Catégorie: journal

Qu’est ce que le luxe…. (café)

On essaye de vivre simplement. De garder les pieds sur terre.

J’aime bien boire du café le matin et depuis notre déménagement à la campagne je commande régulièrement du café à une petite boutique de Tokyo; Mammoth. J’aime beaucoup le mélange qu’ils ont habilement baptisé chocolat … moi qui suis un fou de choco aussi…

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Mais cette question me titille: je souhaiterais être  comme un (vieux) sage qui vit dans sa montagne dans la plus grande simplicité (et qui fait du kung fu avec sa tronçonneuse) mais en même temps je me fais livrer du café de Tokyo à 600 kilomètres à l’Est … c’est pas trop un truc de bobo ça ?

Faisons le calcul.

Le mélange chocolat de Mammoth, 500 grammes de café en grains, coûte 2000 Yens.

Pour me faire une belle cafetière, à peu près 800 ml, je mouds 20 grammes de grains.

Donc la poche de 500 grammes va durer 25 journées et ma dose de café revenir à 80 Yens par jour soit 10 Yens par 100ml de caoua.

Si je compare à ces cafés en canette que l’on trouve dans les distributeurs automatiques au Japon … pour 100 ou 120 Yens … ces canettes qui font 180 ml …

Le café en canette est beaucoup plus onéreux; 66 Yens par 100 ml … Six fois plus que mon café. (certes je dilue mon café et augmente le dénominateur, mais c’est comme ça que je le bois)…

Que dire du café de Starbux; où un drip coffee coûte 300 Yens pour 240 ml soit 125 Yens par 100 ml. Douze fois plus!

C’est pas comparable c’est sûr, dans le starbux on paie pour l’emplacement et les dix minutes d’attente, le sourire de la jeune fille a la caisse et le gobelet en papier avec couvercle en plastique…

Ce que j’en retiens cependant, c’est que mon café que je commande de Tokyo est un luxe …  qui est très bon marché … et me fait en fait économiser des sous.

OK. C’est une démarche comptable me direz vous, mais le coût élevé du café de Starbux ou de la canette n’est pas fortuit, et est le produit d’une longue chaîne de valeur:

Les 300 Yens du café Starbux contiennent des $ pour le local, je n’en ai pas besoin, il y a des $ pour le marketing je n’en ai pas besoin, il y a des sous pour payer le CEO, je n’en ai pas besoin, il y a des sous pour la déco et la zizik, je n’en ai pas besoin. Le café de Starbux coûte certainement moins que mes 10 yens au départ, mais avec toutes ces choses dont je n’ai pas besoin, passeque moi je veux seulement boire un café, quitte a me le préparer moi même, ça finit par faire les 125 Yens …

Dans mon calcul je n’ai pas pris en compte le coût du filtre à café mais là je pourrais faire autrefois comme cet oncle Raymond des Pyrénées qui utilisait une vielle chaussette.

C’est lui, Raymond, qui était le vrai vieux qui vivait dans ses champs et la plus grande simplicité. Y a encore du boulot.

 

 

Un nouvel outil offrant de nouvelles perspectives

C’est un nouvel outil découvert par hasard il y a quelques mois sur Fessebouc. Ca se fixe à la barre de la tronçonneuse, et permet de guider celle-ci selon une ligne droite. Le but, débiter des troncs d’arbre pour en faire des planches, par exemple.

Ça se fixe à la tronçonneuse, c’est léger … les nouvelles perspectives que celà ouvre pour moi c’est de pouvoir transformer des troncs d’arbres en planches et autre directement dans ma forêt en montagne. Et par exemple de m’y faire une cabane ou une tree house, ce qui sera fort utile lorsque ma femme ou mes chats m’auront chassé de la maison.

C’est un outil fait aux US. C’est génial!

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http://www.haddontools.com/

A propos, des bûcherons du coin ont travaillé le mois dernier au fond de notre vallée. Ils ont coupé moults cryptomères et laissé derrière eux de nombreuses chutes, que je suis allé récupérer, histoire de reremplir notre tas de bois, pour l’hiver prochain. Parmi ces chutes, de beaux troncs de un mètre cinquante, ne me demandez pas comment j’ai pu les charger tout seul dans mon petit camion, simplement la force herculéenne.

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J’ai testé cet outil hier sur un de ces troncs et ça marche très bien voici quelques fotos de l’opération.

Toujours une grande joie de pouvoir travailler le bois et de transformer la matière, ramasser un tronc d’arbre qui serait resté à pourrir tranquillement, le dépecer et en faire surgir une belle planche qui expose toute la beauté, intérieure, du bois avec ces beaux motifs, ces belles couleurs… Love it !!!

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Il faut bien planifier la découpe… et prendre en compte la longeur de la barre de la tronçonneuse …

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Cette planche servira de guide à la tronço.

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Dans mon œuf

Je dois bosser à la maison 85 pour cents du temps.

Le reste je suis à Osaka pour des meetings avec mes charmants collègues ou bien aux US ou alors ailleurs en Asie comme Singapoor.

