temps les Fioretti. Avec des passages fantastiques, comme la conversion du loup.

Un énorme arbuste couvert d’épines se dresse au milieu du chemin. Il faut faire un détour pour l’éviter et suivre en hauteur un sentier créé par le passage répété des chevreuils. J’entends alors une voix, sur ma gauche. C’est une voix très proche. Ca n’est ni du Français ni du Japonais.

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On continue de grimper. Soudainement comme une récompense on a une vue dégagée. On se sent bien !

Un peu plus tard le chemin s’arrête et donne sur un cul de sac. En tout cas je crois si il y a une conclusion à tirer c’est que, plutôt que s’étaler, il faut s’élever.

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Des responsabilités importantes

Nous faisons les motchis avec des amis. Les motchis c’est une sorte de gâteau de riz gluant.

Nous nous sommes rassemblés dans la base secrète de notre ami charpentier; au milieu des bois. On est loin des bruits silencieux du village, on est en plein dans la nature.

Nous sommes une petite quinzaine, l’ami charpentier et son épouse, un jeune couple et leurs deux enfants, venus de Kobé, un couple âgé et la famille de leur fille.

Il y a aussi chacha le chien.

Faire des motchis, on appelle ça le motchi tsuki, c’est une tradition riche de sens, et une véritable industrie.

Il y a en effet une foule de choses à faire pour suivre le processus de fabrication complet. Il faut être efficace car il faut que ça tourne, que le motchi débite.

Sitôt arrivé on m’assigne la responsabilité du feu. Je m’assieds devant trois petits foyers. A ma droite un gros tas de bois. Chêne et chataigner.

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Ma mission, faire en sorte que les trois foyers soient à pleine capacité à tout instant. Deux foyers à droite sur la photo, sous de grosses marmites, font bouillir de l’eau. Le troisième à gauche produit la vapeur qui cuit le riz gluant, dans les casseroles.

Je me dis, moi, l’immigré du village, on me fait bien confiance en me donnant une telle responsabilité! Je suis tellement intégré, j’en suis désintégré.

De temps en temps le boss vient voir et me donne des conseils. On se tromperait en pensant que s’occuper des trois foyers est une tâche simple et dénuée d’intérêt. D’ailleurs je ne suis pas certain d’être tout à fait à la hauteur.

Sur ce, bonne année à toutes et à tous !

 

Tondo, préparation

Montagne: premier inventaire des arbres à abattre

La forêt a perdu toute valeur économique et, depuis, les gens ne s’en occupent plus. Normalement il faudrait éclaircir la forêt régulièrement pour permettre aux meilleurs arbres de se développer dans les meilleures conditions.

Si on ne le fait pas, les cryptomères se gênent, se courbent, ne savent developper le volume de feuillage (et de racines) adéquat et auront des problèmes.

Les mauvais cryptomères, les vents violents ou la neige vont les faire s’écrouler à un moment ou un autre. Gare à celui qui se promène dessous au mauvais moment !

山が傷んでいる Comme on dit. La montagne a mal.

Comme je viens de finir de dégager la troisième terrasse, auparavant encombrée d’arbres écroulés, nous pouvons envisager la prochaine étape.

Plusieurs options sont possibles. Ne rien faire. Couper tous les cryptomeres et planter des fruitiers à la place etc.

En attendant de décider, nous allons commencer par couper les cryptomères en situation critique. Ceux dont le tronc est courbé ou abimé. Cela permettra d’éclaircir un peu la forêt et offrira une meilleure visibilité

Nous essaierons de re-utiliser le bois, en faire des planches par exemple pour faire un wood deck dans la forêt et pourquoi pas une petite cabane pour y abriter les voyageurs égarés.

Ces cryptomères font vingt cinq mètres de haut ! Ils sont impressionnants. Je demande à un ami de venir voir. Il connait très bien la montagne et les arbres. C’est un professionnel. Nous marquons d’une ficelle blanche les arbres à abattre. Nous en avons identifié huit.

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Celui la le plus dangereux est complètement courbé.

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Celui-la dérange d’autres arbres en bien meilleure condition

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Celui-la, je ne me souviens plus !

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Le tronc est abimé. Sans doute est-il déjà pourri à l’intérieur. Notez le feuillage sous développé et déséquilibré.

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Pareil pour le feuillage de celui-ci. on note des irrégularités dans la ligne du tronc également.

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Il est pas droit celui-la !

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et c’est le septième j’ai oublié de photographier le dernier.

Dans ce travail de grand intérêt, Minou nous a accompagnés.

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