Catégorie: journal
Un balcon en forêt, premiers pas

L’emplacement choisi, il faut dégager le passage. Je coupe les troncs à 1.8 mètres, ce qui correspond à la longueur du guide pour la tronçonneuse (haddon) et la dimension du balcon en forêt.

La pose des quatre piliers se fait assez rapidement. Je les pose sur les quatre parpaings des fondations. J’ai percé les parpaings et les piliers. Dans chaque parpaing je place une barre métallique, qui vers le bas fixe le tout dans le sol, et vers le haut s’enfonce dans le pilier. S’assurer que les piliers ont les bonnes longueurs prend un peu de temps.

Ce système avec les parpaings et les barres de fer suffit à fixer le tout, même s’il a beaucoup de jeu. Je n’ai pas vraiment l’option de couler du béton ou d’amener de grosses pierres, donc je fais dans le light ..
Ah oui pour virer les insectes du bois, penser à retirer l’écorce …
Puis entre en scène la tronçonneuse pour découper deux poutres. Qui viendront se poser sur chaque paire de piliers.



Je fixe les poutres aux piliers avec de grosses vis de 24cm.
Ha! Pour mon grand plaisir mon épouse et Minou viennent faire un tour dans la forêt et visitent le chantier. Mon épouse en profite pour ramasser des feuilles de cryptomère. Il n’y a rien de mieux pour allumer le feu dans le poêle à bois le matin!

Une cabane en montagne cette semaine
C’était l’un des derniers projets dans ma longue liste. (pas que j’aie fini tous les autres avant). ‘Construire dans la montagne une plate-forme surélevée pour y faire la sieste et admirer la forêt.’
Et pourquoi pas même y dormir. Il faudrait sans doute une tente ou une moustiquaire pour cela. C’est une cabane mais sans toit ni mur … peut-être que j’ajouterai un toit plus tard.
En tout cas, un projet bien inutile alors qu’il y a tant à faire au taff et aussi dans la maison de madame M., mais j’ai besoin d’une diversion.
Dès que l’on pénètre dans la montagne on est pris par cet air clair et empli de parfums de réglisse. Et la terre, comme il est bon de la fouler. Le chemin monte on voit toujours les maisons du village en bas mais on est tout de suite dans un autre monde, couronné par ces cryptomêres majestueux partis à la conquête du ciel.
Dans ma grande naïveté je me dis que, assis dans la montagne; sur ma petite plate-forme, avec au dessus de moi les arbres géants … je pourrai m’approcher de la vérité. Il faudra plus d’un verre de ouisseki ou plus d’une tasse de thé.
Plus tôt cette année mon ami S est venu couper une dizaine de cryptomères, au niveau de la deuxième terrasse.

Et là comme je suis en vacances cette semaine je vais essayer de construire cette plate-forme. Le but c’est d’utiliser le bois des cryptomères coupés…. Je réfléchis à ce projet depuis plus d’un an et j’ai commencé à m’entrainer à débiter les troncs d’arbres en planches, avec ma bonne vieille tronçonneuse …

Gros progrès sur le mur
J’ai dû mal comprendre au sujet de la moquette qu’Emmanuel notre président souhaite refaire pour trois cent mille roros, est-ce la moquette de la salle des fêtes de l’Élysée ou celle de Brigitte ?
Dans la liste de mes projets en cours et futurs il y avait ‘Rehausser la berge de la rivière le long de la maison de madame M, pour mieux la protéger d’inondations possibles. Pierres et béton.’

Voilà c’est fait. je ne sais pas si c’est fini vraiment car il y aura des petites retouches à faire, mais, le mur le long de la rivière est effectivement refait et rehaussé. Les pierres en haut étaient simplement posées sur des sacs en plastique emplis de terre. J’ai tout retiré, posé des pierres plus grosses, les plus grosses possible; et consolidé le tout avec béton et mortier.

La clef pour réussir ce projet c’était 1- ne pas se détruire le dos 2- utiliser une bétonneuse, empruntée auprès d’un ami.
J’ai également continué en montant un parapet le long de la terrasse de la maison de madame M, qui surplombe la rivière. Haut de 30 cm c’est pour éviter les inondations mais aussi:
-évider les chutes accidentelles, d’enfants ou d’adultes îvres. A un endroit la chute d’une personne se ferait sur trois mètres et pourrait endommager la roche en bas qui forme le lit de la rivière. Safety first. 安全第一
-et faire une sorte de banc en pierre, où l’on peut s’asseoir et observer tranquillement la rivière qui s’écoule juste en bas, et y picoler et/ou bouquiner tranquillement. (les joies simples).
Parce que la maison de Mme M c’est un peu comme chez nous, le meilleur endroit de la maison, c’est le jardin, quand on est dehors.

