Catégorie: la nature
Opération Champignon
La dernière nouvelle au Japon c’est que les foules se sont jetées sur le PQ dans les magasins, suite apparement à de fausses infos diffusées sur les réseaux sociaux. Rupture de stock partout.
Laissons tout celà de côté. Aujourd’hui c’était opération champignon.
La voisine Madame T., j’avais fait un article à son sujet.
Depuis quelque temps, elle veut cultiver des champignons shiitaké. Elle a quelques belles branches de marronnier, des marronniers qu’elle a fait élaguer. Elle a aussi commandé ce que l’on appelle ici des tanékoma, j’ignore la traduction française. Ce sont de petites pièces de bois imprégnées du champignon.
Je lui donne un coup de main. Disons plutôt qu’elle m’a enrôlé de force …

Moi ça m’intéresse d’apprendre, c’est ma toute première opération champignon … La vie c’est comme les jeux vidéo; il s’agit de gagner des experience points.
L’opération est très simple, on fait des trous dans des branches de marronier et de chêne. Il y a une petite extension qui se met au bout de la perceuse, spécialement conçue à cet effet. On espace les trous de 7 à 8 cm
Trous dans lesquels on met des petits morceaux de bois imprégnés du champignon. On les enfonce avec un petit coup de marteau.

On passe comme ça une bonne heure. On travaille tranquillement. En discutant un peu. La pénurie soudaine de PQ est un sujet. Elle n’a jamais vu ça me dit elle, en quatre vingt ans et des poussières …

Après l’opération, on pose les branches à l’horizontale. On fait un tas aéré. On va attendre jusqu’à l’automne, et laisser le champignon que nous avons ainsi transplanté dans le bois se développer.

La meilleure façon de chasser les oiseaux
La meilleure façon de chasser les oiseaux? C’est avec un appareil photo !

Je ne me souviens plus du nom de ce monsieur; on se croise souvent sur les chemins dans les forêts.
A chaque fois on discute, à voix basse, pour ne pas faire fuir les oiseaux qu’il vient photographier.
Il y a cette espèce rare dit-il, et quand ils sont dans la vallée, ils sont seulement entre cet arbre là et cet arbre là dit il en montrant un espace qui fait à peine 50 mètres de largeur.

Le paragraphe d’Aristote; lu hier soir entre le chat Scotch et le poêle à bois Calcifer résonne, comme quoi souvent les événements s’offrent de façon synchrone.
Ethique à Eudème, p. 268 Ed. Pléiade
Ainsi donc; Anaxagore aurait; dit-on, répondu à quelqu’un qui agitait des questions de ce genre et ne cessait de lui demandait dans quel dessein l’on aurait pu choisir de venir au monde, plutôt que non:
C’est afin, aurait-il dit, de contempler le ciel et l’ordre qui règne dans l’univers entier.
Ainsi donc, lui croyait que si c’est pour gagner quelque science, le choix de vivre vaut d’être fait.
Mais comment s’appelle bien ce monsieur … Peut être Anaxagore ?
Récolter les yuzus
Les voisins du village ont récolté leurs yuzus en novembre. On est toujours tardif …
Il y a un grand arbre à yuzu dans le jardin et aujourd’hui je vais en récolter les fruits.
L’arbre a yuzu a de redoutables épines. Pour récolter les fruits il faut des gants en cuir car sinon on risque de se charcuter les mains. Je vais chercher mes gants en cuir dans l’atelier.
Cela faisait longtemps que je ne les avais pas utilisés et je me dit que des punaises ont dû se planquer au fond des doigts des gants, pour y passer l’hiver bien au chaud.
Je passe donc un coup d’air comprimé dans chaque doigt des gants, et effectivement deux punaises sont éjectées illico. Ces punaises viennent se planquer à l’arrivée de l’hiver. Les petites bestioles, elles rentrent dans la maison ou dans tout coin où elles peuvent se protéger du froid. Un peu les SDF des insectes …
Notre arbre à yuzu nous donne une belle centaine de fruits. Ce qui est énorme. Mais il me donne aussi le plaisir de pouvoir travailler dehors dans le jardin pendant deux bonnes heures. A récolter ses fruits et tailler quelques branches. Je passe un excellent moment.
Comme il est juste au bord de la rivière la moitié de la récolte se fait dans la rivière.



Se pose ensuite la question, que faire avec tout ça ?
Mon épouse le soir fait du yuzu cha, une sorte de marmelade de yuzu que l’on consomme en mélangeant avec de l’eau chaude. Un délice.
Voici la recette
1er janvier 2020, promenade
Ce 1er janvier nous allons faire une belle promenade dans notre vallée.
D’abord nous allons voir le sanctuaire shintô de notre vallée. Suite à la chute d’une grosse branche le toit a été refait.

