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Quelques heures à Kobé
Kobé nous avons déjà visité et pris quelques photos, dans cet article.
Aujourd’hui j’y fais un tour, pour retrouver Francky mon ami, nous nous connaissons depuis 1988, putain ! Nos parcours depuis suivent les mêmes spirales, c’est étonnant, incroyabl’, région parisienne, Paris, Tokyo, Paris, Tokyo, et puis maintenant le Kansai où nous vivons tous les deux.
L’amitié apporte beaucoup à la vie mais je ne vais pas m’étaler là dessus, place aux photos.

Au bord de l’eau on ne sait s’ennuyer il y a tant à observer.


Je ne le photographie pas mais juste à côté il y a bateau spécialisé dans les enterrements ou plutôt enmerements, car il disperse les cendres des défunts dans la mer intérieure du Japon.













Ca devient intéressant. Quartier avec quelques hôtels de passe, ou love hôtel. Dans un petit parc, ce lampadaire, mais quelqu’un a aveuglé une caméra de surveillance en la recouvrant d’un sac plastique.
A propos de caméras de surveillance, si, au beau milieu d’un quartier résidentiel vous voyez un bâtiment protégé par une multitude de caméras de surveillance, bingo, il y a de grandes chances qu’il s’agisse de locaux utilisés par les yakuzas. Pas trop loin de ce poteau on voit d’ailleurs une de ces maisons. La présence d’une voiture de police confirme.

Franchement voilà un geste généreux, que de donner l’heure à tout le monde.

Superbe. Admirer l’ordonnancement des outils et les couleurs, le jaune, le rouge, les oranges. Magnifique!

Au Japon il y a toujours ces étincelles d’incongru, d’inattendu. C’est ça qui empêche les synapses de rouiller. Comme ici devant un poste de police de quartier avec les posters des criminels en cavale, un poster de recrutement … et un de star wars.

La bonne habitude du lundi matin
Voilà une bonne habitude.
Les lundi matins, pour commencer la semaine, je vais voir S. dans son atelier. C’est à 15 20 minutes à pied de chez nous.
J’apporte le café, car je suis le novice qui va voir son maître, le sensei. Lui a toujours du bon tabac dans sa tabatière.
On discute de la semaine à venir et des mouvements du monde.
Quand des villageois de passage se joignent à nous, ça prend plus d’une heure. Le lundi ici au Japon c’est encore dimanche aux USA, donc je n’ai pas de téléconférences: j’ai tout mon temps.
Dans ces discussions libres, il y a toujours tant à apprendre, que ce soit sur l’histoire du village, ou bien la vie de S., son enfance par exemple. Ou encore les arbres; comment les forêts ont changé ces vingt ou trente dernières années. C’est passionnant !
Quand S raconte ses souvenirs d’enfance je me croirais dans un livre, une manga. Il raconte comment les enfants allaient jouer dans les montagnes, comment c’était à l’école, avec les professeurs qui étaient revenus de la guerre (par exemple il y avait un professeur qui continuait à s’habiller comme un soldat), comment il a tué son premier sanglier, il devait avoir dix ans peut être, etc.
Que des aventures.
Voici quelques photos que j’ai prises sur le chemin de l’atelier de S., lundi dernier.
J’ai eu de gros soucis avec le boulot, plus tôt cette année. Je ne dirais pas que j’ai surmonté les problèmes; j’ai suivi la vague d’emmerdes, j’ai surfé sur les vagues de merdes au boulot…
Ces amitiés et la beauté du paysage m’ont énormément aidé dans tout ça.










La récolte du riz
Il fait encore chaud mais ce n’est plus la chaleur ultra humide dans laquelle nous avons cuit, dans l’étuve comme des gyouzas, ces deux derniers mois.
Dans le village, on a commencé à récolter le riz. C’est beau de voir les gars qui s’activent dans leur champs, le riz et le paysan ont bien travaillé. Il y a un résultat.


Je me balade dans le village, et vois un gars qui vient de récolter le riz de sa rizière, il charge son camion, sa moissonneuse a rempli déjà une belle douzaine de sacs.

Autrefois, m’explique-t-il, après la récolte du riz, on plantait du blé. On produisait ainsi deux récoltes chaque année, c’est ce que l’on nomme le nimousaku. 二毛作 Le blé est désormais importé, les prix sont très bas. On fait encore du riz, pour continuer la tradition et parce que le prix du riz est fortement protégé par des taxes à l’importation.