la petite cour, entre la maison et la grange

Pour faire le parapet j’ai utilisé des pierres assez énormes. Certaines doivent faire facilement 60 kilos si c’est pas plus. Je les ai prises de la rivière, en les faisant rouler.
Il faut que ce soit du costaud, et puis ces grosses pierres sont vraiment belles. Et pouvoir en rassembler quelques unes ainsi fut un vrai plaisir.
Pour consolider le tout j’ai également coulé du béton derrière les pierres .
Il est toujours bon d’ajouter un peu de fantaisie. J’ai installé trois pieux métalliques sous les pierres. Ils sortent du côté de la rivière:
-ils serviront d’appui pour descendre directement de la cour dans la rivière
-je pourrai même y fixer une planche pour y faire un banc.

Feuilleter tranquillement un magazine
Voici ce que m’écrit mon ami et mentor F. qui est de retour en France pour quelques jours, pour ses affaires immobilières.
C’est le gros bordel en politique mais dans la rue les gens parlent de viande et de boire un café. Le matin les enfants courent à l’école.
Mais le peuple se passionne pour la question politique. Graffitis sur les murs adoptent un langage d’un autre temps: Peuple, lutte, justice. On invente des chansons de marche.
Et puis au soir revenu, échaudés, ils rentrent chez eux border les enfants et se coucher.
Oh là là, France!
Nous on est toujours au village et à midi nous sommes allés déjeuner dans un restaurant, paisiblement. En attendant les beignets de crevettes je feuillette un magazine, et découvre quelques pépites.
En fait le tout formule un résumé des choses que j’aime au Japon. Le raffinement, la cuisine et l’alcool, et puis ce côté délirant où beaucoup est permis et où on frôle parfois le mauvais goût.


Dans un pays où il y a peu d’enfants et où l’on vieillit bien.






On peut penser au système de retraite Japonais mais en vérité, ne pas s’arrêter est une clef de la longévité.




(ce qui est tout à fait rarissime, vu que les poissonniers au Japon portent toujours des bottes blanches)
Qu’est-ce-qui se passe ?
Silence radio .. que fait Wakame Tamago (c’est mon pseudo) … J’ai pas écrit d’article depuis début novembre.
Je reviens d’un business tripe aux US, très mouvementé. Comme il est d’usage dans toutes les (grandes) boites il y a eu un changement d’organisation (on dit re-org) et je me retrouve avec un nouveau boss.
Une personne très brillante. Harvard. C’est bien d’avoir un boss intelligent, ça aide beaucoup.
En douze ans ça fait donc mon septième boss, je devrais m’habituer mais non je n’arrive pas. Ces changements involontaires, pas attendus, cela fait partie de la mise. Mais à mon âge …
Au fond j’aimerais être mon propre boss …
Je sais bien, travailler dans la boite; jouer le rôle du salarié modèle à distance (dix mille kilomètres c’est très bien) …. et enfiler la culotte de wakamé tamago et vivre des aventures à la campagne au Japon dès que possible … c’est un peu une vie double que je mène … avec grand bonheur nous essayons de prendre les côtés positifs de ces deux vies … take the cash … and enjoy the time ….
Voilà, donc silence radio … histoire que ça se calme un peu.
Des brouettes bien françaises
Mes trois brouettes avaient elles aussi après le pied-de-biche besoin d’une cure de jouvence.
Pourquoi trois brouettes ?
- La première je l’ai achetée lors de notre installation dans notre village il y a 6 ans.
- La deuxième je l’ai trouvée dans les poubelles. Je n’hésite pas à faire les poubelles.
- La troisième appartenait à madame M et je l’ai achetée avec sa maison.
Chaque brouette méritait bien sa propre couleur, et pourquoi pas donc refaire dans le tricolore ?

Voila l’ancienne brouette de madame M …

Et celle-ci, dénichée dans les poubelles il y a quelques années.




Progrès de la BD Histoires Naturelles
Histoires Naturelles est un nouveau de projet de BD inspiré de notre vie à la campagne ici au Japon, dans notre village. Comment nous avons décidé de quitter Tokyo et de commencer une nouvelle vie à la campagne. Comment nous avons trouvé notre maison, fait les travaux etc … Et puis toutes nos découvertes … dans le village … la forêt … les animaux … les voisins … la nature … les nouveaux amis que nous avons rencontrés etc.
Ça n’est pas ma première BD, j’ai également écrit Tout Ira Bien, une fable politique post accident nucléaire.
Je fais tout à l’ordinateur (PC), avec le software CLIP STUDIO PAINT et une tablette Wacom.
Écrire une BD, en tant qu’amateur est un travail de longue haleine. L’idée est venue en 2015 lors de la découverte d’un squelette de chevreuil dans notre montagne. Mais c’est en 2017 que je finalise une bonne partie du scénario et des brouillons.
Aujourd’hui on est en octobre 2018 et 27 pages sont dessinées. Je suis à peu près à la moitié.
J’ai eu de longues périodes d’arrêt!: blocage au niveau du scénario ou du dessin, ou bien trop chaud l’été, ou encore trop de boulot par ailleurs et quand je suis trop fatigué ou stressé je me lance dans des parties de jeu vidéo qui me bouffent les soirées …
La depuis septembre je suis dans une bonne période et j’arrive à passer une heure et demie chaque jour, le soir, sur la BD …
Le brouillon tel qu’il était en mars 2017