Nous allons ensuite au fond de la vallée, revoir l’arbre à caramel. C’était une grande découverte de 2019, l’arbre à caramel que l’on peut admirer ….
C’est un endroit magnifique que l’on gagne après avoir laissé le camion et grimpé un chemin à moitié défoncé qui s’élance à pic dans la montagne.
L’idée me traverse la cervelle que, après avoir visité le sanctuaire où l’on prie les dieux, nous allons saluer le dieu directement.
L’arbre à caramel est toujours là, comme une fleur géante ses bras pétales pointent vers le ciel.



Si l’on prête l’oreille on peut les entendre chanter…

Plus tard nous redescendons, regagnons un hameau à moitié abandonné et allons voir un autre sanctuaire shintô.



Plus tard la lumière se fait rasante et permet ceci:

La beauté de la nature qui nous entoure et la beauté des villages, des sanctuaires que des générations ont construits et entretenus continuent de nourrir nos coeurs et nos neuneuilles.
La bonne habitude du lundi matin
Voilà une bonne habitude.
Les lundi matins, pour commencer la semaine, je vais voir S. dans son atelier. C’est à 15 20 minutes à pied de chez nous.
J’apporte le café, car je suis le novice qui va voir son maître, le sensei. Lui a toujours du bon tabac dans sa tabatière.
On discute de la semaine à venir et des mouvements du monde.
Quand des villageois de passage se joignent à nous, ça prend plus d’une heure. Le lundi ici au Japon c’est encore dimanche aux USA, donc je n’ai pas de téléconférences: j’ai tout mon temps.
Dans ces discussions libres, il y a toujours tant à apprendre, que ce soit sur l’histoire du village, ou bien la vie de S., son enfance par exemple. Ou encore les arbres; comment les forêts ont changé ces vingt ou trente dernières années. C’est passionnant !
Quand S raconte ses souvenirs d’enfance je me croirais dans un livre, une manga. Il raconte comment les enfants allaient jouer dans les montagnes, comment c’était à l’école, avec les professeurs qui étaient revenus de la guerre (par exemple il y avait un professeur qui continuait à s’habiller comme un soldat), comment il a tué son premier sanglier, il devait avoir dix ans peut être, etc.
Que des aventures.
Voici quelques photos que j’ai prises sur le chemin de l’atelier de S., lundi dernier.
J’ai eu de gros soucis avec le boulot, plus tôt cette année. Je ne dirais pas que j’ai surmonté les problèmes; j’ai suivi la vague d’emmerdes, j’ai surfé sur les vagues de merdes au boulot…
Ces amitiés et la beauté du paysage m’ont énormément aidé dans tout ça.










Dégager le chemin abandonné
J’avais un peu évoqué lors d’articles plus tôt cet été de gros soucis au travail avec un nouveau boss affreux.
Je pense écrire un truc là dessus car il y a des épisodes cocasses et quelques leçons retenues, mais il me faudra encore un peu de temps pour tout digérer.
Entretemps j’ai pu trouver un autre job, en interne, dans la même boite. J’ai donc joint une autre équipe mais continue à travailler dans le village; dans mon petit bureau de trois mètres carrés; et je suis de nouveau dans un contexte sans hostilité, normal. Ouf!!!!
Les après midi j’aime bien faire une pause. (je commence très tôt, les poules dorment encore, vers 5 heures du matin). Ce qui me plait bien en ce moment c’est de marcher jusqu’au fond de notre vallée, la où la route devient chemin, dans les forêts.
J’y croise souvent des animaux. (pas encore d’ours) Un coin magnifique que j’aime beaucoup.
Beaucoup d’arbres y sont écroulés. Suite à une grosse tempête il y a un an. C’est un triste de voir que ces arbres sont toujours là, obstruant le chemin. C’est sûr, personne ne vient là et puis comme il n’y a pas de projet d’abattage d’arbres dans le coin … sinon pour les bûcherons ce serait un jeu d’enfant de tout dégager.
Et donc voilà un nouveau jeu pour moi, j’emporte ma hache suédoise, une excellente scie japonaise avec moi et je pars m’aventurer sur le chemin, et arrivé, une heure plus tard, je coupe les troncs d’arbres qui entravent le chemin, et les dégage, un à un.
C’est un bon exercise, et celà confirme les bienfaits de sortir armé.

J’aime beaucoup ce chemin. Bien que les plantations de cryptomères abandonnées ce ne soit pas la joie, mais il y le bruit de l’eau, le silence des arbres, quelques insectes, et l’odeur ! Ce parfum de réglisses. On est bien, là, quand même.




Une fois en chemin j’ai vu deux serpents bizarrement entrelacés. Ils étaient littéralement collés l’un à l’autre au niveau du ventre. J’ai pensé à un coit (comment je fais les deux points sur le i avec le clavier déjà), mais c’est peut être une lutte qui a eu lieu, avec morsure … Qu’en dites vous ?

L’un des deux serpents était mort, l’autre essayait de se libérer, mais était collé à l’autre … je me suis dit que c’est peut être une morsure, avec le venin qui aurait fusionné la peau des deux ?
Aidé d’un bâton et de beaucoup d’amour je suis parvenu à les détacher. Le survivant s’est échappé en boitant.
La dépouille du serpent mort je l’ai laissée sur le bord du chemin, le lendemain elle avait disparu, rien ne se perd.