On voit bien comment l’importation du bois, du blé, a tout foutu en l’air dans les campagnes japonaises, et donc, les gens sont partis vivre en ville. Pour pouvoir vivre de la récolte du riz il faut disposer de sacrées surfaces. Dans notre vallée montagneuses, ce sont des retraités ou bien des salariés qui font du riz; c’est un passe temps plutôt qu’un business.
C’est dommage de ne pas faire deux récoltes, car maintenant, une fois le riz récolté, la terre est laissée toute nue exposée aux éléments pour de très longs mois. Bonjour l’érosion et l’appauvrissement des sols. Et puis les vers de terre, ils ont pas contents c’est sûr … Si on pensait plus du point de vue des vers de terre on ferait moins de conneries.
La promenade continue.
Au détour d’un chemin je vois un très beau keitora. (keitora; ou ‘camion léger’, indissociable des campagnes japonaises, fiable, maniable, serviable, ici on ne peut pas vivre sans ….) Il est neuf! C’est un Honda. Les keitora Honda sont réputés; le moteur est monté à l’arrière. Ce qui permet de les charger à fond, bien au delà des 350kg max réglementaires.

Tiens un gars arrive c’est le propriétaire de ce magnifique bolide. On discute … voilà dans le village, on discute avec tout le monde et il y a toujours un sujet de conversation à portée de la main.
Je demande si je peux le prendre en photo avec son nouveau camion…

Il dit: il va me durer vingt ans !
Cell ne m’étonne pas, le mien a 18 ans et fonctionne à merveille.
Explorer la vallée
J’ai repris le vélo! J’avais arrêté un peu, trop de boulot. Mais j’y retourne, au vélo.
Aujourd’hui il a plu. La pluie a cessé mais des nuages sont toujours accrochés dans les cheveux des montagnes. Je pars faire un tour.

L’occasion d’explorer un coin de notre vallée où je ne m’étais jamais attardé.


C’est un petit hameau d’une vingtaine de maisons dans un endroit très encaissé, enfermé presque dans la montagne.

A peine cinq minutes à biclou, mais c’est vraiment magnifique.

Promenade à Takasago
On est allés faire un tour à Takasago. Ville de 92 mille âmes, située entre Himéji et Kobé et faisant face à la mer intérieure.
Takasago signifie les hauts sables.
Je voulais aller visiter le sanctuaire Shinto de Houden à Takasago depuis pas mal de temps. Le sanctuaire est bâti autour d’un énorme bloc de roche taillé dans la montagne.
Après le sanctuaire Houden, nous allons voir un quartier de la ville qui a dû connaitre son heure de gloire il y a 40 ans, et qui depuis …. part en rouille.
Cela donne des paysages désolés. Les rues vides et à moitié à l’abandon. Le capital et l’intérêt des gens se sont déplacés, vers le quartier de la gare sans doute. Ou vers les centres commerciaux.
C’est un peu comme les coquillages et les rochers que l’on peut observer lorsque la mer s’est retirée, à marée basse.

















Promenade à Tottori
On n’est pas loin de Tottori et de la mer du Japon qui borde cette préfecture. Nous sommes allés y faire un tour il y a quelques mois, pendant les vacances de fin d’année.
Découvert par hasard cette jolie ville, Kurayoshi.
Pour les amateurs de BD, Quartier Lointoin de Taniguchi Jiro se situe dans cette ville et ce quartier même que nous avons visité…

Chapeau… pour se garer là; de plus la rue est étroite.

Un bar … super …

La notice scotchée sur la porte confirme que le tout est sur le point de s’écrouler.

Le chat est vrai.

Le temps dans ce quartier s’est arrêté. Depuis quelque temps; C’est la fin des choses.


Une maison simple et belle.

On aime bien.

Un karaoké. On doit bien s’y amuser.


Il faudrait des fortunes pour entretenir ces vieilles battisses.


Dans un magasin de porcelaines.

Un fabricant de saké.

Des endroits merveilleux
Des endroits merveilleux il y en a bien une bonne poignée, dans notre petit village où personne ne vient jamais.
D’ailleurs pour le faire visiter et mieux connaitre je devrais peut être acheter une vieille maison, la retapper et en faire une guest house ? Vous viendriez nous voir ?
Au fond de la vallée, il y a un petit hameau. Plus que vingt personnes y vivent. Il est à moitié déserté. Mais c’est un très bel endroit et ma bicyclette m’y conduit presque chaque jour. Avec le pilotage automatique.
A l’entrée de ce hameau que les montagnes couronnent, un sanctuaire shintô. (jinja).
C’est un endroit magnifique. Merveilleux. On monte un escalier de pierre, un écriteau informe de la présence des vipères.