Donc 85 pour cents du temps je bosse dans ma petite cabane, de un mètre sur trois.

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Un si petit volume est très facile à chauffer. Quand je commence à cinq heures du mat en hiver il y fait moins deux degrés, mais avec le radiateur électrique la température monte rapidement à dix, douze degrés.

C’est formidable d’être tout seul, dans un très petit espace. Il y a peu de distractions, peu d’interférences.

Travailler chez soi peut être difficile avec les différentes tentations. Il est bon d’avoir un espace de travail à soi, entièrement séparé de la maison. Être loin de la cuisine et des bouteilles de whisky est important aussi.

La vue donne sur ma petite montagne et c’est un bon poste d’observation sur ce qui se passe dehors; qui du village promène son chien, ou bien le chevreuil à trois pattes qui se balade, des bûcherons qui reviennent du fond de la vallée avec le camion chargé de troncs de cryptomères ou encore le chat Scotch qui va chasser des oiseaux ou des grenouilles dans la rivière en face.

Cette petite cabane de trois mètres carrés était autrefois une tsukémonobeya 漬物部屋 où l’on produisait des pickles, attenante à notre petit atelier. Au début les habitants du village étaient vraiment surpris de me voir pougner là, maintenant quand ils promènent leur chien et passent devant la maison, de l’autre côté de la rivière, ils font des signes de la main …

Au mur sur les étagères j’ai mis mes BD préférées ainsi que une centaine de Pléaides collectionnées depuis vingt ans. Quand les collègues me font trop ierch et que le travail me déprime je peux penser à Chateaubriand ou Saint John Perse.

J’ai aussi des photos de ma maman qui nous a quittés.

J’ai vue aussi sur une partie du jardin et un chaudron où je brûle des affaires et en particulier des mauvais livres comme par exemple un très mauvais book d’entretiens de Pierre Rabhi. Il est bon de pour voir surveiller le feu.

Au cours de ma carrière d’employé de bureau j’ai eu l’occasion de bosser dans de jolis bureaux, en Allemagne avec une vue magnifique sur Munich, à Madrid au cœur de la ville, et différents endroits à Tokyo dans des bureaux assez luxueux. J’ai bossé aussi dans beaucoup d’endroits bien pourris, les banlieues industrielles et des sites de production où il n’y avait même pas de bureau. J’ai bossé une année entière dans une cuisine à Francfort..  Ces banlieues d’ailleurs bien que déprimantes sont intéressantes à visiter…  La, dans mon jardin entouré de mes petites affaires, c’est vraiment le top… c’est comme si j’étais dans un œuf … dans mon œuf  … Mais il a fallu pougner beaucoup et longtemps pour y arriver.

Voici les articles où je décris comment j’ai arrangé et donné une nouvelle vie à a cette petite pièce.

Bricolage … une cabane dans l’atelier (1)

Bricolage … une cabane dans l’atelier (2)

Bricolage … une cabane dans l’atelier (3)

Bricolage … une cabane dans l’atelier (4)

Bricolage … une cabane dans l’atelier (5) et fin !!!

 

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Le petit carre rouge …. c’est la que je pougne !!!

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Les locataires des tas de bois

Y a plein de petits geckos qui se planquent tranquille dans notre tas de bois. Sans doute un bon endroit pour passer l’hiver.

Il faut faire attention, lorsque l’on prend du bois pour aller alimenter Calcifer le poêle à bois, à ne pas enfourner ces sympathiques bestioles.

Il y a beaucoup de punaises aussi qui se planquent dans nos bûches mais dans ce cas j’ai beaucoup moins de précautions et je les fais brûler avec le bois. Comme quoi nous sommes très sélectifs. A quoi tiennent ces différents critères, bestiole sympathique que l’on veut épargner, bestiole désagréable que l’on zigouille sans regret. Toutes sont le fruit de la création pourtant.

Cet après midi je fendais une énorme bûche et d’une petite fente dans le bois est sorti ce petit gecko. Il a eu chaud, j’aurais pu le réduire en bouillie avec ma hache.

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Portrait de notre chat Scotch

Portrait de notre chat Scotch.

scotch.jpgScotch nous a rejoint l’année dernière encore petit chaton. Elle a donné naissance à six chatons quelques mois plus tard, nous prenant de vitesse. Quelques semaines plus tard; chaque chaton trouvait une famille d’accueil.

Depuis nous avons constaté que Scotch excelle à la chasse, avec tout ce qu’elle nous ramène à la maison … samedi dernier un oiseau … dimanche une souris …

La maison du civet

Opération civet de chevreuil

Le mois dernier nous sommes allés visiter le bout de la vallée avec un jeune couple d’amis qui cherchent une maison.

Le hameau au fond de la vallée, plus de la moitié des maisons y sont abandonnées. Vingt personnes à peine y vivent encore.

C’est un bel endroit, entièrement couronné de montagnes. En fait c’est un coin magnifique.