Depuis, j’ai pas mal progressé. Les pages colorées sont complètes à 95 pour cents. J’ai fait les dessins jusqu’à la page 28. Si tout tient en 62 pages …

Voici le détail du progrès …

Sur ce blog j’ai publié quelques pages déjà… Les voici:
La page 1 avec le métro boulot dodo à Tokyo.

La page 2 ou comment on décide de partir vivre à la campagne.

La page 3 où l’on part chercher une maison à la campagne. Cette page a depuis été modifiée !

La page 11 sur notre voisine Madame ‘Riki’. Depuis elle est décédée et j’ai racheté sa maison.

Voilà ! Quoi qu’il en soit, pouvoir travailler sur un sujet créatif, où l’on peut donner libre cours à la fantaisie, faire des petits dessins avec des jolies couleurs, fait beaucoup de bien.
Chercher du gravier
Que faire un samedi d’octobre lorsqu’il fait un temps magnifique.
Aller chercher du gravier!
Je veux étendre du gravier là où nous garons la voiture, et puis aussi je veux poser un tuyau entre les deux anciennes rizières qui forment notre jardin pour mieux faire s’évacuer l’eau des pluies. Je poserai du gravier pour stabiliser et cacher le tuyau.
Mon ami S a un nouveau camion, un Mitsubishi Fuso, flambant neuf. Il va m’aider à aller chercher du gravier. Plus facile avec un camion de trois tonnes qu’avec mon petit camion keitora où l’on peut charger jusqu’à 350 kg.

J’achète deux canettes de café pour la route. … il me passe une cigarette (il roule son tabac maintenant, le coût à la cigarette revient à la moitié des cigarettes normales), et c’est parti pour un tour. C’est un moment tout à fait génial, dans ce beau camion on doit être les deux hommes les plus heureux du monde, manque que le violon de Grapelli avec la musique des Valseuses.
On va à quinze kilomètres trouver une caillouterie … comment dit on en Français ?
Là un énorme engin vient déverser en une fois, trois tonnes de gravier oh yeah dans la benne. Le conducteur d’engin nous fait de beaux sourires, c’est un jeune, le jeune le plus heureux du monde c’est sûr, avec un engin pareil!

Les hommes quelque soit leur âge aiment les gros jouets. Regardez les militaires comme ils ont heureux avec leurs gros tanks et les porte-avion … pareil …
Il fait beau temps et du camion qu’est ce qu’on voit bien la route. Magnifico.

Avant de verser le gravier pour la place de la voiture, on retire des grosses pierres. Le pied-de-biche tricolore bleu blanc rouge est ici encore bien utile en plus d’être magnifique…

Salut l’ami!
Un tour vers le fond de la vallée ce matin, vers 10 heures, j’avais déjà cinq heures de boulot dans les bottes entre les mail et Excel …
Rencontre du troisième type assez rare avec ce superbe anaguma qui se balade, lui aussi a envie de se dégourdir les pattes… Il est cool et ne semble pas me remarquer du tout … Il trace la route, l’ami!
Le hazard fait bien les choses, ce soir je travaillerai sur la page 27 de ma BD Histoires Naturelles, et je dois justement dessiner … un anaguma!





Un pied-de-biche bien français
Mon pied-de-biche…
Quelle belle expression ! en Japonais on dit simplement barre (バール) bien qu’il y ait aussi ce mot: 鉄梃(かなてこ) kanatéko. En américain on dit crowbar et dans certaines régions comme l’Angleterre ou l’Australie on utiliserait ce terme de pied de cochon pig foot.
Eh bien ici il est clair que le terme Français se distingue par son élégance. (En Espagnol c’est pie de cabra soit pied de chèvre). J’aurais dû apprendre le Russe.
Mon pied-de-biche, à force de creuser des trous et déloger de grosses pierres, montre quelques signes de fatigue.

Neuf il était pas mal; bicolore vert orange.
Après six ans de service est venu le moment de lui refaire une beauté.
Et pourquoi pas donc le repeindre en bleu blanc rouge, comme le drapeau.

D’abord une bonne couche de blanc.


Ça jette !



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