Une fois en haut on arrive au pied d’un cryptomère gigantesque. C’est un géant, en effet. Il n’y en a pas beaucoup comme lui. Son écorce est molle, douce et chaude. On pense à la peau d’un éléphant ou encore d’un vénérable vieillard. C’est assez incroyable. On passerait des heures à observer et caresser l’écorce.



Et puis il y a le sanctuaire. C’est un miracle qu’il tienne encore debout. Dans dix ou vingt ans; faute de population pour l’entretenir ou le réparer ce sera sans doute une ruine.
Ce sanctuaire fait l’intersection entre l’homme et la nature, le profane et le sacré.

Chose peu courante pour un sanctuaire de si petit calibre, son entrée protégée par deux gardiens de bois silencieux.


C’est peut être aussi celà qui nous touche car les gens qui ont construit tout cela nous les connaissons presque à moins que ce ne fussent leurs parents ou leurs grand parents.



Bref. Un beau moment d’émotion.
Welcome to Deep Japan.
Et puis d’autres arbres .. certains, fatigués, se sont couchés.



Grenouille dans les kakis et … sangliers !
Rencontres visuelles
On a été déjeuner à Hacienda; resto de la ville voisine. Délicieux curry Thaï; salade fraiche du jardin. Café succulent. Un cannelé pour le dessert.
Un grand potager est adjacent au resto. . Les arbres à kakis y sont chargés de fruits. C’est la saison.
Nous achetons aussi quelques kakis et voila cette toute petite grenouille si mignonne; perdue dans les fruits.



Plus tard on va faire des courses et sur le parking il y a un keitora, ces petits camions blancs que l’on trouve partout à la campagne ici au Japon, joliment décoré de sangliers.


Lundi matin (vélo)
Comme tous les lundis matins j’ai vraiment la tête dans le cul et il est très pénible de se mettre au travail. Je commence donc par aller faire un grand tour en vélo.
Je descends vers le bas de la vallée puis la remonte dans son intégralité jusqu’aux pieds des montagnes.
La lumière et les couleurs sont magnifiques. Tout est beau et m’emplit d’espoir. 35 km, ça fait du bien.
L’homme n’a pas été fait pour passer des journées entières sur un clavier d’ordinateur c’est sûr.

L’entrée de la vallée. A l’horizon les montagnes: tout espoir est possible.

Comme le village se fond avec le paysage. Quelle harmonie.

Une de mes vues préférées.

Un peu plus loin un barrage. La route va monter sec.


Et cette petite route sauvage, où il n’y a plus âme qui vive … on y est très bien.
Régulièrement je fais sonner la poire klaxon du vélo, histoire de faire fuir les ours … pas envie de rencontrer de plantigrade ce matin.

Les montagnes à perte de vue …
Dans les coins les plus reculés, des idiots jettent des ordures … des idiots il y en a décidément partout. Frigos et machines à laver. Je vois des employés de la ville les récupérer avec des cordes pour ensuite les dégager et les emporter vers les usines de recyclage. Good job …..


Le village ce matin
Promenade dans le village ce matin. Vers cinkousizeures.

Un petit sanctuaire shinto.



Dans le sanctuaire, un ancien dojo pour jouer au sumo.

Devant la salle communale des posters sont affichés … Les sujets sont variés.
Expo sur les malades de la lèpre au Japon qui a partir de 1931 étaient confinés de force dans des établissements spéciaux où stérilisation et avortements étaient couramment pratiqués. Un des épisodes sombres du japon moderne.

Une expo sur les kamikazes (les jeunes qui sont partis dans le ciel du sud). Et des conférences par des survivants des bombardements américains sur la ville de Himeji. Il est intéressant de noter que le sujet des bombardements américains sur les populations civiles de la plupart des villes japonaises soit abordé dans le cadre d’une exposition sur les kamikazes. On peut y voir une façon de noyer le poisson et d’éviter les vraies questions que l’on devrait évoquer lorsque l’on parle du sujet des kamikazes. Ceci-dit les bombardements US sur les populations civiles JP devraient être considérés comme des crimes contre l’humanité.

On souflle un peu avec une expo sur Utrillo

Quelqu’un a amené son bateau dans son jardin.


Un autre poster.

J’aime bien cette photo. On voit bien comment la vie a changé en un siècle et comment les maisons ont évolué.


Cette vieille ferme, je ne sais pas trop de quoi il s’agit mais il semble que quelqu’un tente de la garder debout avec des bâches en plastique et un bout d ‘échafaudage. C’est un peu foufou.

C’est dingo non ?

Les nouvelles feuille de thé.


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