Ma paire de noix
Ce blog a maintenant 7 ans. Sur notre vie à la campagne au Japon. Et nos petits bonheurs.
Après 7 ans nous n’avons plus rien à nous cacher !
Et pourquoi pas donc parler de ma paire de noix.

En effet nous avons planté un noyer dans notre jardin. Du côté de la rivière. Il a bien profité. 4e ou 5e année. Cette année, il va donner ses deux premières noix.


On a aussi fait un petit nichoir pour les zoizos. Peut être un peu trop bas quand même. Je réessaierai avec l’échelle, de le fixer un peu plus haut.
C’est la saison où je m’occupe des arbres …

Je vais ramasser au bord des routes les feuilles mortes tombées. pour les déposer ensuite aux pieds des quelques arbres dans notre jardin. Mine de rien on a pas mal d’arbres sur une surface modeste, kaki, yuzu, amandier, noisetier, noyer, pommier, pécher, grenadier, figuier, olivier.
Les feuilles mortes je vais en chercher partout dans le village, je les étale aussi dans le potager, histoire de bien préparer la terre pour le printemps… On le voit, au printemps, comment la terre est belle après avoir été laissée sous un gros paquet de feuilles mortes, c’est à en pleurer de joie.
En parlant du kaki, il nous offre des kakis à foison, que nous mangeons le matin au petit déjeuner.

On adore les arbres. On devrait s’occuper plus des arbres !
Pour finir, un petit cadeau avec une chanson de la géniale Shiina Ringo 椎名林檎
C’est un zoo ! (cacadours)
Samedi. Je suis à mon bureau; je lis quelques mails .. mais quelque chose attire soudain mon attention. Je remarque en effet quelque chose qui bouge sur la route en face, à vingt mètres.
C’est un animal qui se balade mais il est partiellement dissimulé par une barrière. De quoi s’agit-il ?
La couleur du poil: poivre et sel, me dit que ça n’est pas un ours. Ca n’est pas un blaireau non plus. C’est plus grand. C’est grand comme deux chiens.
Par contre le derrière écarlate indique que c’est un singe … qui se balade à côté de la maison …
je sors; le bruit avertit le singe qui lève la tête, me jette un regard surpris et part dare dare se planquer dans notre montagne.
On entend au même moment le cri d’alerte strident que se lancent souvent les chevreuils, ça fuse de tous les coins des montagnes qui entourent notre hameau. Sans aucun doute, les chevreuils ont découvert la présence du macaque et s’en informent.
Tout en émoi je m’élance du bureau et vais en parler avec une voisine qui range sa débroussaileuse.
Elle résume la situation;
C’est plus un village ici, c’est un zoo !
A propos d’ours, un ours a été repéré à deux reprises le mois dernier, dans un coin reculé de notre vallée. A cinq kilomètres de chez nous. C’est rarissime.
D’ailleurs lors d’une promenade …. j’ai fait cette découverte … un caca qui sans aucun doute … est un caca d’ours.

Au jardin en mi juillet
On commence à récolter le maïs. Tous les deux jours je remplis une boite de tomates, concombres, carottes. Les courgettes ne donnent pas grand chose.
Les piments sont prometteurs.


Cette année le jardin est très bien protégé des chevreuils et des anagumas. C’est l’année dernière je crois que j’ai tout barricadé avec des filets en nylon et des grilles métalliques. No pasaran.

Un jardinier qui passe de l’insecticide partout doit bien s’ennuyer. Les insectes offrent un spectacle dont je ne sais me lasser.

Finalement les pieds de tomates plantés en pleine jungle, dans un espace étroit et occupé par les pousses de myoga marchent très bien. Les tomates sont un peu difficiles d’accès mais par contre les autres plantes les protègent des oiseaux.



La saison des pluies est tardive cette année, donc pas eu beaucoup à arroser. En général, en fait, je n’arrose pas, car j’essaie de recouvrir la terre du jardin avec des brindilles, de la paille, des feuilles mortes ou encore du crottin de cheval. Un sol recouvert n’a pas vraiment besoin d’être arrosé.








Sans doute le développement de l’intellect et de la cervelle est le résultat d’une erreur dans le processus évolutif, qui aboutira à l’autodestruction de notre espèce.
Le vrai problème n’est pas l’autodestruction de notre espèce mais que une quantité phénoménale d’autres espèces se verra disparaitre au cours du processus destructif, et par notre faute.


J’ai du caca dans les yeux ou cette araignée a perdu des pattes ? Que lui est il arrivé ?


Pour passer l’été
Des cordelettes pour arranger les pieds de tomates dans le jardin.
Un gas burner. Utile pour tuer les sangsues, je les attrape, elles se baladent sur mes bottes, avec la pince d’un Leatherman, et puis hop, au lance flamme! Ce qu’il faut, c’est les attrapper avant qu’elles me rentrent dans le slip.
Une bouteille de pastis pour garder le moral et rester cool.


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