Pour la visite nous sommes allés voir le chef du hameau; et avons fait les présentations. Puis nous sommes allés voir une maison genre Totoro, une très belle maison, une ancienne ferme, en assez bon état et tout le confort d’il y a un siècle à peine. A louer, pour une somme modique.

Bon finalement le jeune couple d’amis ça les a pas emballés mais c’est bien d’avoir quand même essayé me dis je.

A la fin de la visite le chef du hameau clopin clopant nous conduit à un petit hangar où trois frigos regorgent de viande de chevreuil.

Il prend les chevreuils dans des pièges, de grandes cages métalliques.

Une fois zigouillés, avec une lance, et tant qu’à faire il faut viser dans le cœur, pour bien les saigner, il les amène dans le hangar où il fait les découpes. En témoigne le sol écarlate. Et les crochets qui pendent du plafond. J’aurais dû prendre une photo. Deep Japan ou Deep France, c’est pareil ! Beaucoup de fondamentaux sont communs.

Il nous donne un énorme morceau de viande. 4 kilos.

Je l’ai mis à décongeler dimanche. Hier matin j’ai découpé le beau morceau. Toucher cette viande, cette viande vraie, réelle, pas comme celles prédécoupées et sous cellophane des super marchés ** était très agréable. On sentait encore la force et la puissance de l’animal.

Je vais faire un civet. Je vais laisser encore mariner un peu. J’irai en apporter un morceau au chef du hameau. En espérant ne pas me planter !

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**A ce sujet regardez le film le gendarme à New York avec De Funès. Où ils se moquent des Américains avec leurs beef steaks sous cellophane.

 

Nos chats et la neige

Opération Charbon de bois

Dans sa base secrète (秘密基地), dissimulée des regards, dans une vallée inhabitée, mon ami S. s’est remis à faire du charbon de bois. Je ne sais pas si j’ai déjà fait un article sur cette base. Je crois pas. Ah si! Le voila. En 2013 peu après notre arrivée.

Il a construit deux fours à charbon de bois dans sa base. Il en parlait depuis 4 ans au moins, d’allumer les fours et d’y refaire du charbon de bois mais c’est finalement cet hiver qu’il s’est décidé à s’y remettre.

C’est vraiment pour le fun qu’il fait ça, S.

Il aime à continuer les gestes d’autrefois.

Autrefois: beaucoup dans la vallée étaient charbonniers.

Je suis allé prendre quelques photos.

Toute cette opération tient du domaine du magique. Il faut bien observer et avoir une  intuition développée pour réussir à faire du charbon de bois.

 

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Première étape, préparation du four en l’emplissant de bois. Cette fois S. utilise des branches de cryptomère.

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Ensuite on commence à chauffer le four.

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Cela prend plusieurs heures et des litres de bière.

Le four bien chauffé, on ferme la gueule du four.

 

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S. a fait lui même ces fours à charbon de bois.

Des ouvertures au sommet permettent de réguler les entrants en oxygène.

De la on peut observer ce qui se passe à l’intérieur.

 

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A l’intérieur on dirait un petit volcan.

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Je ne me souviens plus exactement. On attend deux à trois jours. La gueule du four refermée.

Puis le moment venu, on ouvre et on retire le charbon de bois. On voit cette fois ci ça a un peu merdé, beaucoup de bois s’est entièrement consumé.

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Il fait une chaleur d’enfer. On sort le charbon de bois incandescent du four.

On le recouvre ensuite de sable pour stopper la combustion.

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Cet article a été lu et approuvé par Kiri chan le chaton.

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Kyoto !

Avant le nouvel an, nous sommes allés à Kyoto visiter mon grand ami F. et sa famille.

Toujours un stimulus important que d’être en ville, nous qui sommes tout le temps au village. Ça nous fait voir ce qui se passe au delà de notre petite vallée.

Notre amitié avec F. date de 1987. Nous étions alors lycéens et vierges.

Tous les deux encore lycéens nous avons développé un intérêt pour la chose Japonaise et dès les mid nineties nous commencions nos carrières professionnelles à Tokyo. (carrière: lieu où avec une pioche on tape dans la roche pour en retirer des ardoises).

En marchant dans les rues de Kyoto, pendant que les épouses et les enfants étaient chez F. au chaud avec du thé et des gâteaux, nous nous sommes dit, dans les rues étroites de cette ville qui respire comme la mousse: Oh, que c’est beau tout cela, et qu’est ce qu’on aime le Japon!

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Pour changer, un peu de kawaii !

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Et ici encore, du kawaii.

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retour à la réalité

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un marchand de riz.

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Les gâteaux de riz mochi.

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on sait qu’à Kyoto aussi, tout part en couille … en beauté.

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trois bâtiments résistent avant la démolition inévitable.

 

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les différentes strates géologiques. Mais remarquez; parce qu’elle est faite de matériaux naturels, du bois et de la terre, c’est la ruine du milieu qui vieillit le mieux.

 

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Bon coup de crayon. Pour un restaurant de ramen je crois.

 

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L’entrée des artistes

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C’est Daihatsu je crois qui produisait ces petits véhicules.

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une tiny house sur roulettes